Je crois que j'ai définitivement trouvé mon futur animal de compagnie.
 
 
I am the one hiding under your bed
Teeth ground sharp and eyes glowing red
I am the one hiding under yours stairs
Fingers like snakes and spiders in my hair

This Is Halloween .:. Danny Elfman

S'il y a une chose qu'il faut savoir sur moi, c'est que je suis une fan absolue d'Hallowe'en. Je ne sais pas si c'est mon vieux côté gothique-refoulée-adepte-des-fioles-de-poison-et-des-chats-noirs-hurlants-à-la-lune, la sorcière schizophrène qui partage les méandres de mon cerveau détraqué, mon goût immodéré pour les bougies allumées partout et la Soupe de Carrosse que j'avale tous les automne ou mes aspirations à des délires vestimentaires tellement douteux qu'ils en frôlent le mauvais goût (cf. mes collants fushia adorés que j'adore porter avec des santiags taupe et une veste en velours violet) qui ont déclenché chez moi cet engouement Hallowe'enesque depuis mes vertes années de collégienne, mais les faits sont là. Hallowe'en est ma fête préférée.

Mais s'il y a une autre chose qu'il faut savoir sur Hallowe'en et moi, c'est que cette fête que j'aime tant a (presque) toujours été un foirage légendaire, année après année. J'en étais venue à songer avec tristesse, amertume et louchées de Nutella que oui, j'aimais Hallowe'en, mais non, Hallowe'en ne pouvait pas me voir en gravure.
Aouch.

Bon, soyons honnêtes un minimum, mes premières tentatives de festivités grimaçantes n'ont pas été si catastrophiques que ça ... Depuis mes débuts aux alentours d'octobre 1999 (au siècle dernier, donc), il y a même eu de franches parties de rigolade.
1999, le tout premier, passé à se raconter des histoires-qui-font-peur avec des copines, serrées autour d'une citrouille massacrée et tellement mal vidée qu'elle en faisait de la soupe sur son assiette, la pauvre.
2000, déguisements plus qu'approximatifs avec une amie et séance photo craquage, visages barbouillés de rouge à lèvres et gargouille-doudou à l'appui.
2002, tambouilles sorceleuses avec une alter égale.
2007, déguisements assumés portés en ville et au grill du coin après 6h de merdouille pseudo-musicale avec ce qui fut le très virulent et très éphémère groupe de reprises foireuses et multi- instrumentales, The Broomsticks (copyright). Où j'ai maltraité une basse, fait voler des baguettes de batterie (je fais TOUJOURS voler les baguettes de batterie, à croire que le Destin lui-même cherche à me les arracher des mains) (et des escarpins aussi, mais ça c'est une autre histoire), caché des médiators dans mes chaussettes, fait un massage des oreilles à un border collie et couiné de ma voix de casserole apoplectique. Tout ça.

Mais tout de même, la plupart du temps, mes tentatives d'organisation des festivités citrouillesques se résumaient invariablement à ce même déprimant schéma (pour préserver l'anonymat des mes (en majeure partie ex) amis, ils seront tous sus-désignés sous le poétique pseudonyme de Jean-Jacques):
Moi : Oh dis-donc, Jean-Jacques, c'est bientôt Hallowe'en !
Jean-Jacques : Hm ?
Moi : On fait un truc, dis ?
JJ : Euh, pfff, chépas, je bosse je crois.
Moi : C'est pendant les vacances/ça tombe un dimanche/tu-es-en-RTT-souviens-toi !
JJ : Ah. Euh. Bon. Je te redis ça ?
Et la suite était à cocher dans la liste suivante :
¤ Oh mince, pardon mon dindon, mais tata Fernande s'est cassé le col du fémur, faut que j'aille l'aider à brosser le poil de son bichon.
¤ Je suis telllllllement désolé(e), j'avais zappé que j'avais un championnat de mosaïque pile ce jour-là ...
¤ J'ai vraiment trop rien à me mettre, en plus j'ai pris 3 kilos, faut que je fasse couler un bain à Raoul sinon il va me plaquer. Toute la journée, oui. Hein ? Et la soirée aussi, évidemment.
¤ Et si on faisait un scrabble, plutôt ? Hein ? Dis ? Que je te raconte mes problèmes ?
¤ Ma religion me l'interdit.

Glorieuses excuses qui auraient pu toutes se résumer à l'honnête réponse suivante : "Pas la peine, j'ai pas besoin de toi en ce moment". CQFD.

Donc bon, tous les ans, invariablement ou presque, j'en étais réduite à la même routine : décorer mon appart, toute seule, en frétillant de joyeuseté en écoutant en boucle This Is Halloween de Danny Elfman et en dansant avec Mister Jack (mon cochon d'Inde) (qui a pris le parti de faire le mort dans ces moments-là). Lancer des invitations à tour de bras pendant un mois. Acheter et creuser des citrouilles. Ne récolter que des refus. Allumer mes citrouilles toute seule comme une idiote et bâfrer bonbons et Nutella (et chips à la crevette) devant un Tim Burton en me disant que vraiment, c'est chaque fois la même rengaine.
Ou pire, faire une croix sur tout et aller éponger les peines de cœur de Jean-Jacques qui se fiche des miennes comme de son premier essuie-glace.

Mais cette année, ce fut différent.
(Roulements de tambours, musique de suspens, choristes shootés à la vodka)
Cette année, quelqu'un d'autre que moi a pris les choses en mains.

Pourtant, c'était encore mal parti. D'année en année, je ne sais pas s'il en est de même chez vous, mais on sent de moins en moins l'esprit d'Hallowe'en planer par chez nous (puisque les gens qui ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez répètent encore et toujours que c'est une fête américaine qui n'a rien à faire "chez nous") (je n'ai même plus le courage de démentir) (alors que le Ramadan est inscrit sur les calendriers des agendas 2013) (bref).
Pourtant, ma pharmacienne avait fait une superbe décoration. Voyez plutôt :
Ça donnerait presque envie d'être malade.

Mais non, quand je dis que quelqu'un a pris les choses en mains, je ne parle pas de ma pharmacienne (même si elle m'a sauvé la vie plusieurs fois mais là n'est pas le sujet).

Bref, notre projet pour cette année était d'organiser une soirée costumée entre divers amis (les miens et ceux du batteur barbichu) histoire de marquer le coup et de passer un bon moment.
Problèmes.
Hallowe'en a lieu pendant les vacances scolaires. Or plusieurs de mes amies-collègues profitent de ces périodes bénies pour quitter leur région d'exil (alias celle où je vis) pour regagner les pénates lointaines que notre boulot les force à abandonner. Résultat des courses : la plus proche était à 103 km de chez moi. Bon.
Hallowe'en a lieu pendant les vacances scolaires. Et tombe un mercredi. Or, pour les amis du batteur barbichu, les vacances scolaires ne sont pas des vacances. Et le mercredi soir n'est pas franchement la date idéale pour aller faire la bringue déguisé en empereur romain zombie.
On a bien tenté de le décaler au samedi suivant, mais problèmes, l'enthousiasme récolté remplissait à peine un fond de dé à coudre et fêter Hallowe'en le 3 novembre, c'était un peu tristounet.
Je sentais venir le vieux revival de la soirée qui sent le sapin.

Et puis le barbichu a eu une idée.

Il faut dire que le barbichu a souvent des idées. Des idées un peu échevelées parfois, mais qui se révèlent toujours franchement chouettes à réaliser. Des idées du genre "je sais bien qu'on est en septembre et qu'on bosse, mais si on se barrait à la mer ce week end ? Hein ?". Et aussi "oh, tiens, et si je tentais la sauce au pesto maison ?". Ou encore "Et si tu t'achetais ces petites compensées rayées, là, au lieu de ces sandales vert pomme fluo ?".
(Bon, il en a aussi des discutables, du genre "et si je me laissais pousser la moustache et que je roulais en Vespa ?", mais personne n'est parfait)
Bref.

Quelques jours avant la date fatidique, soudain, une idée.
"Et si on laissait tout tomber et qu'on allait le fêter à Disneyland ? Ils font une soirée spéciale, regarde ..."

