You give the strengh to me
A strengh I never had
I was a mess you see
I've lost the plot so bad
Give Me Strengh - Snow Patrol
Aujourd'hui, après une discussion subliminale avec mon irlandais (une discussion avec un irlandais est toujours subliminale, sachez-le, surtout quand l'irlandais en question est en Irlande. Voilà c'est dit, je veux mon Mojito), une idée a commencé à germer dans nos cerveaux malades, une idée un peu stupide, certes, que je vais donc me faire un plaisir ô combien jouissif de vous infliger.
L'idée ? Ecrire de (courtes) lettres de remerciement à des choses qui nous ont aidé, fait avancer à grands coups de pied au fion, donné un sourire béat de merlu farci, ou au contraire enfoncé au fond du trou à mélasse, mis des bâtons dans les roulettes de char, miné encore plus profond que la fosse des Mariannes, bref, toutes ces choses qui, d'une manière ou d'une autre, ont eu un impact dans nos petites vies de mollusques bipèdes, histoire de leur dire un grand merci plein de cuicuis de gratitude baveuse, ou au contraire un beau bras d'honneur comme on n'en fait plus, avec crachat dans l'oeil en bonus joker.
(Encore un post 3615 ma Vie, encore un. Ah tiens, ça me rappelle une discussion à propos du minitel, hier soir, avec des potes et un verre à cocktail explosé sur une table de bar). Bref.
Bon ben ... Let's go ?

Chère Musique,
Merci d'avoir été là depuis le jour glorieux de ma première division cellulaire, je ne sais pas ce qui sans toi aurait pu m'aider à supporter tous ces moments affreux que sont baffes dans la tronche, ruptures en tous genre, salles d'attente bondées embaumant la transpiration pédestre, journées de merde-en-boîte, longs trajets plein d'attente, d'espoirs et d'amertume, illusions piétinnées par un troupeau de phacochères et souvenirs à noyer comme un chaton non désiré. Mais je ne sais pas ce qui sans toi aurait pu tant enrubanner d'enluminures auditives tous ces moments merveilleux que sont rencontres fortuites, fous-rires entre amis sincères, paysages surpris au réveil, voyages plein de l'extase fébrile de la découverte, petits bonheurs encore plus simples qu'une pub Herta, grands moments d'amour et d'amitié. Merci à toi de savoir toujours aussi bien me faire battre le coeur en grande envolées fantasmagoriques, de m'emplir d'une passion dévorante qui me mènera sans aucun doute en chambre capitonnée, de me remuer ce qu'il me reste de tripes, de m'aider à me relever quand je m'écrase, de me faire aller plus haut quand je m'envole. Merci à toi d'être un bonheur qui s'accroit toujours plus en se partageant.

Cher Tolkien,
Merci d'avoir construit un monde pour tous les enfants qui ont besoin de fuir le leur sous les quolibets de leurs camarades dans les cours de récréation poussiéreuses des collèges aux murs gris. Et merci d'avoir fait en sorte que ce monde soit aussi accessible aux adultes capables de se décoller les yeux.

Chers collègues du pays de Lee, Yu et Phem,
Merci d'avoir fait preuve d'autant de fielleuse félonnerie à mon égard, permettez-moi de vous dire que je vous le mets bien profond, c'est moi le maître du Donjon.

Chères séries télé,
Merci de me rendre totalement accro à vos histoires invraisemblables au point d'en faire des rêves tellement débiles que même un psychologue ne serait pas apte à les entendre.

Chers ex-amis et plus-si-affinités-passées,
Merci de m'avoir fait des promesses que vous n'avez jamais tenues, de m'avoir traîtée comme un paillasson bas de gamme un jour de pluie, de boue et de merde sous les semelles, de m'avoir trahie avec autant d'aplomb que l'Empire Stade Building et d'avoir fait courir à mon sujet des rumeurs toutes plus puantes les unes que les autres. Je n'aurais pas appris à mordre directement à la jugulaire sans votre précieuse participation.

Chère Bretagne,
Merci d'être ma Terre-pleine-de-pluie-et-de-gros-cailloux, attends-moi patiemment mon amour, je reviendrai.

Cher body-ô-my-body,
Merci de supporter mon esprit sans en exploser dans un geyser d'hémoglobine, et pardon pour tout ce que je t'ai fait subir, et tout ce que je te ferai encore certainement subir dans les années à venir, je me connais. Mais on est potes, maintenant, non ?

Chers moutons,
Merci de donner votre laine sans laquelle le tricot ne serait pas ce qu'il est, et ne me regardez pas comme ça, je suis végétarienne.

Chère vie,
Je t'aime, mais des fois, franchement, tu chies dans la colle.


A propos. Si vous aussi vous voulez participer au jeu de la lettre irlandaise, je vous en prie, allez-y. Mais un petit lien vers ici, ça serait vraiment chouette-chouette.
 


Jake
08/28/2011 18:57

You did it !
Girl, you really did it !

Pour saluer l'exploit, je vais répondre en français en utilisant les accents de mon azerty. Fuck off.

My turn, I guess.

Chère morgue,
Merci de me donner un salaire qui me permet de manger presque tous les jours, et d'etre un boulot de merde tellement chiant qu'il m'a permis de me remettre à msn.

