I am the one hiding under your bed
Teeth ground sharp and eyes glowing red
I am the one hiding under yours stairs
Fingers like snakes and spiders in my hair

This Is Halloween .:. Danny Elfman

S'il y a une chose qu'il faut savoir sur moi, c'est que je suis une fan absolue d'Hallowe'en. Je ne sais pas si c'est mon vieux côté gothique-refoulée-adepte-des-fioles-de-poison-et-des-chats-noirs-hurlants-à-la-lune, la sorcière schizophrène qui partage les méandres de mon cerveau détraqué, mon goût immodéré pour les bougies allumées partout et la Soupe de Carrosse que j'avale tous les automne ou mes aspirations à des délires vestimentaires tellement douteux qu'ils en frôlent le mauvais goût (cf. mes collants fushia adorés que j'adore porter avec des santiags taupe et une veste en velours violet) qui ont déclenché chez moi cet engouement Hallowe'enesque depuis mes vertes années de collégienne, mais les faits sont là. Hallowe'en est ma fête préférée.

Mais s'il y a une autre chose qu'il faut savoir sur Hallowe'en et moi, c'est que cette fête que j'aime tant a (presque) toujours été un foirage légendaire, année après année. J'en étais venue à songer avec tristesse, amertume et louchées de Nutella que oui, j'aimais Hallowe'en, mais non, Hallowe'en ne pouvait pas me voir en gravure.
Aouch.

Bon, soyons honnêtes un minimum, mes premières tentatives de festivités grimaçantes n'ont pas été si catastrophiques que ça ... Depuis mes débuts aux alentours d'octobre 1999 (au siècle dernier, donc), il y a même eu de franches parties de rigolade.
1999, le tout premier, passé à se raconter des histoires-qui-font-peur avec des copines, serrées autour d'une citrouille massacrée et tellement mal vidée qu'elle en faisait de la soupe sur son assiette, la pauvre.
2000, déguisements plus qu'approximatifs avec une amie et séance photo craquage, visages barbouillés de rouge à lèvres et gargouille-doudou à l'appui.
2002, tambouilles sorceleuses avec une alter égale.
2007, déguisements assumés portés en ville et au grill du coin après 6h de merdouille pseudo-musicale avec ce qui fut le très virulent et très éphémère groupe de reprises foireuses et multi- instrumentales, The Broomsticks (copyright). Où j'ai maltraité une basse, fait voler des baguettes de batterie (je fais TOUJOURS voler les baguettes de batterie, à croire que le Destin lui-même cherche à me les arracher des mains) (et des escarpins aussi, mais ça c'est une autre histoire), caché des médiators dans mes chaussettes, fait un massage des oreilles à un border collie et couiné de ma voix de casserole apoplectique. Tout ça.

Mais tout de même, la plupart du temps, mes tentatives d'organisation des festivités citrouillesques se résumaient invariablement à ce même déprimant schéma (pour préserver l'anonymat des mes (en majeure partie ex) amis, ils seront tous sus-désignés sous le poétique pseudonyme de Jean-Jacques):
Moi : Oh dis-donc, Jean-Jacques, c'est bientôt Hallowe'en !
Jean-Jacques : Hm ?
Moi : On fait un truc, dis ?
JJ : Euh, pfff, chépas, je bosse je crois.
Moi : C'est pendant les vacances/ça tombe un dimanche/tu-es-en-RTT-souviens-toi !
JJ : Ah. Euh. Bon. Je te redis ça ?
Et la suite était à cocher dans la liste suivante :
¤ Oh mince, pardon mon dindon, mais tata Fernande s'est cassé le col du fémur, faut que j'aille l'aider à brosser le poil de son bichon.
¤ Je suis telllllllement désolé(e), j'avais zappé que j'avais un championnat de mosaïque pile ce jour-là ...
¤ J'ai vraiment trop rien à me mettre, en plus j'ai pris 3 kilos, faut que je fasse couler un bain à Raoul sinon il va me plaquer. Toute la journée, oui. Hein ? Et la soirée aussi, évidemment.
¤ Et si on faisait un scrabble, plutôt ? Hein ? Dis ? Que je te raconte mes problèmes ?
¤ Ma religion me l'interdit.

Glorieuses excuses qui auraient pu toutes se résumer à l'honnête réponse suivante : "Pas la peine, j'ai pas besoin de toi en ce moment". CQFD.

Donc bon, tous les ans, invariablement ou presque, j'en étais réduite à la même routine : décorer mon appart, toute seule, en frétillant de joyeuseté en écoutant en boucle This Is Halloween de Danny Elfman et en dansant avec Mister Jack (mon cochon d'Inde) (qui a pris le parti de faire le mort dans ces moments-là). Lancer des invitations à tour de bras pendant un mois. Acheter et creuser des citrouilles. Ne récolter que des refus. Allumer mes citrouilles toute seule comme une idiote et bâfrer bonbons et Nutella (et chips à la crevette) devant un Tim Burton en me disant que vraiment, c'est chaque fois la même rengaine.
Ou pire, faire une croix sur tout et aller éponger les peines de cœur de Jean-Jacques qui se fiche des miennes comme de son premier essuie-glace.

Mais cette année, ce fut différent.
(Roulements de tambours, musique de suspens, choristes shootés à la vodka)
Cette année, quelqu'un d'autre que moi a pris les choses en mains.

Pourtant, c'était encore mal parti. D'année en année, je ne sais pas s'il en est de même chez vous, mais on sent de moins en moins l'esprit d'Hallowe'en planer par chez nous (puisque les gens qui ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez répètent encore et toujours que c'est une fête américaine qui n'a rien à faire "chez nous") (je n'ai même plus le courage de démentir) (alors que le Ramadan est inscrit sur les calendriers des agendas 2013) (bref).
Pourtant, ma pharmacienne avait fait une superbe décoration. Voyez plutôt :
Ça donnerait presque envie d'être malade.

Mais non, quand je dis que quelqu'un a pris les choses en mains, je ne parle pas de ma pharmacienne (même si elle m'a sauvé la vie plusieurs fois mais là n'est pas le sujet).

Bref, notre projet pour cette année était d'organiser une soirée costumée entre divers amis (les miens et ceux du batteur barbichu) histoire de marquer le coup et de passer un bon moment.
Problèmes.
Hallowe'en a lieu pendant les vacances scolaires. Or plusieurs de mes amies-collègues profitent de ces périodes bénies pour quitter leur région d'exil (alias celle où je vis) pour regagner les pénates lointaines que notre boulot les force à abandonner. Résultat des courses : la plus proche était à 103 km de chez moi. Bon.
Hallowe'en a lieu pendant les vacances scolaires. Et tombe un mercredi. Or, pour les amis du batteur barbichu, les vacances scolaires ne sont pas des vacances. Et le mercredi soir n'est pas franchement la date idéale pour aller faire la bringue déguisé en empereur romain zombie.
On a bien tenté de le décaler au samedi suivant, mais problèmes, l'enthousiasme récolté remplissait à peine un fond de dé à coudre et fêter Hallowe'en le 3 novembre, c'était un peu tristounet.
Je sentais venir le vieux revival de la soirée qui sent le sapin.

Et puis le barbichu a eu une idée.

Il faut dire que le barbichu a souvent des idées. Des idées un peu échevelées parfois, mais qui se révèlent toujours franchement chouettes à réaliser. Des idées du genre "je sais bien qu'on est en septembre et qu'on bosse, mais si on se barrait à la mer ce week end ? Hein ?". Et aussi "oh, tiens, et si je tentais la sauce au pesto maison ?". Ou encore "Et si tu t'achetais ces petites compensées rayées, là, au lieu de ces sandales vert pomme fluo ?".
(Bon, il en a aussi des discutables, du genre "et si je me laissais pousser la moustache et que je roulais en Vespa ?", mais personne n'est parfait)
Bref.