2012.
Déguisements improvisés, maquillage bilatéral, Lucifer et sa sorcière sont allés frapper chez Mickey. Qui avait pour l'occasion été mis à la rue par Maléfique and co.
Hystérie dans les attractions pour enfants (Blanche-Neige, Pinocchio, Peter Pan, le monde des poupées, Pirates des Caraïbes ...), flambages bancaires dans les boutiques, hurlements psychotiques dans le train d'Indiana Jones au beau milieu de la nuit, égarement total et assumé dans les méandres obscurs du parc, émerveillement réveillant les sales gosses qui dorment au fond de nous, ébahissement devant tant de féérie et de beauté.
L'euphorie de voir en taille réelle les décors qui ont marqué mon enfance disneyenne (le barbichu est vierge de toute influence Disney, c'était assez drôle de mélanger les réactions de quelqu'un qui connait les classiques par cœur et d'une autre personne qui ne les a jamais vus) (oui, je sais, il est irrécupérable).
Les yeux écarquillés devant la magnificence du moindre petit détail (je me rappelle avoir pensé en boucle que je comprenais le pourquoi du comment du prix du billet) (j'ai même dû le dire à voix haute 2 ou 3 fois) (ou 12).
La groupitude assurée en rencontrant Mouche et le Capitaine Crochet (ça m'a rappelé mon attitude d'adoratrice écervelée de Snow Patrol en 2010) (Mouche a aimé mon chat-peau, Mouche a aimé mon chat-peau !!!) (oui, je suis revenue avec un chat-peau) (comprenez un chapeau représentant le Chat) (et des pantoufles Mister Jack) (le personnage, cette fois, pas mon cochon d'Inde) (jamais je ne taillerais des pantoufles dans mon cochon d'Inde, voyons, aussi tentant que cela puisse paraître).
Et retour à regret, avec à la clef un nouveau schéma pour remplacer l'ancien, proposé par une nouvelle idée du barbichu : "Et si on remettait ça tous les ans ?"
L'antre du Démon : la boutique Disney
La maison de Gepetto. J'ai voulu sauter du train pour aller m'asseoir sur le fauteuil et y mourir de confort mais le barbichu m'a retenue.
Pétasses.
Personnellement je voyais Flotsam et Jetsam moins grands.
Maléfique, mon idole ...

(vooole ... et ne me déçois pas !)
Jack et Sally en pleine techno-parade
 
 
If we took a holiday
Took some time to celebrate
Just one day out of life
It would be
It would be so nice

Holiday .:. Madonna

Oui, je sais. It's been a while.

Il faut dire que depuis juillet, je ne me suis pas posée une seconde, je crois. Entre les concerts (Radiohead, Asaf Avidan, Luc Arbogast, plus un groupe de la région que j'ai harcelé comme une groupie pour kidnapper le batteur barbichu auquel je faisais de l’œil depuis le paléolithique), les spectacles (festival d'Avignon notamment, bien sympathique ma foi malgré les files d'attentes à vous suicider les pieds en compote Andros périmée) , les fêtes médiévales (mention spéciale à Souvigny où j'ai passé quelques jours avec des tas d'amis différents et incompatibles à fuir le gueux et à respirer les effluves de méthane exhalés par les cracheurs de feu) (et d'où je suis revenue avec des bracelets de cheville à grelots, un foulard imprimé léopard vert émeraude - si si -, une nouvelle pierre pour ma collection, un bon mal de crâne octroyé par l'hypocras des Trois Marmites et un batteur barbichu en bonus cadeau) (héhé), les multiples soirées entre amis, les crash tests des manèges pour enfants des parcs d'attractions (et pour adulte aussi, bordel, même pas mal), les petites virées citadines (Paname, Augustonemetum ...), les shootings pour Cacolac (c'est une longue histoire) et campagnardes (au pays de la moutaaaarde) ...
Bref, pas une seconde, je vous dis !
Ça a probablement été l'été le plus supersonique de ma vie, envolé en un battement de cils.

Et la reprise du boulot n'a rien arrangé, surtout depuis que je suis exilée en cambrousse profonde et routes en lacets. Mais bon, je fais avec. Je double les tracteurs à 90 sur les chemins pleins de trous-trous et je slalome entre les faisans égarés le long des fossés. Dans deux semaines, je vous fais le Paris-Dakar en Mégane.

Mais bon, comme le mois de septembre fait cuicui dans les prairies, je suis aussi allée à la mer. A l'océan, en fait. Un week-end, comme ça, un peu sur un coup de tête, en Mégane (toujours pour me faire les pédales au rallye désert), avec le batteur barbichu et plus de valises que pour crécher trois semaines en hôtel de luxe. Je n'avais pas vu d'eau salée (à part quand le barbichu fait des pâtes, mais curieusement ça ne me fait pas le même effet) (même si je m'en fait allègrement péter le bide à chaque fois) depuis l'été 2007, alors j'ai un peu laissé ressortir la sale gosse qui sommeille (d'un sommeil léger, hein) en moi. Déjà, vendredi, je commençais à frétiller des orteils dans les ballerines au boulot à l'idée de mes valises qui m'attendaient sagement sur le siège arrière de mon carrosse. La route m'a paru aussi longue que quand j'avais 6 ans et que je demandais en boucle à ma pauvre mère si on était bientôt arrivées, de ma petite voix de sale gosse morveuse. Il faisait nuit noire et profonde quand on est arrivés, du coup impossible de se rendre compte que nous étions bel et bien au bord de la grande bleue avant ...
Avant de descendre de voiture et de se prendre un bon vieux relent de saumure, de sable mouillé et de coquillage échoué dans les trous de nez. La marée. J'avais oublié.

Et bien franchement, un petit week-end à la mer (à l'océan) (on s'en fout) alors même qu'on est en plein boulot, c'est encore meilleur que pendant les vacances. On a l'impression d'être des privilégiés, là, au soleil, les orteils plantés dans les mottes de sable chaud, à faire la sieste sur la plage avec une grâce de baleine échouée, en entendant les cris apoplectiques des mouettes enrouées qui se disputent leur place de marée basse (d'ailleurs elles gueulaient très différemment que celles de mes souvenirs, qui avaient un beau cri de mouette authentique et pleine de santé voletant dans les embruns) (Là c'était plutôt mouette agonisante qui crache son fiel à la tronche de ses congénères pour boulotter ses crabes morts en paix) (Faut croire que les mouettes estivales ne sont là que pour faire frétiller le touriste, et que, hors saison, il ne reste que les piafs dégénérés) (mais c'étaient des mouettes quand même) (et des goélands, aussi).

Trop trop bon. On s'est nourris de tartes maisons et de bruschettas, on a acheté des lunettes de soleil, des bracelets brésiliens, fait des photos de nos pieds et des batailles de sable, tenté une trempettes des mollets dans l'eau glacée d'une plage sauvage où l'océan faisait des rouleaux de ouf malade, couru au ralenti sur la plage en couinant le générique d'Alerte à Malibu, ramassé des galets, humé l'odeur inimitable de sève de pin maritime sur fond d'odeur iodée de marée haute et pris des cafés après 22h. Le barbichu en a même fait un footing sur la plage le matin. L'inconscient.

*sigh*

Vivement l'été prochain.

 
 
No matter what happens now
I won't be afraid
Because I know today has been
The most perfect day I've ever seen

Videotape .:. Radiohead

J'en avais déjà parlé moult fois, vous devriez vous en souvenir (si ce n'est pas le cas c'est que vous êtes soit des cervelles de poissons rouges, soit des ptits nouveaux, soit des ingrats), mais le 10 juillet, je devais aller voir Radiohead aux arènes de Nîmes. Et puis comme cet événement ne pouvait être manqué que dans les cas d'extrême incapacité (aka ma mort par décapitation) et que ma tête est encore sur mes épaules, je suis donc allée voir Radiohead aux arènes de Nîmes le 10 juillet. Et comme je sais que vous n'êtes qu'une bande de curieux assoiffés de posts longs comme un cou de Brachiosaure, je vais vous raconter la passionnante histoire de mon périple. Asseyez-vous, prenez un Figolu.

Nous étions donc six dans l'aventure. Sept en fait, mais la septième n'était avec nous que pour le trajet et ne venait pas au concert. Donc six, plus une guest. Six centrés autour de mon meilleur ami (qui était à l'origine de tout cela et que, pour épargner son anonymat, nous appellerons Albert) : sa mère (que nous appellerons Marcelline), son meilleur ami (Maurice), son amie (Monique), l'amie de son amie (Micheline), et moi (bon, pour la peine et parce que si jamais l'un d'entre eux tombe un jour sur cette page et voit le prénom foireux dont il a hérité, il me haïra jusqu'à ma trente-neuvième réincarnation, nous m'appellerons Sidonie). Et la septième roue du carrosse, que du coup nous appellerons Micheline aussi. Marcelline et moi habitant toutes deux à Home City, nous avons fait la route ensemble dans ma vieille charrette à bras (alias Gisèle ma voiture) jusqu'à Big City pour rejoindre les autres, en un frais matin du mardi 10 juillet de l'an de grâce 2012.

