Embrasse moi et tais toi
Ne parle plus, ne parle pas
Affligeant, pathétique
Tu n'es pas drôle c'est d'un comique
Pardonne moi, oublie moi
Je ne veux plus, je ne veux pas
Adieu mon prince navrant
Tu es le plus beau mais le plus chiant
Après Minuit - Brigitte

L'une de mes fidèles lectrices (qui ne laisse jamais de trace de son passage, parce que c'est une vieille perverse qui ne fais que regarder par le trou de la serrure sans manifester sa présence impie) (voilà c'est dit), m'a demandé ce matin comment s'était terminée le soap opéra de l'été (vous vous rappelez ?). Comme je n'avais pas envie de lui répondre par sms (c'est chiant de raconter autant de trucs par sms) (en plus je n'arrive pas à me faire au tactile, mon portable est en train de prendre le pouvoir sur mes doigts) (et puis j'étais en train de me brosser les dents, faut pas déconner) et que je me suis dit que peut-être certains et certaines d'entre vous se posaient la même question, voici donc en exclusivité ...

Les Gueux de l'Amour, saison 2

Mais où en étions-nous ? Ah oui, Sandy avait presque écharpé Lyle, flirté bêtement avec Carl sous le nez de Luc, tout en en pinçant en secret pour Jared. Et Harvey avait défrayé la chronique avec ses épanchements épistolaires pour Mary-Jane, tandis que le meilleur ami de Sandy, Andy, cherchait un prétexte pour rompre avec Maya.
Et maintenant ... la suite (fans de Stargate, je vous aime)

Missie a quitté la série (pour des raisons de divergences artistiques, vous en saurez plus en lisant le dernier numéro de Ouhlaladidooonc) (ou pas). Du coup, Dylan a rejoint une caravane de Touaregs, Paolo écope de 49 ans de prison ferme pour proxénétisme et Justin a ouvert un bar gay à Vladivostok.

Sandy n'a plus eu de nouvelles de Lyle (à son grand soulagement, puisqu'elle était au bord de la pulsion meurtrière et qu'il était scientifiquement impossible de la tenir éloignée de tout objet tranchant/piquant/urticant/décapant/coupant/tire-bouchonnant sans l'enfermer en salle capitonnée). Elle a eu des nouvelles de Carl, par contre. Beaucoup de nouvelles, sous formes de sms pleins de lol, de mdr, de smileys qui clignent des n'yeux-n'yeux et d'autres trucs que seule une groupie de 15 ans aurait pu décrypter. Elle a eu beaucoup de mal à lui faire comprendre que non, vraiment, elle ne voulait pas le revoir pour aller plus loin dans leur belle relation, mais non, vraiment pas. Heureusement, le grand Jared s'est bien bidonné de cette histoire et en a profité pour se mettre Sandy dans la poche dans une cuisine sans frigo (dans la poche, j'ai dit ! Bande de pervers !) avant de l'abandonner pour 5 mois et demi d'absence sur un quai de gare. Luc est redevenu un interlocuteur amical tout à fait cordial et toujours aussi adepte de vieilleries 90's groupisantes, Andy n'a toujours pas rompu avec Maya sous le prétexte ô combien fallacieux d'avoir trop de boulot pour se soucier de choses aussi bassement futiles.
En revanche, Harvey a encore frappé. Mary-Jane l'ayant renvoyé vertement avec un râteau faire des pâtés avec sa pelle et son seau, le mécréant s'est dit que ses éclats par courrier marcheraient peut-être avec Sandy, et il lui a donc envoyé une lettre digne d'un serial-killer en puissance qui a empêchée notre héroïne de dormir quand elle l'imaginait l'attendre chaque soir devant sa porte (et a encore donné matière à se poiler à Jared, qui décidément se marre pour un rien). Sandy se demande donc maintenant comment rembarrer Harvey gentiment mais fermement, sachant qu'elle a plusieurs options :
* Missie lui propose de ne pas répondre, et de faire la morte (mais il faut savoir que c'est Missie qui a donné l'adresse de Sandy à Harvey, et qu'elle se sent un peu morveuse aujourd'hui en se rendant compte qu'elle a chié dans la colle).
* La mère de Sandy lui conseille de renvoyer la lettre à son expéditeur.
* Andy suggère de répondre en expliquant que vraiment, Harvey s'est mis le doigt dans l’œil jusqu'au coude.
* Jared propose d'envoyer à Harvey une photo de son cul.
Sandy hésite.

Dans le bénéfice du doute, elle ne se sépare plus de sa bombe lacrymo.
 

Oh, me

09/25/2011

7 Comments

 
You got a piece of me
But it's just a little piece of me
And I don't need anyone
And these days I feel like I'm fading away
Like sometimes when I hear myself on the radio
Have You Seen Me Lately - Counting Crows

Une petite note rapide pour vous mettre au courant des dernières nouveautés sur le blog. Si vous êtes des visiteurs attentifs (c'est-à-dire si vous n'avez rien de mieux à faire que de scruter ma page dans le détail, bande de nerds), vous avez sans doute remarqué deux nouveaux boutons sur la barre de menu du blog (tout en haut, juste en dessous du titre, au-dessus de la bannière, regardez un peu, bande d'assistés !), intitulés "Knit Patrol" et "10 Good Reasons".

