Road trippin' with my two favorite allies
Fully loaded we got snacks and supplies
It's time to leave this town
It's time to steal away
Let's go get lost
Anywhere in the U.S.A.
Road Trippin' - The Red Hot Chili Peppers
Deux découvertes musicales assez récentes-mais-pas-trop-non-plus, qui me replongent dans un vieux rêve de flambeuse irresponsable : partir aux Etats Unis pendant au moins un mois, avec une vieille voiture munie d'un auto-radio à cassettes, un(e) ami(e) et deux guitares (les quelques amis avec lesquels j'envisagerai de partir au bout du monde sont tous des gratteux), et tailler la route au pif, à travers les Etats, sans but réel, sans projet défini, sans réservation et surtout sans GPS.
Un jour j'y arriverai. En attendant, je vis mon rêve par procuration, grâce aux Wonder Women qui poussent la chansonnette dans les écouteurs de Mohinder (mon iPod).

Lissie, d'abord, blonde chanteuse de folk-country américaine à la voix impressionnante, qui manie une Telecaster Thinline avec une fougue que je lui envie (je lui envie sa guitare, aussi, naturellement) dans une grange pleine de trous-trous et un dinner miteux, véhiculée dans une vieille voiture vintage avec une bande de musiciens barbus :
Et les deux frenchies déjantées de Brigitte, qui ont le mérite de revisiter le mythe de Thelma et Louise avec un humour décoiffant et décoiffé, dans une version ô combien enviable et funky d'un road trip entre copines :
On a déjà commencé à dresser le plan de bataille il y a quelques années avec mon meilleur ami, qui partage le même rêve que moi (et qui a le permis de conduire, lui), et à s'entraîner, de nuit, à tailler la route en Kangoo rouge sans but précis. On est allés jusqu'à Culan, à 2h du matin, par un froid à fendre un menhir, faire des photos de film d'horreur par-dessus les grilles du parc :
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Et puis jusqu'à Saint-Eloy-les-Mines (oui, je sais), pour photographier le lac gelé sous un angle poético-conceptuel :
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*soupir*

Il y a des fois où j'adorerai partir de cette façon, en laissant juste un petit mot sur la table de la cuisine avant d'attraper mon sac à dos pour sauter à bord d'une vieille Chevrolet, en short et chemise à carreaux, chapeau de cowboy vissé sur l'occiput.
 
 
You were saved by the good book,
I was saved by the half full glass,
So come on take a good look,
Cause this party will be your last.
The Good Book - Tired Pony
J'ai recommencé à lire Jurassic Park. Oui, encore (j'ai du le lire environ trois fois par an depuis 1993). Je crois pouvoir dire que ce roman (avec sa suite, le Monde Perdu) est probablement l'un de mes livres préférés, l'un de ceux que je trimballe partout, en vacances, dans mes logements d'étudiante, chez les copains, en famille, dans les salles d'attente, les trains, les jardins publics, les hôpitaux ... Et, à chaque lecture, c'est la même constatation : ce foutu bouquin arrive encore à me surprendre. A m'émerveiller. A me tenir en haleine avec une tension encore plus forte qu'un épisode de la première saison de Prison Break. A m'apprendre des détails que mon cerveau avait fini par oublier.

Le nom scientifique de l'arbre à chapelet.
Le nombre de vertèbres dans la queue d'un T-Rex.
La définition d'une équation non-linéaire.
Le trajet aléatoire d'une boule de billard.
La tronche d'une courbe fractale.

J'ai toujours voué un culte et une passion sans bornes pour les dinosaures, depuis que j'ai vu Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, quand j'avais 4 ans. Mais je crois que ce n'est pas tant cette lubie préhistorique qui me fait aimer les romans de Michael Crichton (RIP, dear), que son immense aptitude à fonder une fiction totalement échevelée sur une base tellement scientifique qu'une seule pensée nous traverse l'esprit en refermant le bouquin : "mais ... mais ... mais ... ils sont complètement cons, les paléontologues, en fait ? Comment ont-ils pu ne pas y penser AVANT ?".
Faire passer les scientifiques pour des billes ignares, quand on est romancier, c'est vraiment très fort.