Là, nous avons formé les équipes pour se répartir dans les voitures et les gradins des arènes (puisque nous faisions la route ensemble mais n'allions pas atterrir au même endroit en bout de course). La Team Tampax (une idée d'Albert, forcément), composée de Monique et des deux Micheline est partie dans une voiture, la Team Beaux Gosses (moi aussi j'ai eu un soupir exaspéré) composée de Marcelline, Albert, Maurice et moi avec Gisèle. Et roulez jeunesse, nous voilà partis. Je vous épargne les vicissitudes du voyage (je vous dirai juste qu'on a chanté sur du Ultra Vomit et des Fatals Picards, sur le générique des Pokémons et autres mangas douteux, qu'on a mangé assis dans l'herbe battue par le vent d'une aire d'autoroute, que le sandwich au salami de Maurice a fait débat, qu'on a essayé de communiquer avec l'autre voiture avec des montres-talkie-walkie mais que la Team Tampax était beaucoup trop sérieuse pour nous répondre, que Maurice a offert à Monique un petit bout de bois parce qu'il avait vu une petite fille donner un caillou à son papa et qu'il lui avait dit merci, que Monique a balancé le-dit bout de bois, et qu'on a été très déçus par les rambardes du viaduc de Millau qui ne laissent pas voir le paysage en contre-bas).

Et puis, finalement, nous sommes arrivés à Nîmes. Chance du débutant, Albert nous a déniché une place de parking à deux pas des arènes, nous avons donc pu aller directement sur les lieux du crime. Et nous avons découvert ceci :
Outre la fracture de l’œil qu'une telle merveille d'architecture romaine a déclenché chez chacun d'entre nous (notre groupe étant composé d'un Historien, d'une ex-Historienne d'Art et d'un Touristien, je vous laisse imaginer le carnage) (oui, je sais, Touristien, ça se dit pas) (je fais ce que je veux). Et, merveille des merveilles, est parvenu à nos oreilles le son le plus délectable qui soit ... les balances de son ... Je crois que c'est seulement à ce moment-là que nous avons réalisé que nous allions vraiment le faire, ce concert (oui, on est un peu mous du genou par moments).

Alors évidemment, en bons paniers percés groupisants que nous sommes, le stand de t-shirts nous a appelé de sa douce voix, et chacun est reparti avec un précieux butin. Maurice et moi avons craqué sur un gilet et des badges, Albert sur les badges aussi, une peluche et un album de remix, moi sur un porte-clef supplémentaire. Après une séance photo pour immortaliser nos glorieux faciès devant les arènes (avec Marcelline en photographe officielle), nous sommes partis visiter Nîmes (le bonheur des places numérotées ... on peut se permettre de ne pas faire la queue).

Nous avons commencé par quelques églises (notamment Saint Castor), où Maurice m'a rafraîchi les souvenirs du Pérouse de Montclos, avant de se rendre compte que 31°, ça plombe un dinosaure, et d'aller boire un verre en terrasse. Verres qui ressemblaient à ça :
(ça c'était le mien, un smoothie de fruits avec une boule de sorbet banane et une montagne de chantilly) (je suis une abominable gourmande)
(et le thé glacé d'Albert, avec un bout d'Albert derrière, d'ailleurs)
Là c'est sûr, on le réalise, nous sommes en vacances.

Et puis, forcément, nous avons visité la Maison Carré. Qui est rectangulaire. Enfin, quand je dit visité ... Seulement de l'extérieur, car nous n'avions pas le temps, ni le budget, d'aller à l'intérieur. Mais là est l'intérêt de se trimballer un Historien (outre le fait qu'il trouve des noms de code débiles et qu'il sache faire un créneau), c'est qu'il peut te faire la visite guidée sans te faire déballer un centime. Albert nous a donc fait le commentaire (ma foi très enrichissant) de la Maison Carré (qui est rectangulaire), et nous l'avons écouté religieusement (enfin, jusqu'au moment où j'ai décidé de faire des photos modes en lui vissant ma capeline sur l'occiput) (l'Historien est un être conciliant) (c'est un peu comme une grande poupée qui parle).
(admirez au passage le bleu du ciel) (et constatez par vous-même que la Maison Carrée (qui est rectangulaire) est absolument démentielle (et rectangulaire)
Comme il faisait très chaud, l'Historien a proposé d'aller visiter les Jardins de la Fontaine (et de jeter un œil à la Tour Magne en passant). En fait il faisait aussi chaud dans les jardins, mais plein de choses nous ont fait oublier qu'on transpirait déjà des pieds :

Les sculptures, déjà, absolument PARTOUT. Dans les bassins, dans les escaliers (d'ailleurs les escaliers de Nîmes sont assez particuliers : les romains avaient semble-t-il des gambettes télescopiques), entre les arbres ... Partout. On s'en est mis plein la vue.
Pan !!!
Bon, par contre, détail un peu dégueu, les points d'eau sont absolument immondes. Remplis d'algues pourries et de mousse douteuse, à tel point qu'on se demandait parfois s'il restait vraiment de l'EAU dessous (la photo ci-dessus montre le bassin le plus propre de tout le jardin, et encore, vous ne voyez pas les machins gluants que l'on devinait sous la surface). Et il y avait des carpes koï qui nageaient péniblement là-dedans, et des canards qui traînaient des lambeaux non-identifiés accrochés à leurs papattes. Succulent.

Mais ce qui nous intéressait le plus, ici, c'était le Temple de Diane. Qui n'était probablement pas un Temple de Diane d'ailleurs, mais plus vraisemblablement une bibliothèque (qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour affoler le touriste ...).
Effectivement, cela ressemble à un temple, en ruines, avec des niches un peu partout, des arcades et des frontons, et, détail ô combien exaltant pour les gros gamins que nous sommes, des petits passages dérobés un peu partout, comme dans Indiana Jones. Avec des gravures bizarres sur les murs faites par des Indianas Jones précédents, des "petits" murets à sauter (petits pour Maurice et ses jambes à rallonge, beaucoup moins pour moi et mon mètre 67 qui avait déjà le vertige) (heureusement, Maurice a eu le bon goût de me choper par les genoux pour me faire descendre, mais le mauvais goût de le faire par surprise, engendrant les hurlements de pintade égorgée que je produis généralement dans ce genre de situation). Mais le jeu en valait la chandelle, puisque nous avons découvert une sorte de puits grillagé rempli de cadavres de bouteilles dans un passage entre des racines d'arbres. Puits qui servait vraisemblablement de saladier à sangria pour les orgies avec des piques en fer pour y ficher des chamallows pour les feux de camp et des tranches de pastèque les jours de grande chaleur (en vrai l'Historien n'en savait rien).
Après toutes ces émotions, et un nouveau verre à une terrasse (il faisait TRÈS chaud), il était déjà l'heure de prendre la route des arènes pour (parce que c'était quand même le but, finalement) assister au concert. Les bouteilles étant interdites à l'intérieur (ils veulent notre mort) (on s'est même demandés si quelques uns d'entre nous n'allaient pas finir gladiateurs à l'insu de leur plein gré), nous avons fini notre eau (chaude) avant de pouvoir rentrer, et Albert a acheminé les objets métalliques (un spray de déodorant et ma bombe de laque miniature) qui avaient été refusés jusqu'à la voiture. Et nous avons ENFIN pu entrer.

Et constater que les romains étaient décidément des buses quand il s'agissait de bâtir des escaliers.

Mais une fois à l'intérieur, le choc ...
On s'est pris la claque de notre vie.
Vraiment.
2h20 de concert absolument démentiel, indescriptible, fabuleux, extatique ...

