No matter what happens now
I won't be afraid
Because I know today has been
The most perfect day I've ever seen

Videotape .:. Radiohead

J'en avais déjà parlé moult fois, vous devriez vous en souvenir (si ce n'est pas le cas c'est que vous êtes soit des cervelles de poissons rouges, soit des ptits nouveaux, soit des ingrats), mais le 10 juillet, je devais aller voir Radiohead aux arènes de Nîmes. Et puis comme cet événement ne pouvait être manqué que dans les cas d'extrême incapacité (aka ma mort par décapitation) et que ma tête est encore sur mes épaules, je suis donc allée voir Radiohead aux arènes de Nîmes le 10 juillet. Et comme je sais que vous n'êtes qu'une bande de curieux assoiffés de posts longs comme un cou de Brachiosaure, je vais vous raconter la passionnante histoire de mon périple. Asseyez-vous, prenez un Figolu.

Nous étions donc six dans l'aventure. Sept en fait, mais la septième n'était avec nous que pour le trajet et ne venait pas au concert. Donc six, plus une guest. Six centrés autour de mon meilleur ami (qui était à l'origine de tout cela et que, pour épargner son anonymat, nous appellerons Albert) : sa mère (que nous appellerons Marcelline), son meilleur ami (Maurice), son amie (Monique), l'amie de son amie (Micheline), et moi (bon, pour la peine et parce que si jamais l'un d'entre eux tombe un jour sur cette page et voit le prénom foireux dont il a hérité, il me haïra jusqu'à ma trente-neuvième réincarnation, nous m'appellerons Sidonie). Et la septième roue du carrosse, que du coup nous appellerons Micheline aussi. Marcelline et moi habitant toutes deux à Home City, nous avons fait la route ensemble dans ma vieille charrette à bras (alias Gisèle ma voiture) jusqu'à Big City pour rejoindre les autres, en un frais matin du mardi 10 juillet de l'an de grâce 2012.

Là, nous avons formé les équipes pour se répartir dans les voitures et les gradins des arènes (puisque nous faisions la route ensemble mais n'allions pas atterrir au même endroit en bout de course). La Team Tampax (une idée d'Albert, forcément), composée de Monique et des deux Micheline est partie dans une voiture, la Team Beaux Gosses (moi aussi j'ai eu un soupir exaspéré) composée de Marcelline, Albert, Maurice et moi avec Gisèle. Et roulez jeunesse, nous voilà partis. Je vous épargne les vicissitudes du voyage (je vous dirai juste qu'on a chanté sur du Ultra Vomit et des Fatals Picards, sur le générique des Pokémons et autres mangas douteux, qu'on a mangé assis dans l'herbe battue par le vent d'une aire d'autoroute, que le sandwich au salami de Maurice a fait débat, qu'on a essayé de communiquer avec l'autre voiture avec des montres-talkie-walkie mais que la Team Tampax était beaucoup trop sérieuse pour nous répondre, que Maurice a offert à Monique un petit bout de bois parce qu'il avait vu une petite fille donner un caillou à son papa et qu'il lui avait dit merci, que Monique a balancé le-dit bout de bois, et qu'on a été très déçus par les rambardes du viaduc de Millau qui ne laissent pas voir le paysage en contre-bas).

Et puis, finalement, nous sommes arrivés à Nîmes. Chance du débutant, Albert nous a déniché une place de parking à deux pas des arènes, nous avons donc pu aller directement sur les lieux du crime. Et nous avons découvert ceci :
Outre la fracture de l’œil qu'une telle merveille d'architecture romaine a déclenché chez chacun d'entre nous (notre groupe étant composé d'un Historien, d'une ex-Historienne d'Art et d'un Touristien, je vous laisse imaginer le carnage) (oui, je sais, Touristien, ça se dit pas) (je fais ce que je veux). Et, merveille des merveilles, est parvenu à nos oreilles le son le plus délectable qui soit ... les balances de son ... Je crois que c'est seulement à ce moment-là que nous avons réalisé que nous allions vraiment le faire, ce concert (oui, on est un peu mous du genou par moments).

Alors évidemment, en bons paniers percés groupisants que nous sommes, le stand de t-shirts nous a appelé de sa douce voix, et chacun est reparti avec un précieux butin. Maurice et moi avons craqué sur un gilet et des badges, Albert sur les badges aussi, une peluche et un album de remix, moi sur un porte-clef supplémentaire. Après une séance photo pour immortaliser nos glorieux faciès devant les arènes (avec Marcelline en photographe officielle), nous sommes partis visiter Nîmes (le bonheur des places numérotées ... on peut se permettre de ne pas faire la queue).

