You might think your cursed but with so much worse
Is the knowledge that you are
When your cursed with love that is buried so deep
That you can't dig it out of you
When your crystal ball is a towering wall
And the road is a dark book end
You know what remains is what needs maintain
But your temper Is not your friend
My Brothers - Snow Patrol

J'ai un drôle de rapport avec la SNCF. Je m'en rend compte à chaque fois que je prends le train, je suis tiraillée entre une haine tenace qui fait couler une bave enragée sur le tranchant de mes canines de chacal, et une profonde affection qui ferait voler des poneys roses à pois turquoises autour de mon sourire béat. C'est étrange.

La haine, d'abord. Contre la SNCF, qui, même lorsqu'elle n'est pas en grève, trouve des solutions miraculeuses pour te pourrir la vie. Hier, par exemple, alors que j'étais en route pour Big City, mon Ed Hardy sur l'épaule, Mohinder mon iPod dans les oreilles, santiags claquant sur le quai bétonné, le sourire aux lèvres en pensant à cette petite journée paresseuse qui m'attendait sagement. J'avais choisi mon train habituel du samedi-pour-Big-City, celui qui est un peu longuet à cause du délai de la correspondance (une demi-heure à Dino-City où le seul attrait de la gare est un distributeur de sucreries), mais qui arrive à midi à Big City et a le mérite de ne pas partir de Home-City à une heure indécente (le train précédent part à 6h du matin, ça pique quand on a une semaine de boulot dans les papattes, celui-ci décolle à 10h07, c'est tout de même plus confortable). Je n'aurai sans doute pas dû.
A Dino-City, les choses ont commencé à sentir le sapin. Déjà, sueur froide en regardant les panneaux d'horaires, le train pour Big-City n'était pas affiché. Autour de moi, les autres voyageurs commençaient à paniquer un peu. Après moult demandes d'explications auprès du personnel de la gare, le couperet tombe : le train pour Big City a été annulé, et remplacé par ... un car. Soit. Sauf que le car est affiché pour 11h55, pour arriver à Big-City à ... 13h15. Au lieu de 12h11. Argh. Outre le retard, un autre problème se pose pour une grande partie des voyageurs : les correspondances. Le guichetier nous affirme alors que les affichages sont faux, et que le car arrivera à 11h40, pour arriver à Big City une heure plus tard. Bon.
Nous sommes tous plantés comme des poireaux sur une plate-bande sur le parking, à scruter l'horizon grisouillant avec espoir, Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu donc rien venir ?
Non, Anne ne voit rien venir, rien que le goudron qui goudronne, et les pigeons qui pigeonnent.
Ah, si, attendez ! Le voilà ! Un oeil à la montre : 11h58. Le guichetier nous a un peu pris pour des jambons. En plus, oh, mauvaise surprise encore, le car est blindé. Littéralement. Entre malheureux laissés pour compte, nous nous jetons des regards inquiets. Ils vont descendre, tous ces gens, hein ? Hein ? Et ben non. Cinq d'entre nous se retrouvent comme des andouilles sur le parking, le car est plein. J'ai eu de la chance, j'ai réussi à trouver une place, à côté d'un jeune homme tout aussi perdu et perplexe que moi, et d'un haut-parleur qui crachote le commentaire du match de rugby Irlande-Australie (15 à 6 pour l'Irlande yahooooo). Après une discussion houleuse, le fin mot de l'histoire : finalement, les 5 malheureux seront acheminés en taxi. Nous partons enfin. Il est 12h12 (oui, moi aussi j'ai pensé à Obélix à ce moment-là). Après un trajet cahotant qui m'a semblé durer des heures, nous arrivons enfin.
A 13h16. Raaaaaaaaaaah !