Quelques jours avant la date fatidique, soudain, une idée.
"Et si on laissait tout tomber et qu'on allait le fêter à Disneyland ? Ils font une soirée spéciale, regarde ..."

2012.
Déguisements improvisés, maquillage bilatéral, Lucifer et sa sorcière sont allés frapper chez Mickey. Qui avait pour l'occasion été mis à la rue par Maléfique and co.
Hystérie dans les attractions pour enfants (Blanche-Neige, Pinocchio, Peter Pan, le monde des poupées, Pirates des Caraïbes ...), flambages bancaires dans les boutiques, hurlements psychotiques dans le train d'Indiana Jones au beau milieu de la nuit, égarement total et assumé dans les méandres obscurs du parc, émerveillement réveillant les sales gosses qui dorment au fond de nous, ébahissement devant tant de féérie et de beauté.
L'euphorie de voir en taille réelle les décors qui ont marqué mon enfance disneyenne (le barbichu est vierge de toute influence Disney, c'était assez drôle de mélanger les réactions de quelqu'un qui connait les classiques par cœur et d'une autre personne qui ne les a jamais vus) (oui, je sais, il est irrécupérable).
Les yeux écarquillés devant la magnificence du moindre petit détail (je me rappelle avoir pensé en boucle que je comprenais le pourquoi du comment du prix du billet) (j'ai même dû le dire à voix haute 2 ou 3 fois) (ou 12).
La groupitude assurée en rencontrant Mouche et le Capitaine Crochet (ça m'a rappelé mon attitude d'adoratrice écervelée de Snow Patrol en 2010) (Mouche a aimé mon chat-peau, Mouche a aimé mon chat-peau !!!) (oui, je suis revenue avec un chat-peau) (comprenez un chapeau représentant le Chat) (et des pantoufles Mister Jack) (le personnage, cette fois, pas mon cochon d'Inde) (jamais je ne taillerais des pantoufles dans mon cochon d'Inde, voyons, aussi tentant que cela puisse paraître).
Et retour à regret, avec à la clef un nouveau schéma pour remplacer l'ancien, proposé par une nouvelle idée du barbichu : "Et si on remettait ça tous les ans ?"
L'antre du Démon : la boutique Disney
La maison de Gepetto. J'ai voulu sauter du train pour aller m'asseoir sur le fauteuil et y mourir de confort mais le barbichu m'a retenue.
Pétasses.
Personnellement je voyais Flotsam et Jetsam moins grands.
Maléfique, mon idole ...

(vooole ... et ne me déçois pas !)
Jack et Sally en pleine techno-parade
 
 
He's my
Jedi Master
He taught me everything I know
Jedi Master
How to use the force he showed
He's my Jedi Master
Jedi Master
He makes tasty lemonade
Jedi Master
He's green but I like him
He's my Jedi Master
Go Yoda !
The Jedi Master .:. Yoda Pop

Oui.
Je sais.
C'est la classe.
 
 
A symphony
Slow music of longing
Plays in movements
Inside your head
There are no ghosts
No ghosts that can shake you
Like they used to
Anymore
The Symphony - Snow Patrol

Lors de mon dernier passage à Paris (je vous ai déjà dit à quel point j'aimais Paris ?) (oui, je l'ai déjà dit) (mais je le redis) (j'aime Paris de toutes les forces de chaque fibre de mon être), je suis tombée, presque par hasard (on va dire que je ne m'y attendais pas et que je n'étais pas franchement dans un mood de "découverte musicale super chouette qui remue les intestins") (c'est poétique, je sais) sur un groupe de pop rock nord-irlandais dont je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous parle, pour une poignée de bonnes raisons :

1) De nos jours, où allumer la radio revient à infliger à nos tympans la torture d'une poignée de nanas siliconées qui couinent en maillot de bain, une découverte musicale qui tient la route est toujours on ne peut plus salutaire.
2) J'ai promis au chanteur de ce fameux groupe de lui faire de la pub, et comme je n'ai qu'une parole, je m'y tiens.
3) Les irlandais sont mes amis, qu'ils soient du nord ou du sud, roux ou bruns, qu'ils carburent à la bière ou au whiskey (voire à la gnôle de pomme de terre, mais c'est un autre débat).

Ce fameux groupe s'appelle donc Rams' Pocket Radio (oui, moi aussi j'ai mis trois jours à m'en souvenir avant de pouvoir le taper d'un coup sans chercher sur Google), et est composé d'un chanteur-claviériste-batteur-fou-maître-Jedi (le fameux avec lequel j'ai papoté un bon moment) (qui s'appelle Peter McCauley, soit dit en passant), d'une bassiste chanteuse qui a le bon goût d'avoir la même couleur de cheveux que moi (c'est à dire un roux flamboyant qui devrait être indemnisé par EDF), d'un batteur bien tonique et d'un guitariste qui grattouille joliment une Stratocaster.

Après avoir jeté une oreille, puis deux, puis trois (la troisième n'était pas à moi) (ne cherchez pas) à leur musique, et avoir enfin décrété que c'était bon pour ma santé, j'ai donc discuté un peu avec le fameux Peter (un garçon vraiment charmant) (irlandais, je vous dis). Forcément, même si depuis quelque temps je m'étais promis de ne plus faire dériver les conversations vers des sujets qui pourraient me porter préjudice (après avoir raconté que je m'étais fait mordre la cheville par un goujon dans une rivière au vendeur du Comptoir Irlandais), on a fini par se raconter nos vies et à dévier quelque peu de notre échange original (qui pouvait se résumer à un "oh bon sang, les mecs, vous envoyez du pâté").
Immanquablement, il m'a demandé d'où je venais. N'ayant pas de carte de France à lui exhiber fièrement sous le nez pour lui cartographier mon trou à rats, j'ai tenté d'expliquer maladroitement que je venais d'une petite ville perdue en plein milieu de la France. Ce à quoi il a répliqué, avec un sourire amusé, un "ah ah, country girl !".
Me suis jamais sentie aussi bouseuse. Du coup, peut-être par un sursaut de fierté mal placée, j'ai précisé très inutilement que j'étais "school teacher" (il devait s'en foutre comme de sa première pinte), mais l'image de Laura Ingalls s'est tellement immédiatement imprimée dans mon esprit que j'ai regretté illico ce que je venais de dire.
Mais du coup, il a du se sentir en confiance (entre expat', on se comprend, j'imagine), et, sur le ton de la confidence, presque gêné, il m'a demandé si je m'étais promenée dans le parc de la Villette (il aurait sans doute mieux fait d'aller traîner ses Converses du côté de Rivoli, mais bon, je dis ça, je ne dis rien). Il se trouve que oui, j'avais déjà flâné dans ce coin-là. Toujours sur le ton de la confidence (je me suis vaguement dit qu'il avait peut-être des liens avec la mafia), il m'a alors demandé : "Mais euh ... Tu ne trouves pas qu'il y a des gens bizarres qui trainent dans le coin ?".
Ha ha.
Comme je lui ai dit, "mon ptit bouchon (enfin, je l'ai tourné autrement hein) (je ne sais pas dire bouchon en anglais) (apparemment, c'est "cork", j'ai vérifié en rentrant) (ne me remerciez pas) si tu veux vraiment voir des gens bizarres, prends le métro."