Nous avons commencé par quelques églises (notamment Saint Castor), où Maurice m'a rafraîchi les souvenirs du Pérouse de Montclos, avant de se rendre compte que 31°, ça plombe un dinosaure, et d'aller boire un verre en terrasse. Verres qui ressemblaient à ça :
(ça c'était le mien, un smoothie de fruits avec une boule de sorbet banane et une montagne de chantilly) (je suis une abominable gourmande)
(et le thé glacé d'Albert, avec un bout d'Albert derrière, d'ailleurs)
Là c'est sûr, on le réalise, nous sommes en vacances.

Et puis, forcément, nous avons visité la Maison Carré. Qui est rectangulaire. Enfin, quand je dit visité ... Seulement de l'extérieur, car nous n'avions pas le temps, ni le budget, d'aller à l'intérieur. Mais là est l'intérêt de se trimballer un Historien (outre le fait qu'il trouve des noms de code débiles et qu'il sache faire un créneau), c'est qu'il peut te faire la visite guidée sans te faire déballer un centime. Albert nous a donc fait le commentaire (ma foi très enrichissant) de la Maison Carré (qui est rectangulaire), et nous l'avons écouté religieusement (enfin, jusqu'au moment où j'ai décidé de faire des photos modes en lui vissant ma capeline sur l'occiput) (l'Historien est un être conciliant) (c'est un peu comme une grande poupée qui parle).
(admirez au passage le bleu du ciel) (et constatez par vous-même que la Maison Carrée (qui est rectangulaire) est absolument démentielle (et rectangulaire)
Comme il faisait très chaud, l'Historien a proposé d'aller visiter les Jardins de la Fontaine (et de jeter un œil à la Tour Magne en passant). En fait il faisait aussi chaud dans les jardins, mais plein de choses nous ont fait oublier qu'on transpirait déjà des pieds :

Les sculptures, déjà, absolument PARTOUT. Dans les bassins, dans les escaliers (d'ailleurs les escaliers de Nîmes sont assez particuliers : les romains avaient semble-t-il des gambettes télescopiques), entre les arbres ... Partout. On s'en est mis plein la vue.
Pan !!!
Bon, par contre, détail un peu dégueu, les points d'eau sont absolument immondes. Remplis d'algues pourries et de mousse douteuse, à tel point qu'on se demandait parfois s'il restait vraiment de l'EAU dessous (la photo ci-dessus montre le bassin le plus propre de tout le jardin, et encore, vous ne voyez pas les machins gluants que l'on devinait sous la surface). Et il y avait des carpes koï qui nageaient péniblement là-dedans, et des canards qui traînaient des lambeaux non-identifiés accrochés à leurs papattes. Succulent.

Mais ce qui nous intéressait le plus, ici, c'était le Temple de Diane. Qui n'était probablement pas un Temple de Diane d'ailleurs, mais plus vraisemblablement une bibliothèque (qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour affoler le touriste ...).
Effectivement, cela ressemble à un temple, en ruines, avec des niches un peu partout, des arcades et des frontons, et, détail ô combien exaltant pour les gros gamins que nous sommes, des petits passages dérobés un peu partout, comme dans Indiana Jones. Avec des gravures bizarres sur les murs faites par des Indianas Jones précédents, des "petits" murets à sauter (petits pour Maurice et ses jambes à rallonge, beaucoup moins pour moi et mon mètre 67 qui avait déjà le vertige) (heureusement, Maurice a eu le bon goût de me choper par les genoux pour me faire descendre, mais le mauvais goût de le faire par surprise, engendrant les hurlements de pintade égorgée que je produis généralement dans ce genre de situation). Mais le jeu en valait la chandelle, puisque nous avons découvert une sorte de puits grillagé rempli de cadavres de bouteilles dans un passage entre des racines d'arbres. Puits qui servait vraisemblablement de saladier à sangria pour les orgies avec des piques en fer pour y ficher des chamallows pour les feux de camp et des tranches de pastèque les jours de grande chaleur (en vrai l'Historien n'en savait rien).
Après toutes ces émotions, et un nouveau verre à une terrasse (il faisait TRÈS chaud), il était déjà l'heure de prendre la route des arènes pour (parce que c'était quand même le but, finalement) assister au concert. Les bouteilles étant interdites à l'intérieur (ils veulent notre mort) (on s'est même demandés si quelques uns d'entre nous n'allaient pas finir gladiateurs à l'insu de leur plein gré), nous avons fini notre eau (chaude) avant de pouvoir rentrer, et Albert a acheminé les objets métalliques (un spray de déodorant et ma bombe de laque miniature) qui avaient été refusés jusqu'à la voiture. Et nous avons ENFIN pu entrer.