Nous avons eu cette setlist (chaque concert de Radiohead, même d'un jour à l'autre, est unique, ils ne jouent jamais les mêmes morceaux à quelques exceptions près) :

Lucky (en ouverture, c'est exceptionnel, ça nous a emporté illico)
Bloom (chanson d'ouverture du dernier album, que j'ai redécouverte pour l'occasion)
Morning Mr Magpie
15 Step (là j'ai commencé à devenir hystérique)
There There (là je suis VRAIMENT devenue hystérique)
Staircase (que Thom a présentée en tant que "new song")
The Gloaming (avec son lot d'effets sur la voix et une chorégraphie épileptique de Thom)
Separator
I Might Be Wrong (une de mes chansons favorites, j'étais aux anges, d'autant qu'ils la jouent assez rarement)
Pyramid Song (avec Johnny jouant de la guitare avec un archet, tout le monde a décollé. J'ai eu la chair de poule tout du long) (encore une de mes chansons chouchoutes)
Nude (LA révélation. On se tenait les mains tellement l'émotion était forte. Maurice et moi avions la larme à l’œil, je n'osais pas regarder du côté d'Albert pour ne pas fondre en larmes) (standing ovation à la fin, les arènes ont commencé à vraiment chauffer)
Identikit
Lotus Flower/Moon Upon A Stick
Feral
Little By Little

Paranoid Android (là ça a été le début de la fin. C'était LA chanson que tout le monde voulait, le morceau de bravoure de plus de 6 minutes où on a tous pété un câble et envoyé nos bras, reliés par nos mains jointes, un peu partout et dans tous les sens. L'extase)

Premier rappel :
Treefingers (jouée en live pour la première fois, un honneur) (Maurice et moi avons commencé à prier pour qu'ils jouent Everything In Its Right Place, en croisant tous les doigts qu'on a pu croiser)
Give Up The Ghost (qui a eu un début chaotique, Thom s'étant planté dans le rythme et ayant gratifié l'assemblée d'un mémorable et spontané "fuckin' rythm !!")
Videotape (une autre de mes chouchoute, je suis gâtée)
Arpeggi
Full stop


Deuxième rappel :
Everything In Its Right Place (ENFIN !!) (les arènes nous ont perdus, Maurice et moi) (preuve que le mojo-de-doigts MARCHE)
Idioteque (foule en délire, lumières stromboscopiques et chorégraphie très discutable de Thom)

Troisième rappel :
Reckoner (la chanson a été dédiée à Scott Johnson, l'un des techniciens du groupe, décédé lors de l'effondrement de la scène à Toronto) (son visage était affiché sur les écrans géants, l'émotion était palpable) (j'ai eu bien du mal à retenir mes larmes).

Et puis c'était fini. L'espace d'un battement de cœur, tout était terminé. Nous sommes sortis des arènes avec l'impression de flotter à vingt centimètres du sol. Emportés par l'euphorie, Albert est allé se prendre lui aussi le fameux gilet, tandis que Maurice et moi avons finalement acheté le t-shirt du concert, en guise d'uniforme. Personne n'avait envie de repartir, nous sommes donc allés faire un débriefing à chaud à la terrasse d'un café (après avoir enfilé nos t-shirts, Maurice et moi) en sirotant des boissons-madeleine-de-Proust.
2h du matin et des yaourts, nous avons repris la route, tristement. Albert a conduit courageusement, soutenu psychologiquement par Marcelline, Maurice et moi avons sommeillé à l'arrière en écoutant ... Radiohead. Quelques fous rires et une chorégraphie plus tard sur une aire d'autoroute (où il commençait à meuler sévère), Albert a repris le volant, Maurice et moi avons sombré comme des sacs dans les bras de Morphée jusqu'à Big City (et avons récolté pour le prix de notre abandon quelques dossiers photographiques des plus sadiques et ignobles).

Puants et en vrac comme des chacals morts sur l'autoroute, nous avons pris un petit déjeuner à Big City avant de regagner Home City, Marcelline et moi, et de revenir à la réalité ... Tout doucement.
 
 
He's my
Jedi Master
He taught me everything I know
Jedi Master
How to use the force he showed
He's my Jedi Master
Jedi Master
He makes tasty lemonade
Jedi Master
He's green but I like him
He's my Jedi Master
Go Yoda !
The Jedi Master .:. Yoda Pop

Oui.
Je sais.
C'est la classe.
 
 
There's a drumming noise inside my head that starts when you're around
I swear that you could hear it
It makes such an almighty sound
There's a drumming noise inside my head
That throws me to the ground
I swear that you should hear it
It makes such an all mighty sound
Drumming Song - Florence + The Machine

Non, je ne vais pas vous parler de Pâques.
(Je ne fête pas Pâques, moi, môôôsieur, je suis païenne-traine-poulaines, moi môôôsieur, je ne fais que céder à la tentation promue par les supermarchés en m'empiffrant de chocolats, moi môôôsieur) (d'ailleurs j'ai trouvé des MOUTONS en chocolat avec un air affreusement niais trop génial, j'en ai déjà mangé un, et il était vraiment bon) (et on s'en fout carrément, là n'est pas le propos).

Non, je ne vais pas non plus vous parler du lapin qu'on a disséqué avec les collègues sous les yeux horrifiés/passionnés (il faut de tout pour faire un monde) d'une classe de CM1 le mois dernier (sachez juste qu'on l'a fait à l'insu de notre plein gré et que franchement, avec du recul, on s'est dit qu'on aurait probablement du partir en claquant la porte quand on nous a "proposé" l'idée).

Je ne vais pas non plus faire de la pub pour une marque de légumes en boîte (je suis tombée bien bas, mais pas à ce point, tout de même).

Et je ne vais pas non plus continuer à vous farcir l'occiput de tous les trucs en rapport avec un lapin dont je ne vais pas vous parler, parce que moi aussi, ça commence à me les hacher menu.

Bref, je vais vous parler musique.
Une découverte qui n'en est pas vraiment une, parce qu'elle date un peu quand même, et que ça fait des mois que je me dis que je devrais en parler un peu ici, mais la procrastination étant ce qu'elle est ...
Voilà quoi.

J'ai découvert Florence + The Machine d'une manière tellement honteuse que je vais me faire un plaisir de la raconter (oui, j'ai un côté masochiste).
J'ai écouté la B.O. de Twilight.
Bon, que les choses soient claires : j'ai vu le premier Twilight, je me suis fait chier comme un rat mort (je me tapais des fous-rires avec la copine avec laquelle j'étais allée le voir, tellement c'était niais, on s'est fait siffler par des ados pleines de piercings et de mèches roses, c'était marrant), et j'ai lu les quatre tomes (oui, je suis masochiste ET suicidaire) qu'une copine (pas la même, vous vous en doutez) m'avait prêtés, tomes qui m'ont encore plus barbée si c'est possible, et encore plus secouée de rire à chaque page.
Mais cela dit, il y a une chose que je dois reconnaître, c'est que les B.O. de ces nanards ne manquent pas toujours d'intérêt (bon sang, il y a du RADIOHEAD sur la première, rendez-vous compte !), et que du coup, prise de curiosité, j'y ai jeté une oreille.
Je n'ai pas accroché à grand chose, mais une chanson en particulier a retenu mon attention : Heavy In Your Arms.
Cette voix féminine si grave et mélodique à fois, ce texte si ambigu, cette musique lourde, sourde, frappante, pesante, ces accords de guitare saturée et ces beats de batterie en trame directrice m'ont transportée immédiatement. Je me suis mise à l'écouter en boucle. Et puis quand même, au bout d'un moment, j'en ai eu un peu marre d'écouter tout le temps la même chose, et je me suis dit que je passais peut-être à côté d'une myriade de morceaux tout aussi chouettes.
Donc, j'ai fait comme tout le monde au XXIème siècle : je suis allée sur Youtube, et j'ai cherché ce fameux groupe. J'en ai écouté une, puis, deux, puis trois, puis dix. Le lendemain, je suis allée m'acheter les deux albums (Lungs et Ceremonials) à la Fnac (en plus c'était le jour 4 CD pour 20 euros, vous pensez que je me suis sentie vernie, et que pour la forme je me suis aussi pris deux petits Led Zep des familles).