Knit Patrol est un second blog, un blog annexe qui commence à prendre vie en parallèle de celui-ci, consacré exclusivement au tricot. Il prend la place de mon blog précédent, hébergé sur overblog, histoire de tout rassembler au même endroit.

10 Good Reasons est une nouvelle section un peu à part, inspirée d'un déballage d'âneries né sur Knit Patrol, visant à exposer en 10 photos 10 arguments à une situation donnée. Je m'efforce de rapatrier au plus vite les deux premiers articles que j'avais composés sur ce sujet, mais c'est long, et je ne dispose pas de beaucoup de temps.

Voilà, c'est tout.

Sinon, aujourd'hui, j'ai commencé la 4ème saison de Fringe, avec un paquet d'Oreo et une crème caramel, et franchement, je suis très désappointée. Peter me manque tellement.
Déjà qu'on me boycotte l'irlandais, m'enlever mon canadien virtuel est une honte.
Et la saison 4 de Private Practice ne me plait pas du tout non plus, je n'arrive à me faire à aucun des couples que les scénaristes ont formés à coups de fléchettes (et vraiment je ne peux plus supporter cette blondasse de Charlotte)
J'espère de tout mon petit cœur de groupie que la nouvelle saison de Supernatural sera plus en adéquation avec mes vieilles attentes de fan en détresse (mais vu la tournure qu'ont prises les choses au sujet de mon Castiel-chouchou, je suis profondément dubitative)

*soupir*

Les séries télé vont ruiner ma vie. Vivement Merlin.
 
 
On her red guitar
The color never fades away
No matter where she has it placed
And my life would change when I saw
The face of her red guitar
Red Guitar - Kris Allen

Il y a quelques temps, mon luthier de paternel a eu une bien jolie patiente à 6 cordes, une bêbête comme je les aime, une de celles que je n'aurai sans doute jamais (compte en banque light oblige), mais que je gratouille quand même à chaque fois que l'une d'elles lui passe entre les mains.
Une Moi, de chez Gibson.
(C'est à dire une SG, que j'appelle les Moi puisque ces gratounettes partagent mes initiales) (sauf que chez elles, cela signifie Solid Guitar) (pas chez moi) (ma mère n'était pas tordue à ce point) (déjà que niveau deuxième, troisième et quatrième prénoms elle ne m'a pas gâtée ...)
Une SG rouge. Qui a pas mal vécu, avec des chocs un peu partout (son proprio n'est pas du genre soigneux, malheureusement), mais vraiment chouette quand même. La pauvre avait perdu la tête en faisant une mauvaise chute, blessure qui pouvait sembler mortelle au premier abord, mais mon père est un peu au recollage de guitares ce que Derek Sheppard est à la neurochirurgie (mais côté cheveux, par contre il est disqualifié d'office). La tête de la malheureuse n'était plus reliée au manche que par un fin réseau de bois éclaté, il a donc fallu nettoyer la blessure avant de rafistoler le tout, replacer le tuss rod correctement et s'assurer que la pression exercée par la tension des cordes n'allait pas de nouveau la décapiter.
Deux semaines de chirurgie plus tard, la belle sortait de convalescence.
Et, évidemment, comme dans la plupart des cas, mon appart a fait office pour quelques jours de salle de réveil, histoire de laisser la malade au calme avant de lancer sa rééducation.
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On se réveille doucement, on ouvre un oeil un peu chiffonné sur le monde, ouuuuh, quel éblouissement ...
(mon pied n'a pas volontairement atterri sur la photo, c'est juste que je ne sais pas cadrer en tenant mon appareil à bout de bras) (fallait pas oublier le grand angle chez un pote, aussi)
(n'empêche, le vernis rouge assorti, c'est un beau coup du destin)

On profite de ce moment de calme pour observer si tout va bien. Quelques examens de routine. Le chevalet et les micros d'abord, dans un sens ...
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Puis dans l'autre (je n'aimais pas le pickguard nacré, au début, mais en fait finalement je le trouve assez chouette. Un petit côté très bling bling, avec le rouge de la peinture hyper flashy du corps et du manche).
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Et puis un petit coup d'oeil aux potards, histoire de voir si tout va bien côté électronique. Ca me fait drôle, elle a plein de boutons (ma Izzie n'en a que deux) (l'acné fait encore des ravages), et je trouve le switch assez mal placé. J'aurais peur de le heurter en jouant, d'un coup de poignet malheureux, et de me retrouver avec un son complètement déréglé au beau milieu d'un concert (mais ça c'est parce que je suis un gros bourrin)
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Et enfin la cicatrice, qui se devine encore sous les craquelures du vernis (le propriétaire n'a pas souhaité dissimuler les traces de l'accident) (parait que les cicatrices, ça fait gladiateur)
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Le papa de la demoiselle l'a achetée vintage, il ne sait donc pas exactement de quel modèle il s'agit. Seul le tatouage sur la balafre peut donner quelques indices, car le numéro de série (gravé dans le bois, et le bois a souffert) a en partie disparu.
Il me semble qu'il s'agit du modèle Limited Edition paru juste avant le modèle signature de Carlos Santana. Avant qu'il ne soit customisé (bankablisé si vous voulez mon avis) par la griffe de l'artiste, qui jouait lui-même sur l'une de ces bestioles.