C'est ce que j'aime, chez ce cher vieux Michael. Il a su faire d'une fiction quelque chose de plus crédible que la réalité, fondé sur des faits scientifiques. Plus qu'un roman, Jurassic Park (et le Monde Perdu, je mets les deux dans le même sac à main) est un documentaire, un docu-fiction comme on dit au XXIème siècle (dieux, que je HAIS ce néologisme qui se donne de l'oxymore comme un gros péteux flagorneur), qui non seulement nous emmène dans un monde imaginaire, mais a en plus la faculté ô combien mirifique de nous faire croire à ce monde imaginaire en nous abreuvant de connaissances et de savoir.

Il y a peu de romans, pour ne pas dire "pas", qui ont eu le même impact sur moi que les deux tomes aux dinosaures de Crichton.

Quand je pense qu'il n'y aura jamais de troisième tome ... Ca me donne envie de relire le Da Vinci Code.
 
 
Please don't go crazy, if I tell you the truth
No you don't know what happened
And you never will if
You don't listen to me while I talk to the wall
This blanket is freezing, it's been out in the hall
Where you've had me for hours
'Till I'm sure what I want
But darling I want the same thing that I wanted before
So sweetheart tell me what's up I won't stop ... no way.
How To Be Dead - Snow Patrol
Et bien ça y est, les vacances sont finies. Il va falloir reprendre les choses en main, finir de ranger mon tout nouvel appart (ça m'apprendra à m'occuper du superflu tout en laissant des monceaux de vaisselle négligée et un bureau branlant), et tenter d'être professionnelle un minimum (perspective qui me tente à peu près autant que de m'arracher les ongles un par un avec un piège à loups).

Je n'ai encore pas fait les trois quarts de ce que je voulais, pour changer. Toutes les choses que j'ai entreprises avec la fougue de ma crédibilité débile ont fini par me revenir dans les canines avec un double uppercut fulgurant. Les bons moments ont quasiment tous tourné au vinaigre (si encore ils avaient eu le bon goût de faire du vinaigre balsamique, ça m'aurait un peu consolée). Bon, certes, tout cela m'a permis de me rendre compte de pas mal de choses. Notamment qu'une relation merdique et compliquée était probablement ce qu'il me fallait alors que les gens sains d'esprits cherchent habituellement la stabilité confortable du train-train quotidien avec une moitié baveuse d'un amour dégoulinant. J'ai eu l'opportunité d'avoir ce genre de chose, mais la simple pensée de m'enfermer dans ce schéma en guimauve me colle de l'eczéma. Non, moi j'ai choisi la situation dont personne ne voudrait, celle qui colle des crises d'angoisse à 3h du matin, rouvre les ulcères à l'estomac, qui a a priori autant d'avenir qu'un éphémère adulte et qui sera probablement aussi facile à gérer qu'un bus de touristes japonais lâchés sur les Champs Elysées. Mon côté masochiste, sans doute.

Quel été étrange. J'en ressors encore plus fatiguée qu'au mois de juin, quand je l'ai accueilli avec amour et naïveté. Ce que j'ai pu être candide.

A propos, si un irlandais passe par ici, qu'il se rassure : les situations désespérées, c'est encore ce que je préfère.
 