Et constater que les romains étaient décidément des buses quand il s'agissait de bâtir des escaliers.

Mais une fois à l'intérieur, le choc ...
On s'est pris la claque de notre vie.
Vraiment.
2h20 de concert absolument démentiel, indescriptible, fabuleux, extatique ...

Nous avons eu cette setlist (chaque concert de Radiohead, même d'un jour à l'autre, est unique, ils ne jouent jamais les mêmes morceaux à quelques exceptions près) :

Lucky (en ouverture, c'est exceptionnel, ça nous a emporté illico)
Bloom (chanson d'ouverture du dernier album, que j'ai redécouverte pour l'occasion)
Morning Mr Magpie
15 Step (là j'ai commencé à devenir hystérique)
There There (là je suis VRAIMENT devenue hystérique)
Staircase (que Thom a présentée en tant que "new song")
The Gloaming (avec son lot d'effets sur la voix et une chorégraphie épileptique de Thom)
Separator
I Might Be Wrong (une de mes chansons favorites, j'étais aux anges, d'autant qu'ils la jouent assez rarement)
Pyramid Song (avec Johnny jouant de la guitare avec un archet, tout le monde a décollé. J'ai eu la chair de poule tout du long) (encore une de mes chansons chouchoutes)
Nude (LA révélation. On se tenait les mains tellement l'émotion était forte. Maurice et moi avions la larme à l’œil, je n'osais pas regarder du côté d'Albert pour ne pas fondre en larmes) (standing ovation à la fin, les arènes ont commencé à vraiment chauffer)
Identikit
Lotus Flower/Moon Upon A Stick
Feral
Little By Little

Paranoid Android (là ça a été le début de la fin. C'était LA chanson que tout le monde voulait, le morceau de bravoure de plus de 6 minutes où on a tous pété un câble et envoyé nos bras, reliés par nos mains jointes, un peu partout et dans tous les sens. L'extase)

Premier rappel :
Treefingers (jouée en live pour la première fois, un honneur) (Maurice et moi avons commencé à prier pour qu'ils jouent Everything In Its Right Place, en croisant tous les doigts qu'on a pu croiser)
Give Up The Ghost (qui a eu un début chaotique, Thom s'étant planté dans le rythme et ayant gratifié l'assemblée d'un mémorable et spontané "fuckin' rythm !!")
Videotape (une autre de mes chouchoute, je suis gâtée)
Arpeggi
Full stop


Deuxième rappel :
Everything In Its Right Place (ENFIN !!) (les arènes nous ont perdus, Maurice et moi) (preuve que le mojo-de-doigts MARCHE)
Idioteque (foule en délire, lumières stromboscopiques et chorégraphie très discutable de Thom)

Troisième rappel :
Reckoner (la chanson a été dédiée à Scott Johnson, l'un des techniciens du groupe, décédé lors de l'effondrement de la scène à Toronto) (son visage était affiché sur les écrans géants, l'émotion était palpable) (j'ai eu bien du mal à retenir mes larmes).

Et puis c'était fini. L'espace d'un battement de cœur, tout était terminé. Nous sommes sortis des arènes avec l'impression de flotter à vingt centimètres du sol. Emportés par l'euphorie, Albert est allé se prendre lui aussi le fameux gilet, tandis que Maurice et moi avons finalement acheté le t-shirt du concert, en guise d'uniforme. Personne n'avait envie de repartir, nous sommes donc allés faire un débriefing à chaud à la terrasse d'un café (après avoir enfilé nos t-shirts, Maurice et moi) en sirotant des boissons-madeleine-de-Proust.
2h du matin et des yaourts, nous avons repris la route, tristement. Albert a conduit courageusement, soutenu psychologiquement par Marcelline, Maurice et moi avons sommeillé à l'arrière en écoutant ... Radiohead. Quelques fous rires et une chorégraphie plus tard sur une aire d'autoroute (où il commençait à meuler sévère), Albert a repris le volant, Maurice et moi avons sombré comme des sacs dans les bras de Morphée jusqu'à Big City (et avons récolté pour le prix de notre abandon quelques dossiers photographiques des plus sadiques et ignobles).