En un mot comme en cent, cette nénette envoie du pâté. Déjà, elle a un univers, un look, un décor totalement Tim Burtonien, déjanté, décalé, atypique, qui me plait énormément. Les livrets de ses albums ressemblent à des photos prises dans des cabinets de curiosité, remplies d'objets bizarres, de bestioles naturalisées, de robes à dentelle XVIIIème, de senteurs un peu morbides mais tellement fascinantes.
Ensuite, elle a des textes absolument géniaux. Intituler une chanson "My Boy Builds Coffins", affirmer qu'un baiser avec un coup de poing dans la gueule vaut mieux que rien du tout, ne faire dormir une fille que d'un oeil parce que cette §%µ$ vous a trahie et qu'elle sent maintenant poindre les représailles, chanter un hymne aux chambres à coucher, aux percussions, parler d'amour et en même temps de noyade, d'exécution et de sacrifice, il fallait oser.
Et sa musique est tout aussi atypique qu'elle, souvent lourde, menée par la batterie, parfois plus légère, presque féérique, scintillante. Elle vous transporte ailleurs, dans un univers imaginaire, une sorte de Pays des Merveilles aussi décalé que celui de Lewis Carroll, incroyablement beau, mais aussi effrayant et absurde.
A mon humble avis, cette fille est à la musique ce que Tim Burton est au cinéma : une impératrice du bizarre, du macabre-merveilleux, qui met un peu mal à l'aise au premier abord parce qu'on sent bien qu'au fond elle est totalement cinglée, mais qui fascine parce que sa folie est tout simplement une véritable oeuvre d'art qu'on ne se lasse finalement plus d'écouter.
(oui, je l'aime à la folie, vous l'aurez compris)
(en plus on est du même millésime toutes les deux, c'est forcément quelqu'un de bien)
(et elle est rousse) (CQFD)

Allez y jeter une oreille, ou même deux, trois si vous en avez en rab.
Le voyage vaut franchement le détour.
 
 
Some boys try and some boys lie but
I don’t let them play, no way
Only boys who save their pennies
Make my rainy day, ’cause we are
Living in a material world
And I am a material girl
Material Girl .:. Madonna

Ces derniers temps, j'ai tellement croulé sous le boulot que j'ai bien cru que j'allais finir en hôpital psychiatrique. Entre le corps qui pète un câble pour te faire comprendre que non, non et non, il n'ira pas plus loin sans te casser en trois, le mental qui dérape en te muant en bulot neurasthénique et la fatigue accumulée qui te fait voir le monde en camaïeu de gris brumeux depuis les fentes bouffies qui te servent d’ersatz d'yeux, il restait peu de place pour la joie, les fleurs en boutons et les pitites colombes qui font rourou dans la brise printanière.

Heureusement, les Dieux dans leur infinie bonté ont eu la belle inspiration d'inventer l'antidote (non, pas le Nutella, quoi que, une panacée pareille mérite d'être ovationnée) (avec les macarons caramel-beurre-salé et les McVities au chocolat) : les VACANCES.

Les vacances, c'est ce truc génial qui revient cycliquement (un peu comme les coquelicots chez les filles, mais en moins fréquent (dommage) et moins diaboliquement chiant (dommage bis)) pile au moment où tu te dis que non, décidément, tu n'aurais pas tenu un jour de plus, ni même une heure de plus, ni même une minute, ni même une seconde, ni même une nano-seconde (oui, j'ai regardé Heroes).
C'est exactement ce qu'il s'est passé vendredi soir.

Bon, pour te remettre dans le contexte, cette semaine a été une semaine de merde. Une vraie de vraie, avec des merdes tous les jours, une photocopieuse en panne (tu as idée de ce que représente une panne de photocopieuse dans une école primaire quand tu n'as presque pas de manuels et un double-niveau ?) des collègues malades et poissardes aussi, une énorme angine purulente qui voudrait bien te coller au lit alors que tu ne PEUX PAS être absente parce que ta collègue l'est déjà, qu'elle n'est pas remplacée, que tu dois prendre ses élèves en plus des tiens et leur faire passer une évaluation nationale qui aurait déjà du être faite trois semaines plus tôt, le tout en gérant ton propre business et en semblant fraîche et dispose parce qu'évidemment, tu es visitée trois jours de suite, que tu dois boucler les bulletins, recevoir les parents pour le débrief' du trimestre et faire tes vœux pour ton affectation l'an prochain sur une plateforme informatique qui rame tellement qu'elle met 23 minutes pour charger une page.

Donc forcément, quand les vacances sont arrivées, si j'avais eu la force, j'aurais bien entamé un pas de danse tamoul autour d'un chandelier allumé dans mon salon en hurlant God Save The Queen à plein poumons, drapée dans un rouleau de cellophane fushia, mais j'ai préféré opter pour une réaction plus conventionnelle : je suis allée me coucher.
Mon réveil a sonné samedi matin pour ma répétition de guitare, je me suis rendormie comme une limace morte. Bon, je me suis réveillée à la deuxième sonnerie et j'ai filé aussi vite que j'ai pu, mais ça te donne quand même un aperçu de ma brillante forme physique (et j'ai été un vrai pâté, je me suis plantée dans ma grille d'accord (cela dit, on s'est TOUS plantés au même endroit, mais d'habitude je suis plutôt attentive à ce genre de trucs), j'ai échappé mon mediator deux fois et je crois n'avoir jamais autant lâché de jurons pendant une répét (mes compatriotes ont saigné des oreilles)).

Et puis j'avais appris plein de mauvaises nouvelles qui m'avaient un peu mis le moral dans les ballerines (oui, j'ai acheté des ballerines, des chaussures PLATES, il va pousser des kumquats en Sibérie). Du coup, je me suis dit que la meilleure manière de me remonter le moral, c'était d'aller voir ma maquilleuse préférée à Marionnaud.

C'est dans ce genre de circonstances que je m'aperçois que je suis d'une faiblesse affligeante.
Je suis une incorrigible afficionada de Guerlain depuis longtemps, et je possédais déjà Idylle et Shalimar Initial, mais je dois bien avouer que La Petite Robe Noire m'a bien eue. Cette petite odeur de cerise par-dessus la fameuse Guerlinade, ce petit effluve sucré terriblement gourmand, et puis ce flacon, ce flacon ... Le même que L'Heure Bleue et Mitsouko, revisité avec un beau dégradé brun-rouge dans le verre et la fameuse robe noire en impression au dos ... Yum yum !
(et vous voyez aussi au premier plan mes bijoux de tueuse d'oiseaux : des boucles d'oreilles en plumes de paon et une bague "crâne-de-moineau-mort" de chez Rings & Tings)

Le pire, c'est que j'ai aussi investi dans un mascara (Inimitable, de Chanel) (pour tenir compagnie à mon Illusion d'Ombre, dont je suis tombée amoureuse récemment), deux vernis à ongles (toujours chez Chanel, le rouge Fire, affreusement classe, et le ... le quoi au juste ? Le chatoyant, le gris-bleu-violet-prune-arc-en-ciel, l’indéfinissable Black Pearl) et last but not least, un Vernis à Lèvres d'Yves-Saint-Laurent (ce truc est une tuerie : non seulement il est juste magnifique, intense, brillant, confortable, mais en plus il est plus tenace qu'une bernicle sur un rocher : je l'ai mis à 7h du matin, j'ai parlé, j'ai mangé, bu, reparlé, re-bu, re-mangé, et à 22h il était toujours là, à peine moins brillant. Jamais vu ça).

Après toutes ces émotions, je suis allée prendre un peu le soleil sur mon balcon. J'ai eu l'impression d'être en vacances, et j'ai tout d'un coup réalisé avec une explosion de satisfaction et de plénitude qu'en fait, ce n'était pas une impression.

Noms de Dieux, je suis en vacances !
Raaaaaaaah !

Bilan de ce premier day off : ce matin, je me suis réveillée à 10h23, avec Boats de Rams' Pocket Radio dans la tête et une magnifique marque d'oreiller en travers de la tronche.
J'ai bouffé des lasagnes veg' en pyjama devant un épisode de Once Upon A Time (et ma marque d'oreiller se voyait encore) (j'en tire une gloire incommensurable).
J'ai traîné toute l'après-midi en chaussettes-pas-coiffée-pas-maquillée-pas-habillée (mais parfumée, je ne peux pas m'en empêcher) et je n'ai fait que des trucs qui ne servaient strictement à rien.

Bon sang.
C'est la vraie vie.
Top, short et capeline : H&M
Collants : Lafayette
Sandales : Zara
 
 
A symphony
Slow music of longing
Plays in movements
Inside your head
There are no ghosts
No ghosts that can shake you
Like they used to
Anymore
The Symphony - Snow Patrol

Lors de mon dernier passage à Paris (je vous ai déjà dit à quel point j'aimais Paris ?) (oui, je l'ai déjà dit) (mais je le redis) (j'aime Paris de toutes les forces de chaque fibre de mon être), je suis tombée, presque par hasard (on va dire que je ne m'y attendais pas et que je n'étais pas franchement dans un mood de "découverte musicale super chouette qui remue les intestins") (c'est poétique, je sais) sur un groupe de pop rock nord-irlandais dont je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous parle, pour une poignée de bonnes raisons :

1) De nos jours, où allumer la radio revient à infliger à nos tympans la torture d'une poignée de nanas siliconées qui couinent en maillot de bain, une découverte musicale qui tient la route est toujours on ne peut plus salutaire.
2) J'ai promis au chanteur de ce fameux groupe de lui faire de la pub, et comme je n'ai qu'une parole, je m'y tiens.
3) Les irlandais sont mes amis, qu'ils soient du nord ou du sud, roux ou bruns, qu'ils carburent à la bière ou au whiskey (voire à la gnôle de pomme de terre, mais c'est un autre débat).