 
Has nobody asked you how you are ?
You look like you might not last the day
I wouldn't have made it very far
So we'd make a good team right away.
Ask Me How I Am - Snow Patrol
C'est amusant comme les choses ont une nette tendance à prendre un tournant inattendu. Ou comme une journée shopping peut révéler une dose godzillesque d'imprévus. La vie a un petit côté perverse tout de même.
Hier, donc, après un voyage un peu somnolent en train (avec un sosie du Preux Gueux en costume de contrôleur qui faisait la roue comme un paon de zoo sous mes yeux de serial killer intériorisé), Lucette et moi avons pris une douche cosmique en rejoignant le centre-ville (c'est très marrant de marcher à deux sous une pluie battante avec un seul parapluie. On a eu chacune un côté sec, et un côté trempé, en miroir, bien entendu). J'avais naturellement fait preuve d'une prévoyance à toute épreuve, en portant un short en jean (qui a mis 12 bonnes heures à sécher puisque l'humidité ambiante était de l'ordre des 130%) et des sandales compensées qui m'ont donné l'impression de marcher pieds nus à même le sol toute la journée.
Cela étant dit, quand nous avons rallié le Comptoir Irlandais, qui se dressait de toute sa façade verte tel le glorieux étendard d'un refuge anti-atomique entre les rideaux battants du déluge post-apocalysptique, rien que le fait de regarder à l'extérieur renforçait encore plus le dépaysement. On se serait crues au Pays.
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Bon, évidemment, cette photo n'a pas été prise hier (puisque photographier quoi que ce soit à l'extérieur hier était à peu près aussi facile que de marcher sur les coudes sur des braises ardentes), mais bon, c'est pour vous donner une idée de la vertitude des lieux. Et ça y est, je suis devenue une célébrité là-bas, l'adorable hôte des lieux me reconnait à tous les coups chaque fois que je passe la porte. Non, ce n'est pas parce que j'achète de la bière au mètre une fois par semaine, je vous vois venir, bande d'esprits mal placés.

Bon, je suis repartie avec deux torchons, un stylo, une nouvelle carte de fidélité (pour remplacer la mienne qui a fugué pendant mon déménagement, la vie est une vallée de larmes) et la promesse d'avoir un poster "Vive les Vacances" Wacky Woolies de côté (qui ira super bien dans ma salle de bain avec le sticker "plage et palmiers, coquillages et crustacés" que les locataires précédents ont laissé au-dessus de la baignoire), je me trouve relativement raisonnable.

J'ai eu plusieurs pensées émues pour mon irlandais (resté en Irlande à l'insu de son plein gré alors qu'il aurait du profiter de la pluie qui coule dans le dos, du froid et de la goutte au nez avec nous), des pensées pleines de fiel pour quelques uns des sommets de nos octogones amoureux, puis plus de pensées du tout après un passage mémorable au restau, ambulance qui secoue façon panier à salade, heures d'attente au CHU et embouteillage au péage à 4h du matin (je hais les camionneurs qui ne partagent pas un minimum de gènes avec moi pour en faire des cousins). Les 4 Fantastiques se sont trouvés bien cons sur les sièges en plastique (allez toucher du bois dans ces conditions) des salles d'attentes. Et puis bon, on est super déçus à chaque fois, les urgences, c'est pas du tout comme dans Grey's Anatomy.

Qu'est-ce qu'on peut nous mentir, dans les séries télé.
 
 
Buddy you're a young ewe
Look at you, playing in the field
Gonna be a big ram someday
You got wool on your face
You big disgrace
Waving your fleece all over the place
Singing we will, we will shear you
We Will Shear You - The 10th Kingdom
En lisant le fabuleux post de ma compatriote moutonnesque Seelie, je me suis aperçue qu'il était temps. Temps de faire mon coming out et de brandir enfin vers les cieux imperturbables de la Destinée ma fierté laineuse. Oui, moi aussi je soutiens les SpaceSheep Troopers de toutes les fibres (bio) de mon être bêlant, et moi aussi je fais dans le merchandising de soutien à cette noble cause. Donc, si jamais vous me croisez en chair, en os et en cheveux (petits veinards, va), vous verrez sans doute, pendu à mon épaule, mon fameux :
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Oui, parfaitement, c'est un sac. Avec des moutons irlandais bondissant sur un fond vert d'une sobriété absolue. Il a un format très pratique qui me permet de transporter mes partitions de guitare (mes profs et les autres élèves qui jouent avec moi pendant les ateliers adorent), après avoir passé un an de bons et loyaux services à contenir mes cours d'IUFM sous les yeux scandalisés de mes collègues-coincés et de mes formateurs (sauf un, qui l'a aimé, et qui pour sa peine est devenu mon préféré) (cela dit il n'a pas eu de mal).
Mais bon, tout cela ne serait pas si grave si je n'avais pas aussi ...
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Oui oui, c'est une montre. Avant je n'en portais jamais, à cause du tic tac stressant et du fait un peu ennuyeux que je les dérèglais systématiquement. J'ai hésité pour cette raison à acheter celle-ci mais finalement il se trouve que je la porte seulement quelques heures par jour, et que pour l'instant elle ne s'est ni arrêtée, ni avancée, ni retardée (c'est une prouesse). Pourvu que ça dure parce que, franchement, elle est d'une élégance folle. C'est vrai, enfin, le vert fluo, ça va avec tout.
Et puis regardez ce magnifique bracelet d'une polychromie aussi harmonieuse que le plafond de la Chapelle Sixtine :
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Oui, je sais. J'ai la classe.