Une belle bête, donc.

Un petit egotrip made in Gibson, avec un jeu de lumières rouges très tralala, papapapapapaaaaaa, ah-la-la-je-ris-de-me-voir-si-belle-en-ce-moiroiiir :
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Les examens sont satisfaisants. Avant de passer par la case rééducation (comprenez vas-y-que-j'te-branche-sur-Edgar-en-poussant-la-saturation-au-max-pour-faire-hurler-Smoooooke-on-the-Waaaaaaateeeeeeer), il est l'heure de la récréation. La demoiselle s'est fait une bonne copine en la personne d'Izzie, toujours ravie de voir débarquer des potes électriques à la maison (rouges, qui plus est) pour faire une bonne partie de manche de fer :
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Et puis bon, on est rouges ou on ne l'est pas, on se la joue façon Roooooxaaaanne, you don't have to put on the red liiiight (mais on le put on quand même, c'est tellement la classe)
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On se rapproche un peu (histoire de savoir ce que Izzie peut bien lui chuchoter à l'oreille, je suis sûre qu'elle dit du mal de moi).
"Hey, pssst, la nouvelle ! T'sais, la patronne, elle a un grain"
"Ah ouais ? Genre ?"
"Genre des fois elle te fait des bends sans que tu saches pourquoi, en poussant des cris de hyène, et même pas dans la gamme"
"Ah ouais ? Flippant."
"T'imagine, ça, au quotidien ? 'Tain, des fois j'ai juste envie de lui péter une corde à la gueule"
"Graaaave"
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"Et en plus, y'a des traces de doigts sur mon pickguard, merde ! Mais la loose, quoi !"
"Ouais, mais toi, au moins, t'as une courroie. Moi on me laisse à poil"
"Revolucion, dios del infierno !"
"Attends ... T'es mexicaine ??"
"Pfff ... Sale raciste amerloque !"
"Oh ça va, hein"
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Evidemment, je n'ai pas pu résister bien longtemps. Je l'ai branchée, et j'ai joué dessus.
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Photo concept un peu débile, non je ne joue pas en me prenant en photo (il me faudrait un troisième bras que je n'ai pas) (je ne m'appelle pas Shiva) (quoique ça serait bien utile parfois) (mais ça doit être chiant pour dormir sur le côté), c'est juste pour vous montrer à quel point je foire bien mon barré de Fa (c'était avant une semaine d'entraînement intensif, maintenant mon index part bien moins en saussisse de Francfort).

Elle est vraiment très agréable à jouer, cette petite. Manche très confortable, cordes hyper douces, cases du haut (rappel mémo : le haut du manche d'une guitare est la partie la plus proche du corps, le bas est la zone la plus proche de la tête) d'une facilité extrême à atteindre, bref, vraiment très chouette. J'avais beau ne pas avoir l'habitude, le jeu coulait tout seul.
Un seul reproche, le corps est tellement fin et léger que le manche a tendance à piquer du nez au niveau de la tête. Ca ne m'avait pas frappée tout de suite, mais au bout de deux heures de jeu, j'étais au bord de la tendinite, et finalement j'étais obligée de contracter mes doigts, ce qui me faisait presque mal à la main gauche. C'est un petit détail, mais je pense que jouer debout avec une courroie doit être assez fatigant pour le bras gauche. Avec ce genre de gratte, j'aurais peur de finir avec les bras de Rapahel Nadal. Dommage, elle était presque parfaite.

Mais finalement, comme à chaque fois, en fait, j'en arrive à la même constatation : la guitare de ma vie, c'est Izzie.
 
 
I look at the world and I notice it's turning
While my guitar gently weeps
With every mistake we must surely be learning
Still my guitar gently weeps
While My Guitar Gently Weeps - The Beatles

Aujourd'hui, Josiane et moi sommes allées à notre cours de guitare habituel.
Bon, pour celles et ceux qui ne seraient pas au courant (mais franchement, faut vous tenir au jus, bande d'assistés), Josiane, c'est ma guitare. L'une de mes guitares, en fait (j'en ai trois, parce que je suis malade psychologiquement dès qu'on parle de cordes pincées) (et j'ai aussi un guitalélé électrique et une mandoline, mais on s'en fout). Ma première guitare, si vous voulez tout savoir. Une petite Fender classique toute bête, toute simple, qui a le mérite de sonner juste et d'être aussi légère qu'une plume de papillon (oui, je sais mais pfff) (si tu reconnais cette référence, ami lecteur, sache que ton mouton spatial t'aime très fort). Au cas où vous vous poseriez la question, elle ressemble à ça :
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Non, elle n'était pas livrée avec les moutons en peluche. Mais bon. Shaun et Gary sont tellement photogéniques. Ouais, bon, allez, une photo plus sérieuse :
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J'ai aussi une folk, une Fender Sonoran (couleur Lake Placid Blue, ça fait rêver), ma Monica adorée (nommée en référence à Santa Monica, lieu mythique que son look 70's et sa couleur flashouille m'évoquent irrésistiblement) :
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On dirait le fruit d'une partie de manches en l'air entre une dreadnought et une Stratocaster (un genre de Roméo et Juliette de 6 cordes). C'est avec elle que je joue le plus souvent, mais comme elle est plus lourde et plus encombrante que Josiane, je la laisse dormir à la maison en ce moment (vu que je vais directement du boulot à la guitare en prenant un vieux bus crachotant, je dois marcher plus d'un quart d'heure, et Monica me suicide le trapèze gauche)