Ce fameux groupe s'appelle donc Rams' Pocket Radio (oui, moi aussi j'ai mis trois jours à m'en souvenir avant de pouvoir le taper d'un coup sans chercher sur Google), et est composé d'un chanteur-claviériste-batteur-fou-maître-Jedi (le fameux avec lequel j'ai papoté un bon moment) (qui s'appelle Peter McCauley, soit dit en passant), d'une bassiste chanteuse qui a le bon goût d'avoir la même couleur de cheveux que moi (c'est à dire un roux flamboyant qui devrait être indemnisé par EDF), d'un batteur bien tonique et d'un guitariste qui grattouille joliment une Stratocaster.

Après avoir jeté une oreille, puis deux, puis trois (la troisième n'était pas à moi) (ne cherchez pas) à leur musique, et avoir enfin décrété que c'était bon pour ma santé, j'ai donc discuté un peu avec le fameux Peter (un garçon vraiment charmant) (irlandais, je vous dis). Forcément, même si depuis quelque temps je m'étais promis de ne plus faire dériver les conversations vers des sujets qui pourraient me porter préjudice (après avoir raconté que je m'étais fait mordre la cheville par un goujon dans une rivière au vendeur du Comptoir Irlandais), on a fini par se raconter nos vies et à dévier quelque peu de notre échange original (qui pouvait se résumer à un "oh bon sang, les mecs, vous envoyez du pâté").
Immanquablement, il m'a demandé d'où je venais. N'ayant pas de carte de France à lui exhiber fièrement sous le nez pour lui cartographier mon trou à rats, j'ai tenté d'expliquer maladroitement que je venais d'une petite ville perdue en plein milieu de la France. Ce à quoi il a répliqué, avec un sourire amusé, un "ah ah, country girl !".
Me suis jamais sentie aussi bouseuse. Du coup, peut-être par un sursaut de fierté mal placée, j'ai précisé très inutilement que j'étais "school teacher" (il devait s'en foutre comme de sa première pinte), mais l'image de Laura Ingalls s'est tellement immédiatement imprimée dans mon esprit que j'ai regretté illico ce que je venais de dire.
Mais du coup, il a du se sentir en confiance (entre expat', on se comprend, j'imagine), et, sur le ton de la confidence, presque gêné, il m'a demandé si je m'étais promenée dans le parc de la Villette (il aurait sans doute mieux fait d'aller traîner ses Converses du côté de Rivoli, mais bon, je dis ça, je ne dis rien). Il se trouve que oui, j'avais déjà flâné dans ce coin-là. Toujours sur le ton de la confidence (je me suis vaguement dit qu'il avait peut-être des liens avec la mafia), il m'a alors demandé : "Mais euh ... Tu ne trouves pas qu'il y a des gens bizarres qui trainent dans le coin ?".
Ha ha.
Comme je lui ai dit, "mon ptit bouchon (enfin, je l'ai tourné autrement hein) (je ne sais pas dire bouchon en anglais) (apparemment, c'est "cork", j'ai vérifié en rentrant) (ne me remerciez pas) si tu veux vraiment voir des gens bizarres, prends le métro."

Parce que oui, s'il y a une chose que j'adore plus que tout à Paris (et que je hais parfois tout autant, d'ailleurs), c'est le métro.
Si vous avez déjà pris le métro et que vous regardez Bref, vous savez alors que c'est blanc, carrelé, que ça pue, bref, que c'est comme 215 km de chiottes en-dessous de Paris (et qu'effectivement, je confirme, il y en a qui confondent).
Mais outre l'aspect dégueu de la chose, il y a quand même de bonnes raisons de prendre le métro à Paris :
1) Bon, déjà, ça représente quand même une sacrée portion de la capitale, et c'est tout de même LE transport en commun le plus utilisé par les bipèdes là-bas (qu'on y soit autochtones, touristes, SDF, terroristes ou padawan) (ou un peu tout ça à la fois). Ce qui fait que la plupart des gens y passent une importante partie de leur vie (d'où le fameux "métro-boulot-dodo"). Le meilleur, comme le pire. Bref, tu ne peux pas dire que tu as vu Paris si tu n'as pas vu le métro. CQFD.
2) Il y a encore parfois des musiciens à la sauvette, qui peuvent soit te mettre les oreilles au court-bouillon du supplice (cf l'accordéoniste édenté du RER B qui m'a beuglé Mon Amant de Saint Jean en pleine tronche à 7h du matin), soit carrément te donner des frissons et te tirer des larmes d'émotion à te suicider le mascara. Comme cette fille-là, par exemple (oui, j'ai pleuré dans le métro, mais comme j'étais sur le point de repartir, je ne sais pas vraiment si c'était une expression lacrymale de plénitude ou de chagrin) :
3) Et puis, donc, comme je le disais à Peter, dans le métro, il y a des gens bizarres. Mais alors, vraiment bizarres. Pas le type qui va porter un bonnet à pompons avec un costard cravate, non, du vrai, du lourd, du carabiné. Du bizarre de compét'. Comme ce type qui reniflait des pages de magazines et semblait y prendre un plaisir tellement intense que c'en était presque obscène, et tentait de persuader une pauvre femme assise à côté de lui d'en faire autant, à grands coups de borborygmes incompréhensibles. Et le plus bizarre (parce que oui, il y a quelque chose de plus bizarre encore, si si) c'est qu'il n'avait pas d'ongle. Pas d'ongle du tout. Juste de la peau, fripée, comme pleine de cicatrices, à la place.

Enfin bref, toujours est-il que, une chose en entraînant une autre, on a fini par parler de Snow Patrol (parce que figurez-vous que Rams' Pocket Radio a fait la première partie de Snow Patrol dans certains concerts européens) (et puis j'avais un sac Snow Patrol pendu à l'épaule et un téléphone portable qui sonnait en beuglant Called Out In The Dark). Il m'a donc demandé si je les avais déjà vu en concert, et, voyant mon enthousiasme (c'est à dire l'étincelle de groupitude qui avait du s'allumer dans mon œil de mérou frit) en évoquant ces grands moments d'amûûûr musical, m'a demandé si j'étais fan (je hais ce mot) (il est tellement chargé d'hystérie malsaine, de nos jours) (on pourrait limite en faire un synonyme de terroriste). Ce à quoi j'ai répondu qu'évidemment, si je ne les aimais pas, je n'aurais jamais fait le voyage exprès pour les voir depuis le trou du cul du monde.
Cette constatation a semblé le plonger dans des abysses d'hilarité.

(Quand je pense qu'au départ je voulais simplement vous dire d'écouter sa musique) (mais mon cerveau est un peu à ma prose ce que le métro est à Paris) (enfin, cela dit, écoutez quand même sa musique)

(sinon, puisqu'on est dans le racontage de vie, il y a une autre chose que j'aime à Paris : les touristes japonais) Lors de mon dernier passage (le lendemain de la fameuse conversation avec Peter, d'ailleurs) je suis allée prendre mon petit déjeuner au carrousel du Louvre. J'adore faire ça quand je suis seule à Paris : j'y vais un peu avant l'ouverture des magasins, je prends un cookie et un latte caramel au Starbucks, et je vais me poser un peu sur un banc en regardant les gens s'affairer partout comme des fourmis : les commerçants qui ouvrent leurs boutiques, les touristes qui commencent à affluer, et, last but not least, les japonais.
Qui portent des masques sur le nez alors qu'ils viennent d'un pays qui est sans aucun doute l'un des géants du nucléaire et de la pollution toute catégorie. J'adore.
Et ils se déplacent. En banc, comme des petits poissons. Et ils vont super vite. Ils te vident une devanture Chanel en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Superqualifragilistiquexpialidocious. Et ils font des photos. De tout. Tout le temps. J'adore.