Mais que peut-on trouver dans mon magnifique sac, au juste ? Bon, je serai bien tentée de vous dire que fouiller dans le sac d'une femme, même névrosée, est d'une grossièreté à faire pâlir un camioneur bourré, mais comme je suis décidément beaucoup trop gentille en ce moment (cela dit j'avais moins d'ennuis Santa Barbaresques quand j'étais grinchue et mal peignée), je vous donne un aperçu :
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Alors je vous l'accorde, la trousse, je ne la trimballe pas souvent. Mais c'est bien pratique pour ranger toutes les petites merdouilles qui traînent toujours au fond d'un sac de Dâme, eye liner, baume à lèvres, stylos, porte-monnaie nain de Schtroumphette, médiators, mètre ruban, diapason, couteau-suisse, cheville de piano porte-bonheur ... (oui, je suis une Dâme un peu particulière, fermez-la). Et puis un stylo, un porte-feuilles et un porte-clefs, c'est toujours utile (et oui, vous aurez reconnu mon mâgnifique porte-clefs Snow Patrol, lui aussi d'une élégance rare).

Et puis bon, comme il est bien connu que je suis un cordon bleu (ou vert, plutôt) ...
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Ouiiii, une tablieeeeer, un gaaaant et une maniiiiique, c'est de touuute beauté ! Rien qu'en voyant mon attirail le contenu de mon frigo fait des scones tout seul.

Franchement, le nouveau Master Chef, devant tout ça, il peut aller se rhabiller et noyer sa honte dans le Beaujolais nouveau. Loser, va.

Allez, la prochaine fois, cher lecteur, je t'ouvre les placards de ma cuisine.
 
 
I take a breath and grab the phone
Secretely hoping you're not home
I'd leave a message I was out
Out of my mind on drink and drugs
Ask Me How I Am - Snow Patrol
Aujourd'hui, au hasard de mes pérégrinations de poireau dépressif sur le net, je suis tombée sur ça : Pourquoi fait-on la crise des 25 ans. Avouez que quand même, c'est de circonstance (quand je dis que je ne crois plus au hasard, sauf quand ça concerne les bouteilles de Kriek à la cerise). Du coup, moi intriguée, moi pas peur, j'ai lu l'article en question et ... Et bien en fait, c'est ça. Totalement ça. Rien que d'avoir parcouru ces quelques mots me plonge dans une abysse de nostalgie sans fond et sans retour (un peu comme un puits, si jamais Ma Chouette passe par ici, elle comprendra). Et non, je suis bien d'accord (l'irlandais confirmera, ainsi que tous mes vieux copains s'ils passent par ici, ce dont je doute) la vie ne s'arrête pas à 25 ans. Mais tout de même, ça marque un petit tournant qui nous picote le myocarde quand on se dit qu'on devient plus vieux que les nouveaux candidats de la télé poubelle (je suis plus vieille que Paolo Nutini et les débiles des BB Brunes, de la même année que Steve Forrest et Lady Gaga, ça fait réfléchir tout de même).