Cher Patch,
Merci d'etre mon ami d'éternité, de me suivre au bout du monde et d'etre aussi instable que moi, je me sens moins seul parmi les gens normaux.

Cher Nate,
Merci d'etre mon seul ami français, de m'avoir appris à utiliser un "ç" et de me donner des leçons de grammaire entre deux chopes de bière devant un match de soccer.

Chères ex-girlfriends,
Merci de m'avoir pris pour un con, et d'avoir passé vos névroses sur moi. Et surtout merci de tenir vos distances géographiques.

Chère ville française dans laquelle je vis,
Merci d'etre un chez moi un peu pourri, de ne jamais respecter les horaires de tramway et d'abriter des sons of whores un peu partout qui ne pensent qu'à braquer les voitures. Mais merci d'avoir un comptoir irlandais et des pubs où feter St Patrick's day.

Chère Space Sheep,
Last but not least, merci d'etre une de ces filles déjantées qui mettent un peu de piment dans l'existence. Et oui, promis, tu auras ton mojito.

Je croyais que tu préfèrerais un caipirinha.

Je ne sais pas comment on écrit caipirinha. Par contre je sais les faire.

Et les boire, aussi.

Lots of love, soft ewes and pink ponies in a field full of multicoloured flowers.

xxx

Reply
09/14/2011 05:09

Je crois que c'est caïpirinha oui.
Tu m'en fais un, la prochaine fois ?
(et bien sûr, I did it, quand je dis quelque chose, je le fais)

Vivent les poneys roses et les brebis duveteuses

Reply
Syne
09/20/2011 04:46

Irish letters, waw, rien que ça... My turn now guys :

Chère Forêt,
Merci d'être toujours aussi verte, humide, terreuse et sauvage. Merci de foisonner à foison d'arbres foisonnants. Merci pour tes marécages cachés et tes moustiques tenaces. Merci pour tes rennes végétariens qui broutent au milieu de la route, là où il n'y a pas d'herbe, mais en Finlande seulement (sigh). Merci pour l'air frais et la tranquillité que tu m'apportes dans ce monde de "psychotic nude monkeys" comme dirait Steve Sic. Je t'aime. Je t'aime...

Cher petit Ase de rien du tout,
Merci de ce que tu m'apprends, et je n'en dirai pas plus car c'est personnel et tu es de nouveau en train de te marrer de toute façon.

Chers ex,
Merci de la douceur incomparable de votre connerie qu'il m'a fallu des mois pour découvrir, et merci pour le chamallow de mollesse collante et ignoble sous lequel vous vous cachez. J'ai appris grâce à vous à me remuer le cul même sans air de salsa. Et à ne pas craquer sur des nazes. Et à me suffir à moi-même. Et à tisser (mais le rapport est très lointain).

Chers camarades et ex-camarades,
Merci pour votre bêtise et votre moutonnement vôtre esprit benêt. J'ai autant aimé être coincée avec vous 8h par jour que d'écouter du rap en sirotant un red bull, cheveux courts et short de pépète en décoration. Si vous saviez comme je vous méprise. Heureusement que vous vous souciez plus de qui a gagné le dernier match Servette-Bâle que de ma nyckelharpa. Au moins, vous ne marchez pas sur mes plates-bandes de plantes aromatiques...

Chère maman,
Merci de m'avoir nourrie, et aimée, mais si tu pouvais arrêter d'être si gallinacéennement présente, tu m'arrangerais. Je suis peut-être ton avenir, mais tu n'es pas le mien.

Cher papa,
Si tu pouvais prendre le large...

Chère harpiste,
Merci de tes dons musicaux merveilleux, des costumes que tu crées, tu travail que tu fais pour nous et pour toi, de ton amour des plantes, et merci pour cet humour déjanté qui te colle tant à la peau. Dorénavant, je connais les avantages d'avoir des écailles plutôt que des cheveux. Mais j'aimerais quand-même bien faire la photosynthèse. Dans quelques minutes-cube, bien sûr.

Cher Internet,
Tu es une vraie saloperie qui m'avale toute ronde dès que je t'approche, mais merci de m'avoir permis de déconnecter de l'irréalisme geek. J'aimerais juste que tu lâches mon ex. Ou non, garde le, il le mérite.

Chers moutons,
Merci de votre connerie congénitalement délirante, et de votre participation à mes expériences de cet été. J'ai beaucoup appris sur les théières et les tondeuses à gazon grâce à vous.

Chère musique,
Je t'aime. Punkt schluss.

Ah non :
Chère Ste-Ursanne 2011,
Petite merveille, moment privilégié qui fait résister à tout et même à mes camarades d'horaire scolaire, merci pour le concert, pour ma réconciliation avec le schwytzerduetsch, pour les morceaux de musique que je me suis empressée d'arranger à ma sauce nyckelharpisée, et pour le sourire de quelqu'un que j'aime.

Last but not least :
Thanx little bardie for your inspirating writing. Küsse, bis bald.

Reply
09/20/2011 10:41

Thanx so much for playing the game lil' wild witch ;)
And you're welcome ;)

Reply



Leave a Reply.