Parce que oui, s'il y a une chose que j'adore plus que tout à Paris (et que je hais parfois tout autant, d'ailleurs), c'est le métro.
Si vous avez déjà pris le métro et que vous regardez Bref, vous savez alors que c'est blanc, carrelé, que ça pue, bref, que c'est comme 215 km de chiottes en-dessous de Paris (et qu'effectivement, je confirme, il y en a qui confondent).
Mais outre l'aspect dégueu de la chose, il y a quand même de bonnes raisons de prendre le métro à Paris :
1) Bon, déjà, ça représente quand même une sacrée portion de la capitale, et c'est tout de même LE transport en commun le plus utilisé par les bipèdes là-bas (qu'on y soit autochtones, touristes, SDF, terroristes ou padawan) (ou un peu tout ça à la fois). Ce qui fait que la plupart des gens y passent une importante partie de leur vie (d'où le fameux "métro-boulot-dodo"). Le meilleur, comme le pire. Bref, tu ne peux pas dire que tu as vu Paris si tu n'as pas vu le métro. CQFD.
2) Il y a encore parfois des musiciens à la sauvette, qui peuvent soit te mettre les oreilles au court-bouillon du supplice (cf l'accordéoniste édenté du RER B qui m'a beuglé Mon Amant de Saint Jean en pleine tronche à 7h du matin), soit carrément te donner des frissons et te tirer des larmes d'émotion à te suicider le mascara. Comme cette fille-là, par exemple (oui, j'ai pleuré dans le métro, mais comme j'étais sur le point de repartir, je ne sais pas vraiment si c'était une expression lacrymale de plénitude ou de chagrin) :
3) Et puis, donc, comme je le disais à Peter, dans le métro, il y a des gens bizarres. Mais alors, vraiment bizarres. Pas le type qui va porter un bonnet à pompons avec un costard cravate, non, du vrai, du lourd, du carabiné. Du bizarre de compét'. Comme ce type qui reniflait des pages de magazines et semblait y prendre un plaisir tellement intense que c'en était presque obscène, et tentait de persuader une pauvre femme assise à côté de lui d'en faire autant, à grands coups de borborygmes incompréhensibles. Et le plus bizarre (parce que oui, il y a quelque chose de plus bizarre encore, si si) c'est qu'il n'avait pas d'ongle. Pas d'ongle du tout. Juste de la peau, fripée, comme pleine de cicatrices, à la place.

Enfin bref, toujours est-il que, une chose en entraînant une autre, on a fini par parler de Snow Patrol (parce que figurez-vous que Rams' Pocket Radio a fait la première partie de Snow Patrol dans certains concerts européens) (et puis j'avais un sac Snow Patrol pendu à l'épaule et un téléphone portable qui sonnait en beuglant Called Out In The Dark). Il m'a donc demandé si je les avais déjà vu en concert, et, voyant mon enthousiasme (c'est à dire l'étincelle de groupitude qui avait du s'allumer dans mon œil de mérou frit) en évoquant ces grands moments d'amûûûr musical, m'a demandé si j'étais fan (je hais ce mot) (il est tellement chargé d'hystérie malsaine, de nos jours) (on pourrait limite en faire un synonyme de terroriste). Ce à quoi j'ai répondu qu'évidemment, si je ne les aimais pas, je n'aurais jamais fait le voyage exprès pour les voir depuis le trou du cul du monde.
Cette constatation a semblé le plonger dans des abysses d'hilarité.

(Quand je pense qu'au départ je voulais simplement vous dire d'écouter sa musique) (mais mon cerveau est un peu à ma prose ce que le métro est à Paris) (enfin, cela dit, écoutez quand même sa musique)

(sinon, puisqu'on est dans le racontage de vie, il y a une autre chose que j'aime à Paris : les touristes japonais) Lors de mon dernier passage (le lendemain de la fameuse conversation avec Peter, d'ailleurs) je suis allée prendre mon petit déjeuner au carrousel du Louvre. J'adore faire ça quand je suis seule à Paris : j'y vais un peu avant l'ouverture des magasins, je prends un cookie et un latte caramel au Starbucks, et je vais me poser un peu sur un banc en regardant les gens s'affairer partout comme des fourmis : les commerçants qui ouvrent leurs boutiques, les touristes qui commencent à affluer, et, last but not least, les japonais.
Qui portent des masques sur le nez alors qu'ils viennent d'un pays qui est sans aucun doute l'un des géants du nucléaire et de la pollution toute catégorie. J'adore.
Et ils se déplacent. En banc, comme des petits poissons. Et ils vont super vite. Ils te vident une devanture Chanel en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Superqualifragilistiquexpialidocious. Et ils font des photos. De tout. Tout le temps. J'adore.

Bref, pour en revenir à nos moutons irlandais, voici une petite liste de liens si vous voulez jeter une oreille (ou deux, ou trois si vous avez des amis ou un caryotype bizarrement constitué) à Rams' Pocket Radio :

Leur Facebook (pour leur dire que vous les aimez en levant le pouce tel un empereur romain).
Leur Myspace (pour se tenir au jus de leur actu) (parce que ça rime) (et que j'ai le cerveau spongieux).
Leur blog (pour en rajouter une couche) (ou une louche) (ou une mouche) (une babouche ?).
Leur page SoundCloud (pour y jeter trois oreilles) (mais pensez à les récupérer, après) (vos oreilles, je veux dire).

Ah, et puis j'ai trouvé une photo qui a été prise le fameux jour de la fameuse conversation avec le fameux irlandais et ses fameux copains. Elle n'est pas de moi, mais si son propriétaire passe par ici, je me ferai un plaisir de faire un lien vers son blog, s'il en a un (disons que c'est pour vous donner une idée de l'ambiance échevelée (au sens propre et au figuré) de ce petit meeting improvisé) :
Peter est tout à gauche, Shauna la bassiste est au centre (et vous avez donc un aperçu de ma nouvelle couleur de cheveux) et à droite, il me semble qu'il s'agit du guitariste. Ou du batteur. Bref, l'un des larrons du groupe. Mais je ne l'ai pas rencontré personnellement.

Bon, je vais me coucher, le tchouk ball m'a tuée.
C'est sans doute le sport le plus débile que j'ai jamais pratiqué (et pourtant j'ai failli finir championne du monde de lancer de crêpe trop cuite) (mais il semble que mon plafond manque quelque peu d'adhérence).
 
 
I love Paris in the spring time
I love Paris in the fall
I love Paris in the summer when it sizzles
I love Paris in the winter when it drizzles
I Love Paris - Ella Fitzgerald

Je ne me suis jamais vraiment vue comme une citadine. Peut-être parce que je vis dans un misérable patelin de la diagonale du vide (spéciale dédicace à mes compatriotes géographes) et que je n'aime rien tant que le silence cuicuitant de la cambrousse profonde, mais il y a néanmoins un paradoxe.
J'adore Paris.
Bon, peut-être parce que je n'y vis pas, que je n'y ai que des bons souvenirs (mais vraiment que des bons, pas un mauvais, c'est suffisamment exceptionnel pour être souligné, car même un lieu que j'aime aussi passionnément que le Mont-Saint-Michel a parfois encore quelques relents amers dans mes souvenirs brumeux), et que les parisiens m'ont toujours énormément amusée. Mais c'est un fait. Chaque fois que je vais à Paris, je chouine comme une sale gosse quand il faut que je reparte.
Cette fois-ci n'a pas fait exception, d'autant qu'en plus le séjour a été amputé des trois quarts de la durée qu'il était censé avoir initialement (du coup je présente mes plus sincères excuses pleines de larmes de regrets douloureux (tout ça) à mon Homonyme chérie, à ma Valiel en sucre d'orge et à mes cousines que j'aime, mais j'ai du réduire considérablement mes projets là-bas) (ceci dit, ce n'est que partie remise, je reviens en mars) (et puis sans doute encore après, si la SNCF n'a pas explosé d'ici-là). Deux jours dans la capitale, vous me l'accorderez, c'est de la noisette pilée. Un de ces jours, il faudra que j'arrive enfin à me bloquer une semaine pour pouvoir jouer l'immersion totale dans le métro et me prendre pour une vraie égérie d'Yves Saint-Laurent en me baladant en trench coat sur les ponts à 5h du matin (si tu ne vois pas de quoi je parle, clique ici, espèce d'inculte).
Mais bon, même un court séjour permet tout de même de s'en mettre plein les mirettes.
Petite review façon carnet de voyage griffonné sur une serviette en papier (chipée au café Pouchkine, tant qu'à faire).