Ca peut sans doute expliquer beaucoup de choses sur mon comportement de ces derniers mois, où je me suis crue dans un mauvais remake des Feux de l'Amour (imaginez un instant. Un MAUVAIS remake. Vous visualisez, ou pas ?), avec non pas des triangles, mais des octogones amoureux : Missie qui est en couple avec Paolo mais qui s'aperçoit qu'elle aime Dylan en secret, donc qui rompt tout en flirtant avec Justin parce que la vie est trop courte, et son amie Sandy, aimée par Luc qu'elle adore mais n'aime pas, qui tombe bêtement amoureuse de Jared mais qui se laisser stupidement tripoter par Carl en son absence parce qu'elle a envie de se venger de Lyle qui lui a fait des promesse éhontées qu'il n'a pas tenues alors qu'elle ne demandait rien du tout, juste passer un permis de port d'arme avec ce pauvre Harvey qui avait écrit une lettre d'amour à Mary-Jane qui l'a tourné en ridicule en lui envoyant un râteau dans les dents en public et en draguant John sous ses yeux, le tout sous l'oeil indulgent d'Andy, meilleur ami de Sandy à qui elle raconte tout, qui est en couple avec Maya qu'il n'aime pas ou plus, et dont il ne se sépare pas alors que lui aussi a besoin d'amoûûûûr.
Je précise que je me suis contenté de changer les prénoms, toutes ces personnes existent réellement. Il y a de quoi en faire un scénario de soap opéra (je ne vous dis pas laquelle des filles je suis, ceux qui me connaissent devraient le deviner).

C'est là que je suis ravie 1) de ne pas avoir Facebook (omonguieu, Jared a parlé à Luc qui lui a parlé de Carl, nooooon !!!) et 2) d'avoir vécu mon adolescence dans un monde qui n'avait alors qu'un orteil immergé dans les méandres pleins de félonie d'Internet. Il y aurait surement eu un groupe "Si toi aussi tu jettes des boulettes à Mange-Feuilles, lève le pouce et fais des lol" en 1996.
Je plains beaucoup les ados d'aujourd'hui. Pas tous, hein, ceux qui sont comme je l'étais, fringués comme des voleurs de poules, avec les mêmes lunettes qu'Harry Potter avant Harry Potter (quand j'y repense, ça revient à la mode maintenant, la tendance est une garce), le nez dans un Tolkien pendant les pauses de 10h et des bonnes notes sans vraiment travailler. Si vous me lisez, petits frères et petites sœurs que je n'ai jamais eus, surtout n'ayez pas peur : le pire est encore à venir. Les équations non-linéaires, à côté des problèmes de la Vraie Vie de Grand, c'est du poil à gratter.

Franchement, on était peut-être mieux dans les années 90, en buvant du Banga devant Wayne's World, en attendant de retrouver les copains du collège pour frimer en racontant nos dernières prouesses sur Mega Drive et Nintendo 64, tout en dansant la Lambada crachotée par un tourne-disque. Les langues de vipère étaient toujours les mêmes, mais au moins on avait la satisfaction de se dire qu'elles finiraient caissières à Mammouth avec un Renault Espace et un bichon maltais.
 
 
Journée de merde. Bon, non, pas totalement, puisque j'ai tout de même papoté un chouilla avec mon irlandais, ce qui n'est pas négligeable, mais vu qu'on a tous les deux le moral dans les chaussettes (en jacquard, les chaussettes), ça a donné un échange relativement peu glorieux, du type :

Moi : Hey dude, ça va au vert pays des alcooliques ?
Lui : Boaf, non, temps de merde, bruine de merde, rhume de merde, famille de merde, journée de merde, fait chier. Et toi ?
Moi : Beuh non, temps de merde, soleil de merde, migraine de merde, disputes de merde, journée de merde, fait chier.
Lui : Cool.
Moi : Bon. On fait quoi ?
Lui : Je suggère qu'on se recouche et qu'on essaie d'en mourir.

Et en soirée, bonjour les dégats, il s'est mis à faire nuit, c'est le bouquet (une honte, je vous dis). Du coup, j'ai fait ce que toute personne saine de corps et d'esprit (si si) aurait fait à ma place dans une situation similaire. Non, pas du tout, je n'ai pas pris un couteau à beurre pour me tailler les veines en taguant les murs de ma salle de bain d'un message désabusé en lettres de sang, non, j'ai allumé mon disque dur externe avec la petite idée derrière la tête de noyer ma morosité dans une série télé en mangeant des Trésor Total Chocolat. Et du coup, j'ai (ENFIN) entamé la saison 2 de Fringe (il était temps).