Bref, pour en revenir à nos moutons irlandais, voici une petite liste de liens si vous voulez jeter une oreille (ou deux, ou trois si vous avez des amis ou un caryotype bizarrement constitué) à Rams' Pocket Radio :

Leur Facebook (pour leur dire que vous les aimez en levant le pouce tel un empereur romain).
Leur Myspace (pour se tenir au jus de leur actu) (parce que ça rime) (et que j'ai le cerveau spongieux).
Leur blog (pour en rajouter une couche) (ou une louche) (ou une mouche) (une babouche ?).
Leur page SoundCloud (pour y jeter trois oreilles) (mais pensez à les récupérer, après) (vos oreilles, je veux dire).

Ah, et puis j'ai trouvé une photo qui a été prise le fameux jour de la fameuse conversation avec le fameux irlandais et ses fameux copains. Elle n'est pas de moi, mais si son propriétaire passe par ici, je me ferai un plaisir de faire un lien vers son blog, s'il en a un (disons que c'est pour vous donner une idée de l'ambiance échevelée (au sens propre et au figuré) de ce petit meeting improvisé) :
Peter est tout à gauche, Shauna la bassiste est au centre (et vous avez donc un aperçu de ma nouvelle couleur de cheveux) et à droite, il me semble qu'il s'agit du guitariste. Ou du batteur. Bref, l'un des larrons du groupe. Mais je ne l'ai pas rencontré personnellement.

Bon, je vais me coucher, le tchouk ball m'a tuée.
C'est sans doute le sport le plus débile que j'ai jamais pratiqué (et pourtant j'ai failli finir championne du monde de lancer de crêpe trop cuite) (mais il semble que mon plafond manque quelque peu d'adhérence).
 
 
I love Paris in the spring time
I love Paris in the fall
I love Paris in the summer when it sizzles
I love Paris in the winter when it drizzles
I Love Paris - Ella Fitzgerald

Je ne me suis jamais vraiment vue comme une citadine. Peut-être parce que je vis dans un misérable patelin de la diagonale du vide (spéciale dédicace à mes compatriotes géographes) et que je n'aime rien tant que le silence cuicuitant de la cambrousse profonde, mais il y a néanmoins un paradoxe.
J'adore Paris.
Bon, peut-être parce que je n'y vis pas, que je n'y ai que des bons souvenirs (mais vraiment que des bons, pas un mauvais, c'est suffisamment exceptionnel pour être souligné, car même un lieu que j'aime aussi passionnément que le Mont-Saint-Michel a parfois encore quelques relents amers dans mes souvenirs brumeux), et que les parisiens m'ont toujours énormément amusée. Mais c'est un fait. Chaque fois que je vais à Paris, je chouine comme une sale gosse quand il faut que je reparte.
Cette fois-ci n'a pas fait exception, d'autant qu'en plus le séjour a été amputé des trois quarts de la durée qu'il était censé avoir initialement (du coup je présente mes plus sincères excuses pleines de larmes de regrets douloureux (tout ça) à mon Homonyme chérie, à ma Valiel en sucre d'orge et à mes cousines que j'aime, mais j'ai du réduire considérablement mes projets là-bas) (ceci dit, ce n'est que partie remise, je reviens en mars) (et puis sans doute encore après, si la SNCF n'a pas explosé d'ici-là). Deux jours dans la capitale, vous me l'accorderez, c'est de la noisette pilée. Un de ces jours, il faudra que j'arrive enfin à me bloquer une semaine pour pouvoir jouer l'immersion totale dans le métro et me prendre pour une vraie égérie d'Yves Saint-Laurent en me baladant en trench coat sur les ponts à 5h du matin (si tu ne vois pas de quoi je parle, clique ici, espèce d'inculte).
Mais bon, même un court séjour permet tout de même de s'en mettre plein les mirettes.
Petite review façon carnet de voyage griffonné sur une serviette en papier (chipée au café Pouchkine, tant qu'à faire).

Vendredi matin (l'empereur, sa femme et le p'tit prince) (pardon) (vous l'avez dans la tête maintenant, hein ?), après une collation express dans un salon de thé (où les cuillères n'existent pas, j'ai épongé la mousse de mon cappuccino avec un reste de sandwich), direction le Musée Impérial de la Mode et du Superflu (MIMS pour les intimes), j'ai nommé les mythiques Galeries Lafayette du boulevard Haussmann, histoire de se mettre temporairement dans la peau d'une Blair Waldorf en herbe.
Jupe et top Promod, collants Dim, blazer Zara, veste Etam, on a vu mieux. On camoufle tout ça avec un petit coup d’esbroufe, bottes BP Zone et sac Ed Hardy (alias Christian Audigier, qui a disparu de la circulation depuis) (mais ça donne un petit côté collector à ses créations), on prend son plus bel air snob et on marche sur une ligne invisible, histoire de donner le change.
Peine perdue. Les gens autour de moi sont peut-être sapés dans des fringues griffées, mais logos mis à part, ils sont aussi ploucs dans l'attitude que les mégères dans les rayons du Monop' le dimanche matin. Décidément, le luxe a pris du plomb dans l'aile. J'ai parfois l'impression d'être encore dans le métro, boutiques en plus et relents d'égouts en moins.
Cela dit, j'en ai pris plein les mirettes, surtout à l'espace chaussures, où je m'arrêtais à peu près toutes les 12 secondes pour couiner mon ébahissement devant les modèles outrageux de beauté (mention spéciale aux peep toe pailletés de Miu-Miu et aux escarpins façon dentelle de Dior). Et les bâtiments sont tellement somptueux ... J'ai passé pas mal de temps du côté des parfumeurs, aussi, malgré mon très récent craquage sur du Guerlain (un coup de foudre déraisonnable pour Idylle, mais qui embaume tellement délicieusement que je suis bien incapable de le regretter), et parmi les livres de l'étage librairie.
Le point négatif ? La chaleur. J'ai eu l'impression d'être dans un sauna, brûlée par les spots dans l'air étouffant, mon blazer et ma veste sous le bras, les pieds au supplice dans mes collants en angora (mais quelle idée de mettre des collants en angora, aussi ?) (d'autant que j'ai passé les jours à - 16° dans des collants en nylon, logique). Mais bon, comme dirait l'autre, il faut ce qu'il faut, ma p'tite dame.
Dans mon immense bonté, je veux bien partager quelques unes des photos que j'ai prises ce jour-là :
La fameuse coupole bleu-soleil des Galeries Lafayette, merveille néo-byzantine éblouissante depuis 1912.
Les balcons, très théâtre à l'italienne. On s'attendrait presque à trouver un opéra en bas en se penchant au-dessus des balustres, mais ...
... Mais non.
En bas, c'est le paradis des parfumeurs et des cosmétiques de luxe, qui donneraient presque envie de passer plus de temps dans la salle de bain chaque matin.
Avec notamment un très beau rayon Guerlain (je vous ai dit à quel point j'aimais Guerlain ?), plein de jolis flacons parfumés, dont une version godzillesque de mon Idylle chéri, qui m'a semblé bien riquiqui quand je l'ai retrouvé le soir venu.

Et puisqu'on parle de démesure ...
J'ai trouvé le plus beau contenant de toutes les Galeries :
Le pot de 5 kg de Nutella. Au beau milieu de pots d'une marque qui porte bien son nom, je trouve ...

Bon, comme tout ça m'avait donné faim, j'ai fait ma midinette, et je suis allée m'acheter un macaron au Café Pouchkine du Printemps (j'ai été très déçue par le Printemps, d'ailleurs, qui n'est finalement qu'une version copiée-collée des Galeries, alors franchement, à quelques mètres seulement, à quoi bon ?)
Bon, là-bas les petites douceurs coûtent la peau des yeux, mais l'estomac ayant ses raisons que la raison bancaire ignore, je suis partie avec un macaron Pouchkine (la spécialité de la maison) qui est probablement le truc le plus démentiellement bon que j'ai jamais mangé de toute ma vie de gourmande incorrigible (pour info, c'est le macaron doré au premier plan sur la seconde photo).

Et puis bon, comme je ne peux pas décemment acheter quoi que ce soit d'autre qu'un macaron dans ce genre de magasin, je suis allée m'acheter une robe.
Chez H&M.

Apès toutes ces émotions, je me suis accordé un de mes loisirs favoris quand je suis à Paris : aller regarder les gens courir dans le métro à l'heure de pointe (oui, je sais, j'ai des hobbies discutables), avant de regagner mes pénates temporaires pour plonger dans le coma touristique jusqu'au lendemain matin.