Vendredi matin (l'empereur, sa femme et le p'tit prince) (pardon) (vous l'avez dans la tête maintenant, hein ?), après une collation express dans un salon de thé (où les cuillères n'existent pas, j'ai épongé la mousse de mon cappuccino avec un reste de sandwich), direction le Musée Impérial de la Mode et du Superflu (MIMS pour les intimes), j'ai nommé les mythiques Galeries Lafayette du boulevard Haussmann, histoire de se mettre temporairement dans la peau d'une Blair Waldorf en herbe.
Jupe et top Promod, collants Dim, blazer Zara, veste Etam, on a vu mieux. On camoufle tout ça avec un petit coup d’esbroufe, bottes BP Zone et sac Ed Hardy (alias Christian Audigier, qui a disparu de la circulation depuis) (mais ça donne un petit côté collector à ses créations), on prend son plus bel air snob et on marche sur une ligne invisible, histoire de donner le change.
Peine perdue. Les gens autour de moi sont peut-être sapés dans des fringues griffées, mais logos mis à part, ils sont aussi ploucs dans l'attitude que les mégères dans les rayons du Monop' le dimanche matin. Décidément, le luxe a pris du plomb dans l'aile. J'ai parfois l'impression d'être encore dans le métro, boutiques en plus et relents d'égouts en moins.
Cela dit, j'en ai pris plein les mirettes, surtout à l'espace chaussures, où je m'arrêtais à peu près toutes les 12 secondes pour couiner mon ébahissement devant les modèles outrageux de beauté (mention spéciale aux peep toe pailletés de Miu-Miu et aux escarpins façon dentelle de Dior). Et les bâtiments sont tellement somptueux ... J'ai passé pas mal de temps du côté des parfumeurs, aussi, malgré mon très récent craquage sur du Guerlain (un coup de foudre déraisonnable pour Idylle, mais qui embaume tellement délicieusement que je suis bien incapable de le regretter), et parmi les livres de l'étage librairie.
Le point négatif ? La chaleur. J'ai eu l'impression d'être dans un sauna, brûlée par les spots dans l'air étouffant, mon blazer et ma veste sous le bras, les pieds au supplice dans mes collants en angora (mais quelle idée de mettre des collants en angora, aussi ?) (d'autant que j'ai passé les jours à - 16° dans des collants en nylon, logique). Mais bon, comme dirait l'autre, il faut ce qu'il faut, ma p'tite dame.
Dans mon immense bonté, je veux bien partager quelques unes des photos que j'ai prises ce jour-là :
La fameuse coupole bleu-soleil des Galeries Lafayette, merveille néo-byzantine éblouissante depuis 1912.
Les balcons, très théâtre à l'italienne. On s'attendrait presque à trouver un opéra en bas en se penchant au-dessus des balustres, mais ...
... Mais non.
En bas, c'est le paradis des parfumeurs et des cosmétiques de luxe, qui donneraient presque envie de passer plus de temps dans la salle de bain chaque matin.
Avec notamment un très beau rayon Guerlain (je vous ai dit à quel point j'aimais Guerlain ?), plein de jolis flacons parfumés, dont une version godzillesque de mon Idylle chéri, qui m'a semblé bien riquiqui quand je l'ai retrouvé le soir venu.

Et puisqu'on parle de démesure ...
J'ai trouvé le plus beau contenant de toutes les Galeries :
Le pot de 5 kg de Nutella. Au beau milieu de pots d'une marque qui porte bien son nom, je trouve ...

Bon, comme tout ça m'avait donné faim, j'ai fait ma midinette, et je suis allée m'acheter un macaron au Café Pouchkine du Printemps (j'ai été très déçue par le Printemps, d'ailleurs, qui n'est finalement qu'une version copiée-collée des Galeries, alors franchement, à quelques mètres seulement, à quoi bon ?)
Bon, là-bas les petites douceurs coûtent la peau des yeux, mais l'estomac ayant ses raisons que la raison bancaire ignore, je suis partie avec un macaron Pouchkine (la spécialité de la maison) qui est probablement le truc le plus démentiellement bon que j'ai jamais mangé de toute ma vie de gourmande incorrigible (pour info, c'est le macaron doré au premier plan sur la seconde photo).

Et puis bon, comme je ne peux pas décemment acheter quoi que ce soit d'autre qu'un macaron dans ce genre de magasin, je suis allée m'acheter une robe.
Chez H&M.

Apès toutes ces émotions, je me suis accordé un de mes loisirs favoris quand je suis à Paris : aller regarder les gens courir dans le métro à l'heure de pointe (oui, je sais, j'ai des hobbies discutables), avant de regagner mes pénates temporaires pour plonger dans le coma touristique jusqu'au lendemain matin.

Lendemain matin où se tenait le second round de mon séjour de blondasse :
Inutile de préciser que j'ai eu la chanson de Joe Dassin dans la tête toute la journée.
Du coup j'ai fait une belle photo de touriste (en survolant les têtes des troupeaux de japonais qui galopaient partout) :
Et puis bon, comme j'aime Guerlain plus encore que de nourrir les canards avec des tuiles aux amandes LU dans les jardins publics ... :
J'ai brièvement eu la merveilleuse musique de la pub Samsara dans la tête (encore une chose que j'aime chez Guerlain : les musiques de ses spots publicitaires. Franchement, mélanger Muse et la parfumerie, il fallait oser) (et j'aime bien les deux versions d'Idylle, le petit côté "Je-ris-de-me-voir-si-belle-en-ce-mirôôôiiir" et le clip "Je-n'ai-d'yeux-que-pour-touhâââ") (et puis je suis faible, j'aime bien Thomas Dutronc quand il ne chante pas).
Malheureusement, un panneau plus tard, j'avais de nouveau Joe Dassin en boucle dans les neurones.

Et puis comme jouer les blondes pleines aux as a commencé à me lasser (d'autant que je ne suis ni blonde, ni pleine aux as), j'ai filé au Museum d'Histoire Naturelle, pour réveiller un peu la flaque de matière grise qui se liquéfiait béatement sous ma boîte crânienne en admirant des bêbêtes mortes (citation empruntée à mon alcoolique expatrié).
D'ailleurs j'ai bien rigolé devant les squelettes de cochons d'Inde, en pensant benoîtement à mes bébés d'amour :
(saleté de reflet)

Ce que j'adore dans ce musée, c'est que les conservateurs n'ont jamais manqué d'humour, malgré le côté très sérieux et académique de l'expo permanente de la Galerie de l'Evolution.
En témoigne le fameux Clou de l'Exposition, habilement caché parmi les dizaines de vitrines et les centaines de spécimens, qui me fait toujours autant sourire à chaque fois que je le retrouve :
Et puis, évidemment, je suis allée faire un petit coucou à mes amis de toujours, les bêbêtes mortes préhistoriques de ma période pré-hystérique, alias dinosaures et tralala :
(Je vous épargne les photos que l'on retrouve dans les livres et sur les cartes postales, je n'en vois franchement pas l'intérêt puisqu'on peut les retrouver partout) (je préfère les angles un peu atyiques, comme un bon macro sur les vertèbres du Diplodocus)
(Ou un petit In My Arms avec un Iguanodon)