Et bien franchement, c'est efficace. J'ai tellement perdu de neurones à tenter de me rappeler ce qu'il s'était passé dans la saison 1 que j'en ai oublié tous mes soucis (mais mais mais ... ? Y avait pas une vieille histoire de fin du monde ? Avec des signes bizarres avant-coureurs et tout ? Et attends voir, si Olivia perd la boule, pourquoi elle retourne pas dans le caisson-piscine-à-explorer-l'inconscient, au juste ? Mais euh ... mince, comment il s'appelle, lui, déjà ?).

Donc je vous le dis, les amis, si jamais vous êtes en pleine déprime (de la dispute intestino-familiale à la rupture judiciaire en passant par la phase les-mecs-sont-vraiment-tous-des-salauuuds), Fringe est fait pour vous. La première fois que j'ai vu cette série, j'ai cru qu'il s'agissait d'un film, tant l'intrigue bien ficelée et le découpage du pilote promettait un long métrage fantastique comme on n'en fait plus. J'étais folle de joie (oui enfin, tout est relatif) quand j'ai compris qu'il s'agissait d'une série, et que cela allait donc durer des mois voire des années. Un digne successeur de l'inoxydable X-Files, si vous voulez mon avis (et même si vous ne le voulez pas, d'ailleurs). C'est un peu difficile à résumer (c'est du JJ Abrams, donc ...), mais en gros, en très gros, en très très gros, en godzillesque, la série se centre sur un groupe de personnages enquêtant sur des phénomènes tous plus étranges les uns que les autres pour le compte du FBI (forcément). Olivia Dunham (la blonde et belle Anna Torv) est agent du FBI et collabore avec Peter Bishop (un "ancien" du MIT campé par Joshua Jackson) et son père Walter (mon idole John Noble), un ancien chercheur totalement frappé qui a fini interné dans un asile avant d'en sortir pour l'occasion. Je me rend compte à quel point ce résumé ne fait pas hommage à la série, mais après Alias et Lost, il faut se rendre à l'évidence : du JJ Abrams, c'est irrésumable.

J'avais oublié à quel point j'aimais cette série. Merci journée de merde.
 
 
You give the strengh to me
A strengh I never had
I was a mess you see
I've lost the plot so bad
Give Me Strengh - Snow Patrol
Aujourd'hui, après une discussion subliminale avec mon irlandais (une discussion avec un irlandais est toujours subliminale, sachez-le, surtout quand l'irlandais en question est en Irlande. Voilà c'est dit, je veux mon Mojito), une idée a commencé à germer dans nos cerveaux malades, une idée un peu stupide, certes, que je vais donc me faire un plaisir ô combien jouissif de vous infliger.
L'idée ? Ecrire de (courtes) lettres de remerciement à des choses qui nous ont aidé, fait avancer à grands coups de pied au fion, donné un sourire béat de merlu farci, ou au contraire enfoncé au fond du trou à mélasse, mis des bâtons dans les roulettes de char, miné encore plus profond que la fosse des Mariannes, bref, toutes ces choses qui, d'une manière ou d'une autre, ont eu un impact dans nos petites vies de mollusques bipèdes, histoire de leur dire un grand merci plein de cuicuis de gratitude baveuse, ou au contraire un beau bras d'honneur comme on n'en fait plus, avec crachat dans l'oeil en bonus joker.
(Encore un post 3615 ma Vie, encore un. Ah tiens, ça me rappelle une discussion à propos du minitel, hier soir, avec des potes et un verre à cocktail explosé sur une table de bar). Bref.
Bon ben ... Let's go ?

Chère Musique,
Merci d'avoir été là depuis le jour glorieux de ma première division cellulaire, je ne sais pas ce qui sans toi aurait pu m'aider à supporter tous ces moments affreux que sont baffes dans la tronche, ruptures en tous genre, salles d'attente bondées embaumant la transpiration pédestre, journées de merde-en-boîte, longs trajets plein d'attente, d'espoirs et d'amertume, illusions piétinnées par un troupeau de phacochères et souvenirs à noyer comme un chaton non désiré. Mais je ne sais pas ce qui sans toi aurait pu tant enrubanner d'enluminures auditives tous ces moments merveilleux que sont rencontres fortuites, fous-rires entre amis sincères, paysages surpris au réveil, voyages plein de l'extase fébrile de la découverte, petits bonheurs encore plus simples qu'une pub Herta, grands moments d'amour et d'amitié. Merci à toi de savoir toujours aussi bien me faire battre le coeur en grande envolées fantasmagoriques, de m'emplir d'une passion dévorante qui me mènera sans aucun doute en chambre capitonnée, de me remuer ce qu'il me reste de tripes, de m'aider à me relever quand je m'écrase, de me faire aller plus haut quand je m'envole. Merci à toi d'être un bonheur qui s'accroit toujours plus en se partageant.