Et puis, accessoirement, j'ai aussi une électrique, une Fender Telecaster Blacktop (couleur Candy Apple Red, ils ont de l'imagination chez Fender), ma Izzie chérie :
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Oui, je sais, les photos sont toujours les mêmes, il faudra que j'en fasse de nouvelles.
Mon meilleur ami aimerait bien que je poste les photos à la con qu'il a prises de moi avec Izzie, mais j'ai vraiment trop honte du résultat (allez, vas-y, mets la main dans les cheveux, fais l'amour à la caméra)

Bref, pour en revenir à nos moutons (moutooooooooooooooons) (pardon), Josiane et moi sommes allées à notre cours de guitare habituel (avec mon fameux sac qui me donne une classe folle). Le petit jeune qui a cours en même temps que moi dans la salle d'à côté et avec qui je papote un petit peu chaque vendredi n'arrive toujours pas à me tutoyer et m'appelle inlassablement Madame. J'hésite entre m'ouvrir les veines ou lui ouvrir les siennes. Enfin bon, whatever.
Je suis plutôt contente, mes barrés de Fa commencent à ressembler à autre chose qu'à un bruit de veau écrasé sur une clôture, je vais bientôt pouvoir me foutre de la gueule de Joni Mitchell en toute impunité.
Du coup, mon prof-que-j'aime a décidé de m'inscrire dans les ateliers complémentaires (comprenez des activités en petit groupe en plus des cours hebdomadaires) pour que je puisse aussi me foutre de la gueule de Jimi Hendrix d'ici la fin de l'année (parfaitement). Et il m'a inscrite dans ... 3 ateliers. 3. Trois.
1) Un atelier groupe, pour jouer à plusieurs et tenter des représentations dans les bars du coin (rien que d'y penser je suis déjà en train de frétiller) (je me vois trop perchée sur un tabouret en train d'essayer de viser mes cordes avec trois bières dans le nez et une bande de copains qui ricanent bêtement)
2) Un atelier d'accompagnement, pour apprendre à suivre un chanteur jusqu'au bout de la nuit, d'une fidélité sans faille, quoi qu'il arrive, quoi qu'il advienne, façon concerto sur le pont du Titanic en train de couler dans une eau à - 56°. (Je te suivraiii, où tu iras j'iraiii, fidèle comme une ombreuh, jusqu'à destinatiooon) (je sens que je vais la chanter souvent celle-là) (les autres vont me haïr)
3) Un atelier de jeu aux doigts (ça a beaucoup fait rire l'irlandais, mais ce sombre individu ayant l'esprit mal placé, il ne constitue pas une référence), arpèges, picking, et plein de trucs de pro pour frimer et en foutre plein la tronche au monde entier avec un seau KFC renversé sur la tête (si tu connais Buckethead, je t'aime) (si tu aimes Buckethead, je t'aime encore plus) (si tu n'aimes pas Buckethead, s'il te plait, aime-le)

Avec tout ça, rien que la semaine prochaine, j'ai trois heures de guitare.

Si je ne deviens pas une virtuose de renommée internationale avec tout ça, c'est vraiment que je suis un gros bigorneau.
 
 
Suddenly something has happened to me
As I was having my cup of tea
Suddenly I was feeling depressed
I was utterly and totally stressed
Do you know you made me cry
Do you know you made me die
Animal Instinct - The Cranberries

Si si, je travaille. Mais là je vais faire une pause, je viens d'avaler un demi-paquet d'Oreo avec un yaourt framboise, il me faut quelques minutes de digestion (d'autant que l'irlandais se sent obligé de me raconter les films d'horreur qu'il se visionne toutes les nuits pour essayer de se faire peur, tout seul dans son meublé) (pour l'instant ça n'a pas marché, il voit les films, ça ne lui fait rien, il me les raconte, ça me fait flipper) (aujourd'hui c'était The Human Centripede, il s'est endormi devant, moi je sens que je ne vais pas en dormir de la nuit) (en plus hier j'ai regardé un épisode des Experts à Manhattan où un croque-mort avait tué une institutrice en la préparant dans un funérarium) (j'ai peur qu'avec tous ces films d'horreur l'irlandais ne tourne psychopathe et me découpe en morceaux à son retour pour se faire un collier avec mes phalanges).

Bref. Avec tout ça j'ai un peu envie de vomir. J'ai essayé de visionner des vidéos de Maru, mais vu que je les connais déjà toutes, ça manque d'efficacité. J'ai donc commencé à faire une liste de mes préoccupations du moment, histoire de me vider la tête de toute image gore et scatophile (ce mec est malsain, je devrais peut-être reconsidérer la proposition du médiéviste qui m'envoie des lettres d'amour) (en fait tout bien considéré je crois qu'un type qui recopie mot pour mot le contenu de chacune de nos - rares - discussions dans une "lettre d'amour" me fait encore plus flipper qu'un futur médecin légiste qui regarde des films d'horreur avec des chirurgiens allemands). Et comme je suis hyper généreuse, je me suis dit que j'allais vous en faire profiter.