Mais j'aime bien ma photo touriste de l'Allosaure, et le type dessous a tellement un air louche que je ne résiste pas à la poster quand même :
J'adore cet endroit.
Bon, outre le fait que j'adore les squelettes de bêbêtes mortes et les trucs gluants conservés dans du formol, j'aime aussi l'aspect sage et académique du museum, son côté Cabinet de Curiosité géant, et le sentiment de petitesse qu'il me procure toujours quand je me dis que nous ne sommes décidément qu'un misérable amas de chair et d'os mû par un mécanisme tellement complexe qu'il en dépasse l'entendement.
Et puis j'aime les musées, leur odeur, leurs couleurs, le puits de sagesse et de connaissance qu'ils constituent encore au beau milieu d'un univers bassement matérialiste.
J'aime m'asseoir sur un banc et tendre l'oreille aux commentaires des enfants.
"Mais papa, tu imagines toutes les connaissances qu'il y a dans tous ces cerveaux ?"
"Et ben moi, si j'étais une tortue, je serai une toute petite, parce que les grosses carapaces, ça doit être long à laver"
"Le serpent en fait il a pas de pattes parce que ça lui sert à rien"
Et j'aime aussi entendre les questions idiotes des adultes :
"Ils sont conservés dans l'eau, les organes ?" (dans le vernis à ongles, ça marcherait sans doute mieux)
"C'est quoi des viscères ?" (sans doute un truc en rapport avec un tournevis)
Fiou.
Tous ces éclats de sagesse, ça me désaltère.

Et après un passage éclair dans un café avec des copains, il a été l'heure de prendre le train du retour, lui aussi digne d'un roman (de gare, probablement). Mon voisin de couloir, profondément endormi sous les effets sans doute conjugués de l'alcool et des pilules fluos, a fait le mort pendant trois bonnes heures avant d'être réveillé par un contrôleur exaspéré, à la gare de Saint Florent, après avoir été abandonné dans le train par son (soi-disant) copain descendu à Vierzon.
J'ai boulotté des Pims' et des cookies pendant tout le trajet, en croisant les doigts pour vite pouvoir refaire le trajet en sens inverse.
 
 
You hit me once
I hit you back
You gave a kick
 I gave a slap
You smashed a plate
Over my head
Then i set fire to our bed
Kiss With A Fist - Florence + The Machine

Depuis vendredi soir, je suis en vacances.
Bon, bien sûr, j'ai passé les nuits de vendredi et de samedi à rêver du boulot, mais au moins, en me réveillant le matin (sans réveil, alors qu'il fait jour dehors et que j'ai pu baver impunément sur mon oreiller et observer avec un œil plein de fierté les multiples marques de drap qui tatouent mes joues et mes épaules), j'ai la glorieuse satisfaction de me dire que je n'ai absolument rien à faire.
Du coup je ne fais rien.
Je suppose que si j'étais un chat, là, maintenant, je ronronnerai avec l'ardeur d'un turbo diesel.

Il faut dire aussi que la dernière semaine a été éprouvante. Deux visites professionnelles, deux jours d'affilée (arrivée au boulot à 6h58, woohoo), des heures sup' le mercredi matin (ça a piqué très fort), et la nouvelle bonne résolution de ne plus jamais boire en semaine (plus jamais) (surtout deux fois) (surtout avant de conduire) (surtout à la pause de midi).

Franchement  j'en venais à être au bord de la crise de nerfs (peut-être parce que j'ai encore rêvé de mygale jeudi, et que ce genre de cauchemar vous flingue une journée en trente secondes chrono) (et puis je me suis mise à acheter Cosmopolitan, ça n'a sans doute pas amélioré mes capacités cognitives).
Mais l'oisiveté étant la mère de tous les vices (bon, je ne suis pas toujours d'accord avec ça, surtout quand j'ai juste envie de faire le bulot narcoleptique sur mon canapé devant un épisode de Gossip Girl), squatter le sofa en faisant flamber Georgette ma Tassimo ne serait pas raisonnable alors que j'ai désormais de quoi glander au Louvre gratuitement (hiii) et retourner au Comptoir Irlandais au moins une fois par semaine (ils devraient ériger une statue à mon effigie sur le parking en face) (en bergère alcoolique) (après tout on veut bien donner la bobine de Carla Bruni à une ouvrière en bronze à Nogent-sur-Marne).

Bon bon bon, je crois que le moment est arrivé. Attachez vos Louboutins.

Les Gueux de l'Amour, saison 4
(yes we can)

Bon, souvenez-vous. Sandy avait finalement découvert la malédiction planant sur sa famille et échafaudé des plans dignes de la CIA (voire même de l'APO) (les aficionados d'Alias comprendront) pour décourager le très collant et très prolifique (épistolairement parlant) Harvey.

Mais en vain.
Sept lettres. Sandy a reçu sept lettres. Sandy a pété les plombs. Sandy a sorti les poubelles. Et Sandy a donc fait la seule et unique chose à faire.
Elle a appelé Larry.
Bon, la dernière entrevue de Sandy avec Larry avait été plutôt foireuse, mais Larry connait bien le phénomène Harvey et a les moyens de lui faire regretter d'être venu au monde de lui faire entendre raison (du moins c'est ce qu'espère Sandy au plus profond de son cœur). Fort heureusement, il a très obligeamment accepté de s'occuper du problème. Et depuis, Sandy croise les doigts. Les orteils aussi (dans les low boots, ça fait mal) (Sandy a des ampoules).

Oui, cette saison est courte. Grève des scénaristes oblige.
Bon, on pourrait aussi vous parler d'Andy, qui a rejoint le Côté Obscur et couine alors que Sandy l'avait prévenu, de Jared qui a quitté la série après son expatriation volontaire, de Lyle et Carl qui sont fort heureusement portés disparus sans espoir de retour, de Fabiola qui cherche un mari à Sandy en la personne de Gus, de Violet qui est persuadée (à tort) que Sandy a eu une liaison avec Gary L. (suite à une photographie où elle affirme que Sandy a "le petit air gêné de la fille qui a succombé" tandis que ce pauvre Gary aurait, lui, "le sourire triomphant du mec arrivé à ses fins") (Sandy n'a pas réussi à la persuader du contraire), mais soyons honnêtes.
Ce serait chiant.
 
 
Oh, kiss me
Flick your cigarette, then kiss me
Kiss me where your eye won't meet me
Meet me where your mind won't kiss me
No You Girls - Franz Ferdinand

Je sais.
Ma présence sur le net est plus qu'épisodique ces derniers temps.
Mais j'ai des circonstances atténuantes : un boulot chronophage comme jamais et une connexion aussi capricieuse qu'une ado gothique et piercée de 14 ans. Autant vous dire que j'attends les vacances de février avec presque autant d'impatience frénétique qu'un concert de Radiohead (je vous ai dit que j'allais voir Radiohead en juillet ? Oui ? Ah tiens ...)

Cela dit, le boulot a tout de même ses avantages. Son avantage. Le Pass Education. Une petite carte très pro, très officielle, très Agent Scully, qui t'ouvre les portes des musées nationaux gratuitement quand tu le brandis fièrement sous le nez des guichetiers éblouis. La classe.
Et il est valable trois ans (ce qui signifie que je vais devoir attendre 3 ans pour me tailler un médiator dedans, la vie est dure) (sauf si la fin du monde me fauche dans la fleur de l'âge deux jours avant mon anniversaire).