Lendemain matin où se tenait le second round de mon séjour de blondasse :
Inutile de préciser que j'ai eu la chanson de Joe Dassin dans la tête toute la journée.
Du coup j'ai fait une belle photo de touriste (en survolant les têtes des troupeaux de japonais qui galopaient partout) :
Et puis bon, comme j'aime Guerlain plus encore que de nourrir les canards avec des tuiles aux amandes LU dans les jardins publics ... :
J'ai brièvement eu la merveilleuse musique de la pub Samsara dans la tête (encore une chose que j'aime chez Guerlain : les musiques de ses spots publicitaires. Franchement, mélanger Muse et la parfumerie, il fallait oser) (et j'aime bien les deux versions d'Idylle, le petit côté "Je-ris-de-me-voir-si-belle-en-ce-mirôôôiiir" et le clip "Je-n'ai-d'yeux-que-pour-touhâââ") (et puis je suis faible, j'aime bien Thomas Dutronc quand il ne chante pas).
Malheureusement, un panneau plus tard, j'avais de nouveau Joe Dassin en boucle dans les neurones.

Et puis comme jouer les blondes pleines aux as a commencé à me lasser (d'autant que je ne suis ni blonde, ni pleine aux as), j'ai filé au Museum d'Histoire Naturelle, pour réveiller un peu la flaque de matière grise qui se liquéfiait béatement sous ma boîte crânienne en admirant des bêbêtes mortes (citation empruntée à mon alcoolique expatrié).
D'ailleurs j'ai bien rigolé devant les squelettes de cochons d'Inde, en pensant benoîtement à mes bébés d'amour :
(saleté de reflet)

Ce que j'adore dans ce musée, c'est que les conservateurs n'ont jamais manqué d'humour, malgré le côté très sérieux et académique de l'expo permanente de la Galerie de l'Evolution.
En témoigne le fameux Clou de l'Exposition, habilement caché parmi les dizaines de vitrines et les centaines de spécimens, qui me fait toujours autant sourire à chaque fois que je le retrouve :
Et puis, évidemment, je suis allée faire un petit coucou à mes amis de toujours, les bêbêtes mortes préhistoriques de ma période pré-hystérique, alias dinosaures et tralala :
(Je vous épargne les photos que l'on retrouve dans les livres et sur les cartes postales, je n'en vois franchement pas l'intérêt puisqu'on peut les retrouver partout) (je préfère les angles un peu atyiques, comme un bon macro sur les vertèbres du Diplodocus)
(Ou un petit In My Arms avec un Iguanodon)

Mais j'aime bien ma photo touriste de l'Allosaure, et le type dessous a tellement un air louche que je ne résiste pas à la poster quand même :
J'adore cet endroit.
Bon, outre le fait que j'adore les squelettes de bêbêtes mortes et les trucs gluants conservés dans du formol, j'aime aussi l'aspect sage et académique du museum, son côté Cabinet de Curiosité géant, et le sentiment de petitesse qu'il me procure toujours quand je me dis que nous ne sommes décidément qu'un misérable amas de chair et d'os mû par un mécanisme tellement complexe qu'il en dépasse l'entendement.
Et puis j'aime les musées, leur odeur, leurs couleurs, le puits de sagesse et de connaissance qu'ils constituent encore au beau milieu d'un univers bassement matérialiste.
J'aime m'asseoir sur un banc et tendre l'oreille aux commentaires des enfants.
"Mais papa, tu imagines toutes les connaissances qu'il y a dans tous ces cerveaux ?"
"Et ben moi, si j'étais une tortue, je serai une toute petite, parce que les grosses carapaces, ça doit être long à laver"
"Le serpent en fait il a pas de pattes parce que ça lui sert à rien"
Et j'aime aussi entendre les questions idiotes des adultes :
"Ils sont conservés dans l'eau, les organes ?" (dans le vernis à ongles, ça marcherait sans doute mieux)
"C'est quoi des viscères ?" (sans doute un truc en rapport avec un tournevis)
Fiou.
Tous ces éclats de sagesse, ça me désaltère.

Et après un passage éclair dans un café avec des copains, il a été l'heure de prendre le train du retour, lui aussi digne d'un roman (de gare, probablement). Mon voisin de couloir, profondément endormi sous les effets sans doute conjugués de l'alcool et des pilules fluos, a fait le mort pendant trois bonnes heures avant d'être réveillé par un contrôleur exaspéré, à la gare de Saint Florent, après avoir été abandonné dans le train par son (soi-disant) copain descendu à Vierzon.
J'ai boulotté des Pims' et des cookies pendant tout le trajet, en croisant les doigts pour vite pouvoir refaire le trajet en sens inverse.
 
 
You hit me once
I hit you back
You gave a kick
 I gave a slap
You smashed a plate
Over my head
Then i set fire to our bed
Kiss With A Fist - Florence + The Machine

Depuis vendredi soir, je suis en vacances.
Bon, bien sûr, j'ai passé les nuits de vendredi et de samedi à rêver du boulot, mais au moins, en me réveillant le matin (sans réveil, alors qu'il fait jour dehors et que j'ai pu baver impunément sur mon oreiller et observer avec un œil plein de fierté les multiples marques de drap qui tatouent mes joues et mes épaules), j'ai la glorieuse satisfaction de me dire que je n'ai absolument rien à faire.
Du coup je ne fais rien.
Je suppose que si j'étais un chat, là, maintenant, je ronronnerai avec l'ardeur d'un turbo diesel.

Il faut dire aussi que la dernière semaine a été éprouvante. Deux visites professionnelles, deux jours d'affilée (arrivée au boulot à 6h58, woohoo), des heures sup' le mercredi matin (ça a piqué très fort), et la nouvelle bonne résolution de ne plus jamais boire en semaine (plus jamais) (surtout deux fois) (surtout avant de conduire) (surtout à la pause de midi).

Franchement  j'en venais à être au bord de la crise de nerfs (peut-être parce que j'ai encore rêvé de mygale jeudi, et que ce genre de cauchemar vous flingue une journée en trente secondes chrono) (et puis je me suis mise à acheter Cosmopolitan, ça n'a sans doute pas amélioré mes capacités cognitives).
Mais l'oisiveté étant la mère de tous les vices (bon, je ne suis pas toujours d'accord avec ça, surtout quand j'ai juste envie de faire le bulot narcoleptique sur mon canapé devant un épisode de Gossip Girl), squatter le sofa en faisant flamber Georgette ma Tassimo ne serait pas raisonnable alors que j'ai désormais de quoi glander au Louvre gratuitement (hiii) et retourner au Comptoir Irlandais au moins une fois par semaine (ils devraient ériger une statue à mon effigie sur le parking en face) (en bergère alcoolique) (après tout on veut bien donner la bobine de Carla Bruni à une ouvrière en bronze à Nogent-sur-Marne).

Bon bon bon, je crois que le moment est arrivé. Attachez vos Louboutins.

Les Gueux de l'Amour, saison 4
(yes we can)

Bon, souvenez-vous. Sandy avait finalement découvert la malédiction planant sur sa famille et échafaudé des plans dignes de la CIA (voire même de l'APO) (les aficionados d'Alias comprendront) pour décourager le très collant et très prolifique (épistolairement parlant) Harvey.

Mais en vain.
Sept lettres. Sandy a reçu sept lettres. Sandy a pété les plombs. Sandy a sorti les poubelles. Et Sandy a donc fait la seule et unique chose à faire.
Elle a appelé Larry.
Bon, la dernière entrevue de Sandy avec Larry avait été plutôt foireuse, mais Larry connait bien le phénomène Harvey et a les moyens de lui faire regretter d'être venu au monde de lui faire entendre raison (du moins c'est ce qu'espère Sandy au plus profond de son cœur). Fort heureusement, il a très obligeamment accepté de s'occuper du problème. Et depuis, Sandy croise les doigts. Les orteils aussi (dans les low boots, ça fait mal) (Sandy a des ampoules).

Oui, cette saison est courte. Grève des scénaristes oblige.
Bon, on pourrait aussi vous parler d'Andy, qui a rejoint le Côté Obscur et couine alors que Sandy l'avait prévenu, de Jared qui a quitté la série après son expatriation volontaire, de Lyle et Carl qui sont fort heureusement portés disparus sans espoir de retour, de Fabiola qui cherche un mari à Sandy en la personne de Gus, de Violet qui est persuadée (à tort) que Sandy a eu une liaison avec Gary L. (suite à une photographie où elle affirme que Sandy a "le petit air gêné de la fille qui a succombé" tandis que ce pauvre Gary aurait, lui, "le sourire triomphant du mec arrivé à ses fins") (Sandy n'a pas réussi à la persuader du contraire), mais soyons honnêtes.
Ce serait chiant.