Le top 5 de mes préoccupations actuelles

1) L’hypothèse d'un hypothétique futur concert français de Snow Patrol (je les aime tellement) puisque leur nouvel album sort bientôt et qu'ils vont faire une tournée européenne pour l'occasion, et la trouille abominablement inavouable de ne pas pouvoir y aller à cause du boulot (j'en fais des cauchemars qui m'amènent au bord de la dépression) (je les aime tellement).
(Oui, moi aussi je trouve que la pochette a une tronche de dos de veste de biker, j'aurais préféré un pingouin)
(Mais bon, un groupe qui a choisi de s'appeler La Patrouille des Neiges ne peut pas être un exemple de bon goût)

2) Acheter une paire de Converse (des vraies, pas les infâmes copies dont je me suis contentées toute ma misérable vie et qui finissent toutes immanquablement par prendre la flotte par le bout) rouges. J'en ai une envie aussi irrépressible que celle que j'ai ressentie pour les escarpins noirs que j'ai achetés en sautant de bonheur dans le magasin en hurlant, "enfin, enfin, enfiiiiin, je trouve pile poil ce que je veux, ENFIIIIIN".
J'ai du passer pour une vieille frustrée de la vie.
(Je SUIS une vieille frustrée de la vie)

3) Trouver un coiffeur pas trop cher (sic) et pas trop maladroit (re-sic) pour accentuer mon dégradé sans me couper 10 cm de tignasse et me faire enfin la couleur dont je rêve (aucun coiffeur ne veut teindre une cliente en rousse, c'est incroyable comme les préjugés ont la vie dure).

4) Réussir à plaquer correctement un barré de Fa à la guitare. Mon prof de guitare m'a annoncé qu'il m'avait inscrit pour le concert du mois de mars, pour jouer un morceau avec le mec qui l'a écrit (je le connais pas, mais j'ai déjà envie de vomir d'angoisse sur ses mocassins) (un peu comme si on me demandait de jouer Chasing Cars devant Gary Lightbody, je lui déverserai très certainement mon contenu stomacal sur les genoux). J'ai beau y mettre du mien, mon Fa fait un vieux bruit de fils barbelés qui s'entend à trois rues à la ronde. J'ai essayé de raconter à mon prof que Joni Mitchell non plus n'a jamais pu barrer un Fa, mais il n'a pas eu l'air convaincu.

5) Me faire de nouvelles copines. J'aime bien mes collègues, mais elles ont toutes une vie tellement remplie qu'être avec elles me rappelle constamment la vacuité de mon existence. Une seule n'avais pas encore de poussin, mais elle m'a annoncé mardi avec un immense sourire qu'elle passait du côté obscur de la Force (comprenez qu'elle est enceinte). Évidemment, comme je m'y attendais, LA question est tombée, entre la salade d'Ebly (ma préférée) et la Danette caramel-salé (ma favorite) :
"Et toi, alors, tu t'y mets quand ?"
J'ai bien eu envie de lui dire que je soupçonnais l'un des poulbots d'être le fils caché de l'irlandais et que j'étais éventuellement prête à l'adopter (en plus il est déjà éduqué, propre, il dort toute la nuit, mange tout seul et sait faire ses lacets, je n'aurai donc qu'à me servir de lui comme prétexte pour aller à EuroDisney et faire pression sur l'irlandais) (mais l'irlandais s'en fout). Comme j'ai quand même eu peur de passer pour une cinglée, je me suis contentée d'un :
"Je laisse faire le Destin".
La Future Couveuse m'a regardée d'un air plein de pitié. Je crois que je suis misogyne. Je vais plutôt tenter de me faire des copains avec lesquels je pourrai boire des bières devant la nouvelle saison de Fringe.

Edit : Je viens de voir que l'irlandais a un T-shirt Jurassic Park. Il a toujours des T-shirts hyper chouettes (comme celui qui dit "you're too close, jerk" et que je pensais jusque là être mon préféré) mais là, vraiment ... Un T-shirt Jurassic Park. JURASSIC PARK. Rien qu'en l'écrivant, j'ai une folle envie de lui (du T-shirt, hein, pas de l'irlandais)  (quoi que) (héhéhé)
 
 
Everybody wants to be a cat,
Because a cat's the only cat
Who knows where it's at.
Everybody's pickin' up on that feline beat,
'Cause everything else is obsolete.
O'Malley Wants To Be A Cat - Phil Harris

Aujourd'hui, au lieu de préparer mes cours pour la (longue) journée de demain, j'ai préféré discuter bêtement sur msn avec l'un des colocataires de l'irlandais (maintenant qu'il est loin je vais en profiter pour lui piquer tous ses potes) (en même temps il n'en a que deux que je ne possède pas déjà, puisqu'il n'a en tout que 4 amis et que les deux autres sont déjà des amis communs) (c'est même à cause d'eux qu'on s'est rencontrés). Lui aussi était censé travailler, mais lui aussi a un cheveu digne de Rapunzel dans le creux de la main, du coup on a discuté 3 heures histoire de se trouver des prétextes pour ne rien branler.