Alors en attendant de rallier Paris pour aller glander au Louvre aux frais de la princesse (ou du prince plutôt, je ne voudrais pas froisser M. Chatel), je m'échappe de temps en temps à Big City, chaque fois avec des prétextes plus ou moins fallacieux pour aller traîner du côté du Comptoir Irlandais (ce magasin aura ma peau). Hier n'a pas fait exception, puisque, dans mon immense bonté, je suis allée chercher du thé pour Dear Mother, qui était presque arrivée au fond du sachet précédent d'Arran Island (oui, je sais, c'est sans doute le prétexte le plus pourri que j'ai jamais trouvé) (si l'on excepte le "oh ben il pleut, si on allait au Comptoir Irlandais se mettre à l'abri ?" alors que nous étions à deux pas du centre Jaude, l'été dernier).
Cela dit, j'ai bien fait, puisque :
1) J'ai aussi acheté la bière de Noël qu'ils n'avaient plus en stock à Noël (c'est d'une logique implacable) (une Delorean, vite). L'étiquette sur la bouteille est chouette (c'est important).
2) J'ai initié mon medieval friend aux vertes contrées et aux reconstitutions historico-politiques de comptoir (irlandais, bien sûr).
3) Je suis repartie avec un chèque cadeau de 15 euros valables sur mon prochain achat (ce qui me donne un prétexte en diamant pour ma prochaine visite) (mwhahaha).
4) J'ai pu assouvir mon irrépressible envie de Cadbury spread (je sais qu'on en trouve en grande-surface, mais je refuse de tomber dans ce lent et sournois assassinat des petits magasins verts) (et puis je sais pas, je trouve qu'il a meilleur goût quand il vient d'un Comptoir Irlandais) (j'avais aussi envie de chips à la crevette et de fraises trempées dans le champagne, mais le Comptoir Irlandais a ses limites) (et pour toutes les mauvaises langues, non, je ne suis pas enceinte, j'ai toujours des envies comme ça) (une fois j'ai même été réveillée à 3h du matin par une envie de nems, qui m'a empêchée de me rendormir et m'a hantée toute la journée) (on s'en fout).
(ah, au fait, si le vendeur du comptoir irlandais passe un jour par ici (le truc à peu près aussi probable que de tomber sur Ralph Fiennes en allant acheter des collants Bleu Forêt à Monoprix) j'ai vérifié, et le Cadbury est bel est bien plus calorique et plus gras que le Nutella) (j'avais raison, quelle jubilation) (oui, ma vie est fascinante)
5) Je me suis faite brosser dans le sens du poil (ronron) à coups de compliments très élégamment distillés et d'allusions subtiles (à mon prochain chèque cadeau, je suis sûre qu'ils m'offrent une place dans la vitrine). Morceau choisi :
(alors que les tenanciers du lieu et moi parlions de la gourmandise tartino-chocolatée) :
Moi : Mais que seraient les femmes sans le Nutella ... Des canons, probablement (spéciale dédicace au meilleur ami de moi)
Elle : Canon je sais pas, j'ai pas tout vu, mais vous êtes déjà un beau fusil !
Je crois que c'est le plus beau compliment qu'on m'ait jamais fait (bon, c'est pas comme si on m'en faisait tous les jours non plus)

Y a pas à dire.
Ils savent me fidéliser, ces irlandais.
 
 
I see the bad moon arising.
I see trouble on the way.
I see earthquakes and lightnin'.
I see bad times today.
Don't go around tonight,
Well, it's bound to take your life,
There's a bad moon on the rise.
Bad Moon Rising - Creedence Clearwater Revival)

Oui, cela fait un moment, je sais. Mais je suis tellement débordée en ce moment que je me demande encore comment je peux m'autoriser le luxe suprême de dormir au moins quelques heures par jour. Naturellement, mon système immunitaire à la mord-moi-la-rétine a décidé de frapper très fort en m'affublant d'un croisement insolite entre une angine blanche et une bronchite (mon médecin a d'ailleurs bien rigolé quand il a vu la tronche de mes amygdales) (en me demandant au passage comment diable j'arrivais encore à parler avec une paire de berlingots de Soupline coincée dans le gosier) (réponse : avec une voix de baryton et la puissance vocale d’Étienne Daho). Deux semaines que je suis sous antibios (j'en suis à mon 3ème essai, je crois que je peux d'ors et déjà affirmer que j'ai commencé à faire don de mon corps à la science) cortisone et sirop pour la toux (un machin d'une efficacité redoutable, mais qui a le désavantage de me filer une gueule de bois à faire dégriser un irlandais) (c'est assez marrant quand on conduit de nuit).

Bref, plutôt que de vous parler de ma fructueuse ostréiculture intra-pulmonaire (c'est bientôt les fête, je vous en mets une petite douzaine de côté ?), je crois qu'il est plutôt temps de passer à ce que vous attendez tous depuis des millénaires, j'ai nommé ...

La saison 3 des Gueux de l'Amour
(yeah baby)

Souvenez-vous ... Dans la saison 2, Sandy, enfin débarrassée de Lyle, a fait passer Jared au rang de personnage régulier (c'est-à-dire qu'il sourit bêtement au générique désormais), malgré son départ impromptu en Trisopotamie occidentale au sein d'une tribu nécrophage, tout en décidant finalement, sur les conseils avisés de ses amis inspirés, de ne pas répondre à la missive enflammée d'Harvey histoire de ne pas encore s'embourber (encore) dans des histoires en cordes à nœuds.

Sandy se croyait donc tranquille, à vivre anonymement une vie sociale proche de l'étendue du désert de Gobi (Jared exilé, Andy occupé, Missie en working girl), avec son boulot de geôlière d'enfants pour seule distraction, en bonne workaholic qu'elle se destinait à devenir.
Seulement voilà. Sandy ignorait que, 666 ans auparavant, alors que les planètes étaient en parfait alignement avec les poils de genoux du Dagda, son arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-tata-Fernande avait accidentellement renversé un mage borgne unijambiste avec une charrette à bras en rentrant de la foire aux salsifis de Truglidiou-les-Glandouilles. Ulcéré par un tel affront, crachotant de son œil unique et tanguant sur sa papatte tel un chalutier dans la tempête, le vil sorcier lança alors sur la lignée de tata Fernande une terrible malédiction : un beau jour naîtrait dans cette famille maudite une fille vomie par le Destin Purulent, qui aurait pour cheval de bataille les histoires foireuses et ne rencontrerait jamais que des crétins finis sur sa route semée d'orties et de chou-fleurs épineux.
Sandy a finalement réalisé que cette fameuse fille-maudite-sur-seize-générations, c'était elle-même.
Alors qu'elle rentrait du boulot à la nuit tombée (Sandy est la reine des heures supp' gratuites) (non seulement elle est maudite, mais en plus c'est une bonne poire masochiste), crachant ses poumons sur son volant, elle a eu l'immense surprise de trouver ... une nouvelle lettre d'Harvey. Pire que la précédente (si si).
Bon, puisque apparemment l'ignorance ne suffit pas à calmer les ardeurs inexplicables de ce pauvre fabulateur, il ne reste finalement qu'une poignée de solutions :
* Répondre en écrivant avec du jus de piment rouge dilué dans de l'acide sulfurique que non, non et non, Sandy n'est pas du tout tentée par la vie à deux avec quelqu'un avec qui elle a échangé trois mots en tout et pour tout, et pour lequel elle ne ressent absolument aucun ... frémissement (Sandy a vu Pirates des Caraïbes)
* Prendre sa voiture, sa guitare, une bouteille de bière, la bouteille de sirop pour la toux et un paquet de Dinosaurus Chocolat, et disparaître pour toujours dans la nature en hurlant un grand fuck à la face du monde.
* Renvoyer la lettre par colis piégé.
* Envoyer une photo des cordes vocales de Jared (le cliché le plus immonde de toute la galaxie et au-delà).

Sandy hésite. Encore.
En attendant, elle profite de sa voix de baryton pour gueuler du Led Zeppelin à tous les feux rouges.
 
 
When your day is long and the night
The night is yours alone
When you're sure you've had enough of this life, well hang on
Don't let yourself go
Everybody cries and everybody hurts sometimes
Everybody Hurts - R.E.M.