Mais le truc qui m'étonne toujours terriblement, c'est que malgré tous ces désagréments, j'aime toujours autant prendre le train. Me poser dans un siège contre une énorme vitre et me laisser emmener à travers la campagne en glissant sur une paire de rails grinçants. Les trajets en train ont quelque chose de romanesque, finalement. j'aime aussi regarder les autres voyageurs, et essayer d'imaginer les raisons qui les ont poussées à monter dans ce wagon. Des étudiants qui rentrent chez les parents avec leurs grosses valises et leurs rires exagérés, de jeunes travailleurs fatigués qui pianotent sur leurs ordinateurs pour ne pas perdre une seconde, un couple rieur qui semble embarqué dans un voyage d'agrément qui fait déjà rêver, et cette jeune fille un peu triste, là, le front pressé contre la vitre, avec ce petit air triste de celle qui vient de voir partir son amoureux. Les voyages en train m'ont toujours réconfortée, même quand j'avais le moral au fin fond des soquettes. Hier n'a pas fait exception. Le paysage n'avait rien de réjouissant pourtant, entre abords de gare tristounets encombrés d'un bric-à-brac terrifiant de morosité et champs où les récoltes récentes n'avaient laissé qu'une vaste étendue de misère dénudée. Mais c'était une de ces fins d'après-midi grises où le soleil semble se réveiller doucement d'une trop longue grasse matinée, en perçant les nuages comme s'il se déshabillait tout doucement, et cherchait à se faire pardonner en emplissant les wagons d'une douce lumière d'un bel or pâle serein. La tendresse de ces rayons calmes et les doux ronronnements du train cahotant ont toujours eu un effet thérapeutique sur moi. Assise sur mon siège tout au fond du wagon, Mohinder crachotant les tendres trémolos de ma chanson du moment (My Brothers, de Snow Patrol, qui va si bien avec les lumières d'automne et les moments contemplatifs), j'ai été prise de l'envie irrationnelle de ne jamais voir ce trajet se terminer, de ne jamais revenir à la routine quotidienne, et de rester pour l'éternité ici, à regarder les moutons dans les champs, les rivières clapotant au fond des ravines, bercée par une guitare et la voix d'un chanteur en Nutella.
Il faut dire qu'elle est affreusement belle, cette chanson, non ?

Pour finir sur une note un peu plus légère, j'ai la joie, la fierté et le bonheur de vous annoncer ... Que je suis passée au Comptoir Irlandais (aller à Big City sans aller au Comptoir Irlandais, c'est comme aller au Louvre sans voir la Joconde, partir en pique-nique sans emmener de nourriture, visiter l'Angleterre sans boire une goutte de thé ... impensable). Du coup, la famille s'est encore agrandie ...
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Déjà, j'ai récupéré le poster publicitaire que j'avais fait mettre de côté, qui embellira à merveille mon appart en combinant mon amour des moutons irlandais multicolores et mon éternelle attente des grandes vacances (bouhouhouhouh c'est loiiin) (et le mouton a très exactement les mêmes lunettes-mouche que moi, qui lui donnent très exactement le même air idiot qu'à moi. C'est un signe.)

Et puis quelques achats, histoire de cumuler des trèfles sur ma carte de fidélité (presque pleine, je tiens le bon bout) :
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Un nouveau sac d'une élégance extrême pour aller à mes cours de guitare en toute gracieuse discrétion, une valisette qui s'est avérée être une boîte à goûter mais que je transformerai en trousse de toilette pour mes produits de beaûûûté (idée qui semble très brillante, puisque l'irlandais a acheté la même pour le même usage), et une boule à neige complètement démentielle pleine de paillettes vertes en forme de trèfles. Voyez plutôt :
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Un calme petit mouton vert à la tronche fendue d'un grand sourire dégoulinant de niaiserie dans une bouboule en verre montée sur un support d'une éclatante sobriété.
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Et hop, on shake un petit coup, et voilà le deuxième effet Kiss Cool, avec des paillettes vertes en forme de trèfles qui vooolent partouut agrouuu.
J'adore. Si Sylar était allé en Irlande, je suis certaine qu'il l'aurait achetée pour sa vieille mère, cette boule à neige.
 


Comments

09/21/2011 14:35

Need la même "boule à trèfle"! :D

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09/21/2011 15:52

Je savais qu'elle te plairait ^^

Au fait, j'ai regardé les bijoux, là-bas, mais il n'y avait rien qui ressemble de près ou de loin à ce que tu recherches (la triquetra que tu m'avais montrée sur msn). En fait, en ce moment, leur rayon bijouterie est franchement pauvre, la vendeur m'a expliqué que c'était à cause de la saison, et que le rayon se remplirait davantage à l'approche de Noël (saleté de société de consommation).
Comme j'y vais tous les 4 matins, je regarderai régulièrement et je te tiendrai au courant ;)

(oui, je suis encore sur internet au lieu de bosser il faut VRAIMENT que j'y aille)

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Jake
09/21/2011 21:30

Lunch box rocks

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09/22/2011 20:19

Yeaaaaaaaaah

Reply
09/22/2011 20:19

Merci beaucoup ma Belle! <3

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