Entre autres futilités, on a parlé d'Attila.

Attila, c'est le chat du coloc en question, qui est devenu par expansion le chat d'adoption de l'irlandais et du troisième coloc (faudra que je leur trouve des surnoms plus chouettes, en attendant je vais les classer par ordre chronologique, du coloc au chat (le Jeune Coloc) à l'autre coloc (le Moins Jeune Coloc)).
Attila est beau, blanc avec de longs poils qu'il sème généreusement partout, surtout sur les vêtements noirs. Attila est habile, puisqu'il sait ouvrir les portes et les robinets, ce qui oblige les trois colocs à fermer à clef cuisine et salle de bains quand ils partent pour éviter que ce sale gaspilleur ne fasse exploser leur facture d'eau. Attila a des passes-temps un peu discutables, qui consistent notamment à dormir en pendant lamentablement devant l'écran de la télé comme une vieille chaussette poilue, à manger du sopalin et à voler des objets pour les cacher un peu partout (en plus d'être con, ce chat est kleptomane).

Et ses objets préférés, ce sont les caleçons sales.

Et selon le Jeune Coloc, ses favoris sont ceux de l'irlandais (je préfère ne pas connaître les raisons de cet engouement pour les sous-vêtements sales de celui à qui j'envoie des photos de mon paquet d'Oreo par mms).

Donc, pour consoler Attila du terrible manque qu'il va nécessairement ressentir en passant 5 mois et demi sans pouvoir fourrer son nez dans les restes de l'entrejambe de l'irlandais (ça y est, j'ai plus envie de le revoir), le Jeune Coloc lui a fait du thon. Du vrai thon, avec une vraie sauce, et des vrais petits légumes pour faire comme dans un Dîner Presque Parfait (le Jeune Coloc est un gros geek), un truc que même les gens sans poils qui ne raffolent pas des caleçons sales auraient envie de manger (il m'a montré une photo, c'est beau comme un Modigliani).

Attila a reniflé le thon, la sauce, les légumes, le Modigliani, et a tourné le cul pour aller pendre devant la télé. Le Jeune Coloc et moi, puisque nous n'avions rien d'autre à faire, nous sommes alors longuement interrogés quant aux raisons de ce dédain.
Attila est-il déjà trop triste de l'absence des caleçons de l'irlandais, au point d'en perdre le boire et le manger ?
Est-il possible qu'il ait eu le sentiment que ce plat était trop beau pour lui ?
Ou alors à contrario pas assez beau ?
Trop chaud ?
Trop froid ?
Serait-il malade sans avoir de symptômes visibles ?
Malade du nez ?
De l'estomac ?
Du cœur ?

Et puis soudain, la révélation nous a frappé de plein fouet.

C'est un chat. On s'en fout.

 
 
Buddy you're a boy make a big noise
Playin' in the street gonna be a big man some day
You got mud on your face
You big disgrace
Kickin' your can all over the place
We Will Rock You - Queen

Hier, alors que le vieux crachin grelotant nous avait tous retranchés, marmousets et sorcières, sous le préau pour éviter la rouille, l'un des poulbots s'est mis à courir sous la pluie, en arborant fièrement le maillot vert flamboyant de l'équipe de rugby d'Irlande et en hurlant, bras levés vers le ciel couleur vieille crasse en hurlant à pleins poumons "vivaaaa Irelaaaaaaaaaaaaaaand !!!". Un poulbot avec des cheveux noirs d'une épaisseur à faire pâlir Jean-Louis David, des yeux bleus comme une carte de crédit et une élégante démarche en canard.

Je me demande si l'irlandais ne m'aurait pas fait un poussin dans le dos.

Lorsque je le lui ai demandé, il a répondu "ouais, c'est pas impossible que j'ai un gosse dans la nature à mon insu, mais je crois plutôt qu'on a piqué mon ADN pour me cloner. Ça expliquerait les fréquentes disparitions de mes brosses à dents."

Bon. Il ne me reste finalement que quelques options :

1) Demander ma mutation dans la classe du-dit poulbot, pour espionner ses (prétendus) parents, en faire mon chouchou, le faire asseoir au premier rang, lui donner des images en carton et lui mettre 20/20 à tous ses devoirs, même ceux où il aura fait plein de pâtés (et croyez-moi, s'il s'agit bien d'un descendant ou d'un clone de l'irlandais, il fera des pâtés)

2) Coincer le-dit poulbot sous mon bras et me barrer en courant rejoindre l'irlandais, prendre le premier avion et aller l'élever quelque part entre la vallée de Katmandou et les rives de la mer Morte.

3) Aller papoter avec sa mère à la sortie, en mode très pro, comme si de rien n'était, et lui demander l'air de rien, entre deux remarques subliminales sur les aléas de la météo, si par hasard elle ne se rappellerait pas d'une partie de jambes en l'air avec un irlandais chevelu il y a une dizaine d'années (pis vraiment, y'a plus de saisons).