Jeudi, je me suis rendue compte que j'avais VRAIMENT le moral dans les soquettes.
J'ai fait lire La Chèvre de Monsieur Seguin à mes poulbots.

J'ai dû faire semblant d'aller chercher un stylo sur mon bureau pour qu'ils ne voient pas que je m'étais mise à pleurer au début du dernier paragraphe.
 
 
To steer her clear of the car that hit her on the way down
Rubbing asphalt in her wounds
A love that won't die only tortures nothing else no comfort no future brakes a fair-few up
If there is a god someone wake him up and tell him to sort it out
Tell him to sort it out
Command of cars you drive
In Command Of Cars - Snow Patrol

Tous les jours, pour aller travailler, je dois faire une demi-heure de trajet en voiture, dans la brume matinale qui barbouille la cambrousse à 7h30 du matin. Vu que je ne suis pas détentrice du sublimissime privilège d'avoir la permission de piloter ma Mégane depuis des milles et des cents (comprenez que je n'ai décroché mon permis que depuis moins d'un mois) (oui, je fais toujours tout avec un train de retard monstrueux) (première console de jeu à 15 ans, premier téléphone portable à 17, internet à 18, premier concert à 20, premier cours de guitare à 24, permis à 25) (avec un peu de bol, je serai ménopausée à 82 piges), j'avoue que la perspective de me taper une heure de route par jour sur des petites routes pleines de torticolis, soleil clignotant pour se lever du mauvais pied à l'aller, baillant en allant se coucher au retour (oui, je pars à l'aube, je rentre au crépuscule, donc je ne vois pas la lumière du jour. Top pour le moral) me faisait un peu frissonner des genoux. Moi qui me rouvrait Ernie (mon ulcère à l'estomac) à chaque cours de conduite tellement piloter une voiture me faisait faire de cheveux, je le sentais plutôt mal.

Et puis, Snow Patrol a sorti son sixième album (on applaudit, merci), Fallen Empires (celui avec la pochette façon warrior sur une moto, avec un aigle sur le dos). Aucun rapport, me direz-vous, que nenni, vous répondrai-je.

Ce matin, en faisant fumer mon dégivrage arrière avant de décoller de mes pénates (oui, j'ai ENCORE eu la flemme de mettre Gisèle au garage hier, du coup le gel de la nuit avait méthodiquement bouché mon pare-brise) (oui, on s'en fout, mais c'est pour le folklore), j'ai eu l'idée ô combien brillante et judicieuse de faire ma première écoute sur le trajet.
Les premières mesures de I'll Never Let Go ont réussi à faire ce que rien jusque là n'avait pu accomplir auparavant : me mettre le sourire aux lèvres alors que je conduisais à 7h30 du matin pour aller bosser.

Après m'être garée sur le parking (sur ma p'tite place à moi) (oui, j'ai déjà ma place attitrée, en vieille bique que je suis), je me suis surprise à chantonner Berlin en déchargeant mon barda. Oui, les amis. Aujourd'hui, sur mon lieu de travail, par un matin frissonnant, orteils recroquevillés et coudes glaglatants, après avoir conduit une demi-heure avec le soleil levant poignardant mon canal lacrymal, moi, mouton spatial grincheux et définitivement pas du matin, j'ai CHANTE comme un pinson en plein cuicui d'amour sur le parking. Par la barbe pouilleuse de mes aïeux séniles.

Cet album est une vraie surprise. Bon, avec Snow Patrol, c'est une habitude à prendre (ces gars-là sont un peu comme ce magasin de macarons sur le boulevard : j'ai beau y plonger avec délectation depuis bien longtemps déjà, à chaque fois que je farfouille un peu je tombe sur des trucs que je n'aurais jamais soupçonnés et qui me font tomber dans des abîmes de goinfrerie). J'avoue que je craignais un peu le côté électro, mais j'aurais du avoir confiance : tout est distillé avec légèreté, subtilité, on ne perd pas l'essence, l'accent fondamental, le truc qui fait que oui, même avec des néons-tue-mouches et des paillettes fluos, c'est toujours du Snow Patrol. Un peu comme la pâte à macaron en fait. Même si Citron Vert/Cactus et Caramel/Beurre Salé (mes préférés) n'ont franchement pas le même goût, ils restent quand même fondamentalement des macarons.
(j'ai faim)
Bref. Je n'avais qu'une hâte. Reprendre la route, 1) pour rentrer chez moi et retrouver mon lit chéri-adoré avec Gary (le mouton, pas le chanteur de Snow Patrol, ne soyez pas ridicules) et 2) écouter la deuxième moitié de l'album en conduisant.

Parce que oui, avec cet album dans les oreilles, je vais dire une chose que jamais je n'aurais cru pouvoir dire un jour : j'aime conduire. J'ai plus que jamais des envies de fugue, de road trip échevelé de vieille hippie créchant dans sa bagnole avec sa guitare balancée comme un amant sur la banquette arrière, Gary pendu au rétroviseur (le mouton toujours, je ne suis pas un monstre) (et puis autant dire que si j'accrochais Gary Lightbody à mon rétroviseur, j'aurais de gros soucis de visibilité, même après un dégivrage), taillant la route vers des destinations inconnues, auto-radio beuglant Fallen Empires en boucle, moi piaulant we-are-the-light-we-are-the-light-we-are-the-liiiiiiiiight à m'en faire imploser les poumons dans une gerbe de sang.

Cet album est définitivement mon album-à-conduire. Si vous aussi vous avez des soucis avec vos chevaux moteurs, soyez fous, achetez-le.

D'ailleurs, comme promis à ma S.A. (encore elle), à l'occasion de la sortie du nouvel album de Snow Patrol, je devais choisir entre 3 gages de célébration : envoyer une photo de moi à poil couverte de Petit Marseillais Fleur d'Oranger à chaque membre du groupe, chanter One Hundred Things You Should Have Done In Bed en plein milieu de mon inspection, ou avouer cinq choses inavouables de mon parcours d'admiratrice.
Bon, les timbres ça coûte cher Outre-Manche, et j'ai un début de laryngite, alors je vais m'y coller pour ...

... les 5 aveux inavouables.

1) Bien que j'écoute assidûment Snow Patrol depuis 2006, je n'ai découvert le visage des membres du groupe (et leurs noms, par la même occasion) que l'année dernière, un peu avant d'aller les voir en concert (je voulais quand même pouvoir les reconnaître, des fois que je me serais plantée de salle) (j'ai bien fait, au moins j'ai pu repérer à qui je devais demander des autographes à l'entrée des artistes). Déjà, la bobine des chanteurs (et musiciens) ne m'intéresse que moyennement, et surtout je suis frappée d'un syndrome terrible : j'imagine le physique des chanteurs à partir de leur voix. Ayant été traumatisée par le vrai visage de Ivan Moody (le chanteur de Five Fingers Death Punch) (un nom pareil, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille) (je suis amoureuse de sa voix depuis longtemps, mais son propriétaire me ferait très peur dans une ruelle sombre) (et peut-être plus encore sous un lampadaire, tout compte fait), je préférais rester dans l'ignorance concernant la physionomie de Gary Lightbody.

2) En fait, pour une raison que j'ignore profondément, j'ai écouté Snow Patrol de 2006 à 2009 en visualisant Jared Padalecki derrière le micro (bon, cela dit, ils sont tous les deux bruns, grands, et chevelus). Avec Eddie Cahill à la guitare (on voit que je regardais en boucle Supernatural et CSI NY ?). Et le batteur du Muppet Show, mais c'est un leitmotiv pour tous les batteurs du monde dans mon univers imaginaire (Drumfriend, si tu passes par ici ...).