Cher Tolkien,
Merci d'avoir construit un monde pour tous les enfants qui ont besoin de fuir le leur sous les quolibets de leurs camarades dans les cours de récréation poussiéreuses des collèges aux murs gris. Et merci d'avoir fait en sorte que ce monde soit aussi accessible aux adultes capables de se décoller les yeux.

Chers collègues du pays de Lee, Yu et Phem,
Merci d'avoir fait preuve d'autant de fielleuse félonnerie à mon égard, permettez-moi de vous dire que je vous le mets bien profond, c'est moi le maître du Donjon.

Chères séries télé,
Merci de me rendre totalement accro à vos histoires invraisemblables au point d'en faire des rêves tellement débiles que même un psychologue ne serait pas apte à les entendre.

Chers ex-amis et plus-si-affinités-passées,
Merci de m'avoir fait des promesses que vous n'avez jamais tenues, de m'avoir traîtée comme un paillasson bas de gamme un jour de pluie, de boue et de merde sous les semelles, de m'avoir trahie avec autant d'aplomb que l'Empire Stade Building et d'avoir fait courir à mon sujet des rumeurs toutes plus puantes les unes que les autres. Je n'aurais pas appris à mordre directement à la jugulaire sans votre précieuse participation.

Chère Bretagne,
Merci d'être ma Terre-pleine-de-pluie-et-de-gros-cailloux, attends-moi patiemment mon amour, je reviendrai.

Cher body-ô-my-body,
Merci de supporter mon esprit sans en exploser dans un geyser d'hémoglobine, et pardon pour tout ce que je t'ai fait subir, et tout ce que je te ferai encore certainement subir dans les années à venir, je me connais. Mais on est potes, maintenant, non ?

Chers moutons,
Merci de donner votre laine sans laquelle le tricot ne serait pas ce qu'il est, et ne me regardez pas comme ça, je suis végétarienne.

Chère vie,
Je t'aime, mais des fois, franchement, tu chies dans la colle.


A propos. Si vous aussi vous voulez participer au jeu de la lettre irlandaise, je vous en prie, allez-y. Mais un petit lien vers ici, ça serait vraiment chouette-chouette.
 
 
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Quelque chose que j'avais déjà fait il y a quelques temps, mais que j'avais envie de refaire, la fameuse Mosaic of Me (fameuse, si si), qui consiste à répondre à un petit questionnaire idiot en créant une mosaique de photos. Cette fois-ci, j'ai fait avec les miennes, et voilà ce que ça donne.

Pour vous aider à comprendre le schmilblick, voici le questionnaire, case par case (on commence en haut à droite, et on descend, toujours de droite à gauche, nous sommes occidentaux, nom d'une méduse à moustaches). Le questionnaire est en anglais à l'origine, je l'ai traduit pour les anglophobes :

1) Quel est votre prénom ? (mystère, mystère, hein ?)
2) Quelle est votre nourriture favorite ? (le premier qui me dit que le Nutella n'est pas une nourriture, je l'éventre avec une cuillère à thé)
3) Dans quel lycée êtes-vous allé ? (...)
4) Quelle est votre couleur préférée ? (le rouge et le vert. Ca fait Noël, je sais)
5) Votre béguin pour une célébrité ? (j'en ai beaucoup, mais Gary Lightbody est le seul que j'ai pu rencontrer en personne. Oui, le nazgûl à côté, c'est moi)
6) Quelle est votre boisson favorite ? (la bièèèère nom de Dieu)
7) Vos vacances de rêves ? (l'Irlande forever and beyond)
8) Quel est votre dessert préféré ? (le chocolaaaat)
9) Quel est votre profession ? (institutrice)
10) Qu'aimez-vous le plus dans la vie (la musique)
11) Un mot pour vous décrire ? (celte)
12) Votre pseudonyme (Space Sheep, hommage à Gary, mon mouton irlandais en peluche)

Si vous aussi, vous voulez faire pareil (bande de moutons), il vous suffit de concevoir votre mosaïque sur Mosaic Maker (en sélectionnant 3 colonnes, 4 rangées) et d'y entrer les URL de vos photos (que vous pouvez charger sur des sites comme Servimg par exemple) ou de photos trouvées sur la toile, par exemple sur Flickr.