4) Faire comme l'irlandais et me foutre royalement de savoir si oui ou non son code génétique se balade dans une école de Home City.

5) Me persuader qu'il ne s'agit que d'une (mal)heureuse coïncidence et arrêter de me faire des films qui me font rire toute seule comme une pintade au milieu de la cour.

J'hésite.
 
 
Taille-moi les hanches à la hache
J'ai trop mangé de chocolat
Croque moi la peau, s'il-te-plaît
Croque moi les os, s'il le faut
La Femme Chocolat - Olivia Ruiz

L'irlandais m'a fait découvrir les scones tartinés au Cadbury, les Oreo et la Danette-caramel-salé.

On se revoit dans 10 kilos.


(et après on dira que les anglo-saxons ne savent pas ce qui est bon)
 
 
I'll sing it one last time for you
Then we really have to go
You've been the only thing that's right
In all I've done
And I can barely look at you
But every single time I do
I know we'll make it anywhere
Away from here
Run - Snow Patrol

Quelle semaine étrange. Premiers pas en tailleur et escarpins pour faire bonne impression auprès des parents des poulbots, discours très pro en roue libre, confidences entre amis que je vois trop peu, soirées trop courtes ... Et adieux larmoyants avec l'irlandais qui s'exile en capitale.

L'année dernière, quand j'étais avec ma classe de petite section de maternelle, j'étais un peu agacée par ces mamans qui s'agrippaient au cou de leur progéniture sur le seuil de la classe chaque matin, en couvrant la-dite progéniture de bisous humides d'émotions avant de partir à reculons, les yeux pleins de larmes devant les pleurs de leurs agneaux. J'avais envie de leur dire un peu aigrement de lâcher leurs enfants, de leur faire comprendre que leur attitude ne pouvait pas les aider à supporter la séparation, bien au contraire. De lever les yeux au ciel devant tant d'émotivité teintée de ce qui m'apparaissait comme de la mièvrerie.

La vérité, c'est que les séparations, quelles qu'elles soient, sont toujours des sources de douleur que l'on gère comme on peut, mal, la plupart du temps. Je comprends ces mamans éplorées, ces amoureux baveux, ces amis qui traînent des pieds, ces grands-parents nostalgiques, ces enfants pleurnichards.
J'ai eu une pensée, un peu idiote peut-être, pour la maman de l'irlandais, qui a regardé partir son petit poussin, elle aussi, 15 ans plus tôt, en se forçant à être heureuse pour lui.

Je ne critiquerai plus jamais les mamans collées aux vitres des écoles.
 
 
You might think your cursed but with so much worse
Is the knowledge that you are
When your cursed with love that is buried so deep
That you can't dig it out of you
When your crystal ball is a towering wall
And the road is a dark book end
You know what remains is what needs maintain
But your temper Is not your friend
My Brothers - Snow Patrol

J'ai un drôle de rapport avec la SNCF. Je m'en rend compte à chaque fois que je prends le train, je suis tiraillée entre une haine tenace qui fait couler une bave enragée sur le tranchant de mes canines de chacal, et une profonde affection qui ferait voler des poneys roses à pois turquoises autour de mon sourire béat. C'est étrange.

La haine, d'abord. Contre la SNCF, qui, même lorsqu'elle n'est pas en grève, trouve des solutions miraculeuses pour te pourrir la vie. Hier, par exemple, alors que j'étais en route pour Big City, mon Ed Hardy sur l'épaule, Mohinder mon iPod dans les oreilles, santiags claquant sur le quai bétonné, le sourire aux lèvres en pensant à cette petite journée paresseuse qui m'attendait sagement. J'avais choisi mon train habituel du samedi-pour-Big-City, celui qui est un peu longuet à cause du délai de la correspondance (une demi-heure à Dino-City où le seul attrait de la gare est un distributeur de sucreries), mais qui arrive à midi à Big City et a le mérite de ne pas partir de Home-City à une heure indécente (le train précédent part à 6h du matin, ça pique quand on a une semaine de boulot dans les papattes, celui-ci décolle à 10h07, c'est tout de même plus confortable). Je n'aurai sans doute pas dû.
A Dino-City, les choses ont commencé à sentir le sapin. Déjà, sueur froide en regardant les panneaux d'horaires, le train pour Big-City n'était pas affiché. Autour de moi, les autres voyageurs commençaient à paniquer un peu. Après moult demandes d'explications auprès du personnel de la gare, le couperet tombe : le train pour Big City a été annulé, et remplacé par ... un car. Soit. Sauf que le car est affiché pour 11h55, pour arriver à Big-City à ... 13h15. Au lieu de 12h11. Argh. Outre le retard, un autre problème se pose pour une grande partie des voyageurs : les correspondances. Le guichetier nous affirme alors que les affichages sont faux, et que le car arrivera à 11h40, pour arriver à Big City une heure plus tard. Bon.
Nous sommes tous plantés comme des poireaux sur une plate-bande sur le parking, à scruter l'horizon grisouillant avec espoir, Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu donc rien venir ?
Non, Anne ne voit rien venir, rien que le goudron qui goudronne, et les pigeons qui pigeonnent.
Ah, si, attendez ! Le voilà ! Un oeil à la montre : 11h58. Le guichetier nous a un peu pris pour des jambons. En plus, oh, mauvaise surprise encore, le car est blindé. Littéralement. Entre malheureux laissés pour compte, nous nous jetons des regards inquiets. Ils vont descendre, tous ces gens, hein ? Hein ? Et ben non. Cinq d'entre nous se retrouvent comme des andouilles sur le parking, le car est plein. J'ai eu de la chance, j'ai réussi à trouver une place, à côté d'un jeune homme tout aussi perdu et perplexe que moi, et d'un haut-parleur qui crachote le commentaire du match de rugby Irlande-Australie (15 à 6 pour l'Irlande yahooooo). Après une discussion houleuse, le fin mot de l'histoire : finalement, les 5 malheureux seront acheminés en taxi. Nous partons enfin. Il est 12h12 (oui, moi aussi j'ai pensé à Obélix à ce moment-là). Après un trajet cahotant qui m'a semblé durer des heures, nous arrivons enfin.
A 13h16. Raaaaaaaaaaah !

