Oh, kiss me
Flick your cigarette, then kiss me
Kiss me where your eye won't meet me
Meet me where your mind won't kiss me
No You Girls - Franz Ferdinand

Je sais.
Ma présence sur le net est plus qu'épisodique ces derniers temps.
Mais j'ai des circonstances atténuantes : un boulot chronophage comme jamais et une connexion aussi capricieuse qu'une ado gothique et piercée de 14 ans. Autant vous dire que j'attends les vacances de février avec presque autant d'impatience frénétique qu'un concert de Radiohead (je vous ai dit que j'allais voir Radiohead en juillet ? Oui ? Ah tiens ...)

Cela dit, le boulot a tout de même ses avantages. Son avantage. Le Pass Education. Une petite carte très pro, très officielle, très Agent Scully, qui t'ouvre les portes des musées nationaux gratuitement quand tu le brandis fièrement sous le nez des guichetiers éblouis. La classe.
Et il est valable trois ans (ce qui signifie que je vais devoir attendre 3 ans pour me tailler un médiator dedans, la vie est dure) (sauf si la fin du monde me fauche dans la fleur de l'âge deux jours avant mon anniversaire).

Alors en attendant de rallier Paris pour aller glander au Louvre aux frais de la princesse (ou du prince plutôt, je ne voudrais pas froisser M. Chatel), je m'échappe de temps en temps à Big City, chaque fois avec des prétextes plus ou moins fallacieux pour aller traîner du côté du Comptoir Irlandais (ce magasin aura ma peau). Hier n'a pas fait exception, puisque, dans mon immense bonté, je suis allée chercher du thé pour Dear Mother, qui était presque arrivée au fond du sachet précédent d'Arran Island (oui, je sais, c'est sans doute le prétexte le plus pourri que j'ai jamais trouvé) (si l'on excepte le "oh ben il pleut, si on allait au Comptoir Irlandais se mettre à l'abri ?" alors que nous étions à deux pas du centre Jaude, l'été dernier).
Cela dit, j'ai bien fait, puisque :
1) J'ai aussi acheté la bière de Noël qu'ils n'avaient plus en stock à Noël (c'est d'une logique implacable) (une Delorean, vite). L'étiquette sur la bouteille est chouette (c'est important).
2) J'ai initié mon medieval friend aux vertes contrées et aux reconstitutions historico-politiques de comptoir (irlandais, bien sûr).
3) Je suis repartie avec un chèque cadeau de 15 euros valables sur mon prochain achat (ce qui me donne un prétexte en diamant pour ma prochaine visite) (mwhahaha).
4) J'ai pu assouvir mon irrépressible envie de Cadbury spread (je sais qu'on en trouve en grande-surface, mais je refuse de tomber dans ce lent et sournois assassinat des petits magasins verts) (et puis je sais pas, je trouve qu'il a meilleur goût quand il vient d'un Comptoir Irlandais) (j'avais aussi envie de chips à la crevette et de fraises trempées dans le champagne, mais le Comptoir Irlandais a ses limites) (et pour toutes les mauvaises langues, non, je ne suis pas enceinte, j'ai toujours des envies comme ça) (une fois j'ai même été réveillée à 3h du matin par une envie de nems, qui m'a empêchée de me rendormir et m'a hantée toute la journée) (on s'en fout).
(ah, au fait, si le vendeur du comptoir irlandais passe un jour par ici (le truc à peu près aussi probable que de tomber sur Ralph Fiennes en allant acheter des collants Bleu Forêt à Monoprix) j'ai vérifié, et le Cadbury est bel est bien plus calorique et plus gras que le Nutella) (j'avais raison, quelle jubilation) (oui, ma vie est fascinante)
5) Je me suis faite brosser dans le sens du poil (ronron) à coups de compliments très élégamment distillés et d'allusions subtiles (à mon prochain chèque cadeau, je suis sûre qu'ils m'offrent une place dans la vitrine). Morceau choisi :
(alors que les tenanciers du lieu et moi parlions de la gourmandise tartino-chocolatée) :
Moi : Mais que seraient les femmes sans le Nutella ... Des canons, probablement (spéciale dédicace au meilleur ami de moi)
Elle : Canon je sais pas, j'ai pas tout vu, mais vous êtes déjà un beau fusil !
Je crois que c'est le plus beau compliment qu'on m'ait jamais fait (bon, c'est pas comme si on m'en faisait tous les jours non plus)

Y a pas à dire.
Ils savent me fidéliser, ces irlandais.
 
 
Cause it's the Pick
Of Destiny child,
You know I will be rockin' cause it's fucking insane !
Cause it's the Pick
Of Destiny child,
More precious than a diamond on a platinum chain !
POD - Tenacious D

Vendredi, mon meilleur ami m'a remis mon cadeau de Noël (et mon billet pour Radiohead aussi, hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii) (mais on s'en fout) (quoi que non, on ne s'en fout pas, vous allez probablement en entendre longuement parler dans les mois à venir). J'ai cru d'abord qu'il m'avait offert une agrafeuse (non pas que mon meilleur ami soit un adepte des cadeaux foireux, mais bon, disons que connaissant son humour légendaire, je me méfie toujours un peu). En fait, il s'agissait de ça :

Oui, ça ressemble à une agrafeuse. Mais c'est 10 000 fois plus fun.
Oui, c'est une machine à fabriquer des médiators !
Le principe est tout bête : un emporte-pièce, de vieilles cartes de crédit ou de fidélité, un peu d'huile de coude, et hop, des médiators uniques, personnalisés, ridicules, marrants, et la satisfaction de participer au développement durable en recyclant les bidules en plastique qui trainent au fond de mes sacs.

Après avoir raclé les fonds de sacs à main, j'ai donc fait (de gauche à droite) :

Tout à gauche, deux mediators design/culturels (avec une vieille carte de la Fnac), un nostalgique avec mes vieux identifiants d'étudiante en Histoire de l'Art  (qui ne sont plus valables, d'ailleurs), un initial S, et 4 mégalo avec ma tronche de psychopathe (en haut à gauche en mode "j'ai pris le temps de me peigner", en haut à droite "je suis shootée aux antalgiques à cause d'une %µ$£0@ de tendinite à l'épaule", en bas à gauche "je ressemblais à la Joconde quand j'avais 16 ans" et en bas à droite "je suis trop contente d'être là, c'est le plus beau jour de ma vie").
Classe.

Et puis du coup, j'ai fait aussi :
(De gauche à droite, de haut en bas) Mon préféré, un médiator H&M taillé dans l'étiquette de l'une de mes fleurs à cheveux (non seulement il est beau, mais en plus il est pile comme j'aime, dans un plastique bien souple, pas trop agressif. Exactement la même texture que mon Dunlop favori, qui avait le défaut suprême d'être blanc et d'une banalité à faire pleurer un veau de six mois), un petit paysage vallonné (merci Auchan), une boucle de lumière rose-cuicui (Passion Beauté), deux argentés (tout à droite) découpés dans mon ancienne carte Silver de chez France Loisirs, un médiator de geek dans une vieille carte Micromania et un VIP très hype que je dois à Bois & Chiffons.

Ma vie est absolument fascinante.