Allez, soyons folles, je tagge mon Homonyme adorée, Lobélia ! Fais-nous rêver un bon coup (private joke good moooorning !)

 
 
J'ai découvert il y a quelques jours la toute nouvelle vidéo pour le clip de la dernière chanson de Snow Patrol (va falloir vous y faire, vous allez en entendre parler à outrance), Called Out In The Dark, et franchement, je l'ai tellement adorée que je ne résiste pas à l'envie de vous la poster ici.

 Si vous hésitez encore à la visionner, sachez que vous avez au moins 5 bonnes raisons de le faire :

1) La petite histoire du clip est vraiment sympa et rigolote : Gary Lightbody étant un acteur et un danseur déplorable, on le remplace par une doublure chantant en play-back. C'était sans compter sur l'acharnement du véritable chanteur, qui tente tout et n'importe quoi pour apparaitre sur la vidéo (surtout n'importe quoi).
2) Vous pouvez y voir Jack Davenport (mais siii, vous savez, il a joué James Norrington dans Pirates des Caraïbes !) dans le rôle du chanteur-beau-gosse-en-play-back. Et il le fait drôlement bien (agrouuuu).
3) La chorégraphie est excellente, très 70's, nunuche à souhait, sautillante à l'envie, et donne envie de bouger son corps comme devant une vidéo de Véronique et Davina.
4) Gary Light body esquisse un petit pas de danse, et voir cette grande asperge jouer des gambettes devant une caméra vaut franchement le détour (j'ai trouvé quelqu'un qui danse plus mal que moi, yoohoo, je peux mourir maintenant).
5) Je n'ai pas vraiment de 5ème raison, mais je n'aime pas les nombres pairs, et la chanson est chouette, donc cela devrait compter comme un argument suffisant.

Je suis de plus en plus agréablement surprise par la tournure que prennent les choses du côté de Snow Patrol. Le groupe était autrefois (du temps de ses premiers albums, ceux que personne ne connait à part les afficionados du genre) plutôt libre et décontracté, et il s'était calmé depuis Final Straw, en devenant plus lisse, plus propre, avec des clips plus ... neutres ? (j'avais envie de dire "chiants", mais ce serait méchant et un peu au-delà de ce que je pense réellement. Non, "neutres", c'est bien). Des clips où l'on voyait le groupe chanter, dans de jolis décors bien propres, des clips sympas, mais qui ne s'inscrivaient pas non plus dans le Guinness. Et puis là, virage à 360°, le groupe retombe dans une audace monstre avec un titre pop-électro, et un clip humoristique où le chanteur se tourne en ridicule (regardez donc celui de Ask Me How I Am, et vous aurez un aperçu de la dernière fois où Lightbody a joué la carte de l'auto-dérision dans un clip vidéo). Et je trouve ça génial. Parce qu'il y en a marre de se prendre la tête à chercher à plaire à tout le monde, être soi-même et savoir rire de soi est, je pense, la clé de l'épanouissement. Le narcissisme n'a jamais mené quelqu'un au bonheur, bien au contraire. Alors oui, prendre des risques fait souvent peur, et nous sommes tentés de rester à nous cantonner à un quotidien facile et confortable qui renie notre originalité profonde, mais c'est une erreur, à mon sens. Mieux vaut se prendre quelques claques dans la tronche en revendiquant haut et fort ce que nous sommes sans tricher.

Et puis bon, plaire à tout le monde, c'est avant tout plaire à n'importe qui.

(Oui, tout ça pour un malheureux clip de Snow Patrol ... Quelle histoire)