3) J'ai acheté un de leurs albums pour la première fois en 2009. Avant, j'écoutais des CD gravés (c'est mal, je sais) (mais j'étais étudiante, donc fauchée, faut me comprendre, aussi) (dit-elle en jetant un regard coupable à ses 40 albums de U2 et de R.E.M.). D'ailleurs, le Fallen Empires que j'écoute en ce moment m'a été envoyé en mp3 par l'irlandais (mais je vais l'acheter, promis).

4) Je me suis toujours demandé comment ils avaient trouvé le nom de leur groupe. Un soir d'humour hivernal, ou de gastrite au coin du feu, sans doute. J'imagine bien une bande de mecs en train de gratter des guitares dans un garage, après une première répét' arrosée de bouteilles de Guinness, "dites, les mecs, faut qu'on se trouve un nom, oh !". Snow Patrol. Mais que s'est-il passé ? Une overdose de moonboots, sans doute (javais les mêmes en rouge) (on s'en fout). Et puis Snow Flake, ça aurait fait un peu chaton-à-sa-mémé. Meow.
(enfin bon, il y en a bien qui trouvent le moyen de se nommer Mouvements Oculaires Rapides)

5) J'ai une sainte horreur de la reprise de la chanson de Beyoncé (Crazy In Love) (que je détestais déjà interprétée par Beyoncé, d'ailleurs). Oui, bon, j'aime Snow Patrol, c'est vrai, mais je ne suis pas de celles qui adhèrent à tout aveuglément en bavant d'admiration éperdue (cette chanson me sort par tous les trous). D'ailleurs cela me fait réaliser qu'il n'y a pas un seul groupe que je connaisse dont j'aime absolument toutes les chansons. J'aurais fait une très mauvaise groupie si j'avais un jour eu une mentalité de teenager (mais j'ai toujours été une vieille bique rabat-joie, même quand j'avais 17 ans) (c'est sans doute pour ça que je hais Twilight à ce point).

Bon, j'entends Gary me réclamer à grands cris depuis le fond de mon lit (le mouton, voyons) (pfff).
 
 
Aren't you scared ?
Well, that's just fine
Say it once, say it twice
Take a chance and roll the dice
Ride with the moon in the dead of night.
This Is Halloween - The Nightmare Before Christmas Soundtrack

Howdy folks !
It's been a while, but I've been sooooo busy last weeks.
Je vous ai manqué, hein ? Je le savais.

Bref, what's new ?

Pas grand chose en fait (pour ça aussi que je ne venais pas poster par ici) (je sais bien que je parle souvent pour ne rien dire, mais il y a des limites à tout, quand même) (je ne suis pas un monstre). Ma petite vie de geôlière en pays poulbotant se déroule avec ses joies quotidiennes (mais qui a perdu mon arrêté de nomination ?) (oh, chouette, on a changé les dates des animations pédagogiques sans rien dire à personne) (ô joie, l'emploi du temps n'est pas conforme aux IO) (mais au fait, quelqu'un a vu la décharge de la directrice ?) (mais non, je t'assure, aucun problème, ça ne me dérange absolument pas de NE PAS MANGER aujourd'hui).

Heureusement, entre la fin de mon séjour en ZEP et mon débarquement pavillon flottant en rase cambrousse, il y a eu Hallowe'en. Qui a failli tomber à l'eau comme chaque année (je crois être la seule personne de ma connaissance qui s'acharne à vouloir fêter Hallowe'en chaque année) mais qui, grâce à ma poigne de fer de vieille sorcière frustrée, a pu voir le jour (ou plutôt la nuit, en fait) à force de harcèlement (mais bordel de merde, dis oui, nom de dieu !) et de pugnacité (non, franchement, fêter Hallowe'en sans se déguiser, c'est un blasphème).
Un jour, je trouverai des potes qui auront vraiment envie de se grimer en morts-vivants ou en Lady Gaga et de bouffer des bonbons jusqu'à la crise de foie devant Sleepy Hollow le 31 octobre.

D'autant que cette année, j'aurais pu (du) le fêter avec l'irlandais, qui a préféré m'abandonner lâchement pour aller folâtrer avec les leprechauns zombies en pays tréflesque (le fourbe), alors qu'il m'avait fait miroiter l'espoir insensé d'un costume de loup-garou-détransformé (oui, moi aussi je me demande toujours à quoi cela peut bien ressembler) (et je ne le saurai sans doute jamais) (JAMAIS) (life is a bitch).
Du coup, c'est encore Lucette qui a du s'y coller. Avec une autre copine Hallowe'enesque, que, pour préserver son honneur et son intégrité, nous appellerons Choupinette.
J'ai encore ressorti ma tunique façon Erzébeth Bathory (un cadeau d'une vieille copine, qui est trop occupée à repeupler la France pour fêter Hallowe'en) (comprenez qu'elle est plongée dans les couches culottes pour la seconde fois) et mon jupon vintage en crêpe noir (résidu 70's de la garde-robe familiale), avec mon vieux Bibi, mon inoxydable chapeau de sorcière en velours. Attifée comme une chevaucheuse de balais, j'ai donc rejoint Lucette (en robe-rouge-diablesse-chic-dominatrice) et Choupinette (déguisée en Elle-Même, c'est-à-dire pas déguisée, puisque personne ne l'avait mis au courant que c'était Hallowe'en) (et qu'elle ne sait pas encore se servir d'un calendrier). Comme Choupinette faisait un peu misérable sans costume (malgré un magnifique sac en peluche-fausse-fourrure qui aurait donné des sueurs froides à la PETA), Lucette et moi nous sommes occupées de son cas. Une heure plus tard, elle était une jeune fille morte noyée ayant vendu son âme à Lucette, yeux noircis et visage plus pâle qu'un mouton albinos, cheveux en vrac et collants déchiquetés.

Un dernier adieu à la salle de bains qui avait accueilli généreusement nos barbouillages de trogne, et nous voilà parties pour le restaurant (on peut être démoniaque, morte et jeteuse de sorts, il n'en reste pas moins que l'estomac est notre seul maître). Le nôtre était fermé, nous avons donc choisi le mieux décoré (toiles d'araignées, serveuses-sorcières et saladier de bonbons sur le comptoir) pour aller baffrer des pâtes en toute impunité.
On a voulu tenter d'aller se faire un billard après, mais ... la faune locale nous a un brin rebuté.
Du coup, on a fini chez moi, à manger des pommes séchées devant un épisode de Medium, ma bouille de citrouille clignotant de toute la force de sa bougie sur mon balcon. Lucette travaillait le lendemain (quelle honte), du coup à une heure du matin nous avons rejoint nos pénates soufrées.

Bon, c'était une petite soirée sympa entre filles, on a pu cracher notre bile fumante sur à peu près tous les mecs qui ont croisé notre route, raconter des blagues pourries, manger des tagliatelles en se couvrant le visage de sauce au bleu, se balancer des allusions salaces à chaque fin de phrase et prendre un air désabusé en parlant de nos boulots respectifs. Choupinette a tenté de me piquer mon sac Ed Hardy à plusieurs reprises, Lucette et moi avons fait péter le rosé dans les verres à eau et j'ai essayé d'ouvrir la porte de mon appartement avec ma clef de voiture. Mais bon. On était tellement belles que les serveuses nous ont prises en photo et nous ont offert des bonbons. *sigh*

L'irlandais m'a envoyé des sms toute la soirée pour me dire à quel point il se faisait chier à manger du colcannon en écoutant sa grand-mère parler de son arrière-grand-oncle-que-c'était-un-mec-tellement-bien-que-jamais-il-aurait-du-mourir-mais-life-is-a-bitch-sweety. J'ai envie de dire que c'est bien fait pour sa pomme et qu'il y a quand même une justice ici-bas, mais je ne suis pas un monstre.