Mais le truc qui m'étonne toujours terriblement, c'est que malgré tous ces désagréments, j'aime toujours autant prendre le train. Me poser dans un siège contre une énorme vitre et me laisser emmener à travers la campagne en glissant sur une paire de rails grinçants. Les trajets en train ont quelque chose de romanesque, finalement. j'aime aussi regarder les autres voyageurs, et essayer d'imaginer les raisons qui les ont poussées à monter dans ce wagon. Des étudiants qui rentrent chez les parents avec leurs grosses valises et leurs rires exagérés, de jeunes travailleurs fatigués qui pianotent sur leurs ordinateurs pour ne pas perdre une seconde, un couple rieur qui semble embarqué dans un voyage d'agrément qui fait déjà rêver, et cette jeune fille un peu triste, là, le front pressé contre la vitre, avec ce petit air triste de celle qui vient de voir partir son amoureux. Les voyages en train m'ont toujours réconfortée, même quand j'avais le moral au fin fond des soquettes. Hier n'a pas fait exception. Le paysage n'avait rien de réjouissant pourtant, entre abords de gare tristounets encombrés d'un bric-à-brac terrifiant de morosité et champs où les récoltes récentes n'avaient laissé qu'une vaste étendue de misère dénudée. Mais c'était une de ces fins d'après-midi grises où le soleil semble se réveiller doucement d'une trop longue grasse matinée, en perçant les nuages comme s'il se déshabillait tout doucement, et cherchait à se faire pardonner en emplissant les wagons d'une douce lumière d'un bel or pâle serein. La tendresse de ces rayons calmes et les doux ronronnements du train cahotant ont toujours eu un effet thérapeutique sur moi. Assise sur mon siège tout au fond du wagon, Mohinder crachotant les tendres trémolos de ma chanson du moment (My Brothers, de Snow Patrol, qui va si bien avec les lumières d'automne et les moments contemplatifs), j'ai été prise de l'envie irrationnelle de ne jamais voir ce trajet se terminer, de ne jamais revenir à la routine quotidienne, et de rester pour l'éternité ici, à regarder les moutons dans les champs, les rivières clapotant au fond des ravines, bercée par une guitare et la voix d'un chanteur en Nutella.
Il faut dire qu'elle est affreusement belle, cette chanson, non ?

Pour finir sur une note un peu plus légère, j'ai la joie, la fierté et le bonheur de vous annoncer ... Que je suis passée au Comptoir Irlandais (aller à Big City sans aller au Comptoir Irlandais, c'est comme aller au Louvre sans voir la Joconde, partir en pique-nique sans emmener de nourriture, visiter l'Angleterre sans boire une goutte de thé ... impensable). Du coup, la famille s'est encore agrandie ...
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Déjà, j'ai récupéré le poster publicitaire que j'avais fait mettre de côté, qui embellira à merveille mon appart en combinant mon amour des moutons irlandais multicolores et mon éternelle attente des grandes vacances (bouhouhouhouh c'est loiiin) (et le mouton a très exactement les mêmes lunettes-mouche que moi, qui lui donnent très exactement le même air idiot qu'à moi. C'est un signe.)

Et puis quelques achats, histoire de cumuler des trèfles sur ma carte de fidélité (presque pleine, je tiens le bon bout) :
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Un nouveau sac d'une élégance extrême pour aller à mes cours de guitare en toute gracieuse discrétion, une valisette qui s'est avérée être une boîte à goûter mais que je transformerai en trousse de toilette pour mes produits de beaûûûté (idée qui semble très brillante, puisque l'irlandais a acheté la même pour le même usage), et une boule à neige complètement démentielle pleine de paillettes vertes en forme de trèfles. Voyez plutôt :
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Un calme petit mouton vert à la tronche fendue d'un grand sourire dégoulinant de niaiserie dans une bouboule en verre montée sur un support d'une éclatante sobriété.
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Et hop, on shake un petit coup, et voilà le deuxième effet Kiss Cool, avec des paillettes vertes en forme de trèfles qui vooolent partouut agrouuu.
J'adore. Si Sylar était allé en Irlande, je suis certaine qu'il l'aurait achetée pour sa vieille mère, cette boule à neige.