Puants et en vrac comme des chacals morts sur l'autoroute, nous avons pris un petit déjeuner à Big City avant de regagner Home City, Marcelline et moi, et de revenir à la réalité ... Tout doucement.
 
 
There's a drumming noise inside my head that starts when you're around
I swear that you could hear it
It makes such an almighty sound
There's a drumming noise inside my head
That throws me to the ground
I swear that you should hear it
It makes such an all mighty sound
Drumming Song - Florence + The Machine

Non, je ne vais pas vous parler de Pâques.
(Je ne fête pas Pâques, moi, môôôsieur, je suis païenne-traine-poulaines, moi môôôsieur, je ne fais que céder à la tentation promue par les supermarchés en m'empiffrant de chocolats, moi môôôsieur) (d'ailleurs j'ai trouvé des MOUTONS en chocolat avec un air affreusement niais trop génial, j'en ai déjà mangé un, et il était vraiment bon) (et on s'en fout carrément, là n'est pas le propos).

Non, je ne vais pas non plus vous parler du lapin qu'on a disséqué avec les collègues sous les yeux horrifiés/passionnés (il faut de tout pour faire un monde) d'une classe de CM1 le mois dernier (sachez juste qu'on l'a fait à l'insu de notre plein gré et que franchement, avec du recul, on s'est dit qu'on aurait probablement du partir en claquant la porte quand on nous a "proposé" l'idée).

Je ne vais pas non plus faire de la pub pour une marque de légumes en boîte (je suis tombée bien bas, mais pas à ce point, tout de même).

Et je ne vais pas non plus continuer à vous farcir l'occiput de tous les trucs en rapport avec un lapin dont je ne vais pas vous parler, parce que moi aussi, ça commence à me les hacher menu.

Bref, je vais vous parler musique.
Une découverte qui n'en est pas vraiment une, parce qu'elle date un peu quand même, et que ça fait des mois que je me dis que je devrais en parler un peu ici, mais la procrastination étant ce qu'elle est ...
Voilà quoi.

J'ai découvert Florence + The Machine d'une manière tellement honteuse que je vais me faire un plaisir de la raconter (oui, j'ai un côté masochiste).
J'ai écouté la B.O. de Twilight.
Bon, que les choses soient claires : j'ai vu le premier Twilight, je me suis fait chier comme un rat mort (je me tapais des fous-rires avec la copine avec laquelle j'étais allée le voir, tellement c'était niais, on s'est fait siffler par des ados pleines de piercings et de mèches roses, c'était marrant), et j'ai lu les quatre tomes (oui, je suis masochiste ET suicidaire) qu'une copine (pas la même, vous vous en doutez) m'avait prêtés, tomes qui m'ont encore plus barbée si c'est possible, et encore plus secouée de rire à chaque page.
Mais cela dit, il y a une chose que je dois reconnaître, c'est que les B.O. de ces nanards ne manquent pas toujours d'intérêt (bon sang, il y a du RADIOHEAD sur la première, rendez-vous compte !), et que du coup, prise de curiosité, j'y ai jeté une oreille.
Je n'ai pas accroché à grand chose, mais une chanson en particulier a retenu mon attention : Heavy In Your Arms.
Cette voix féminine si grave et mélodique à fois, ce texte si ambigu, cette musique lourde, sourde, frappante, pesante, ces accords de guitare saturée et ces beats de batterie en trame directrice m'ont transportée immédiatement. Je me suis mise à l'écouter en boucle. Et puis quand même, au bout d'un moment, j'en ai eu un peu marre d'écouter tout le temps la même chose, et je me suis dit que je passais peut-être à côté d'une myriade de morceaux tout aussi chouettes.
Donc, j'ai fait comme tout le monde au XXIème siècle : je suis allée sur Youtube, et j'ai cherché ce fameux groupe. J'en ai écouté une, puis, deux, puis trois, puis dix. Le lendemain, je suis allée m'acheter les deux albums (Lungs et Ceremonials) à la Fnac (en plus c'était le jour 4 CD pour 20 euros, vous pensez que je me suis sentie vernie, et que pour la forme je me suis aussi pris deux petits Led Zep des familles).

En un mot comme en cent, cette nénette envoie du pâté. Déjà, elle a un univers, un look, un décor totalement Tim Burtonien, déjanté, décalé, atypique, qui me plait énormément. Les livrets de ses albums ressemblent à des photos prises dans des cabinets de curiosité, remplies d'objets bizarres, de bestioles naturalisées, de robes à dentelle XVIIIème, de senteurs un peu morbides mais tellement fascinantes.
Ensuite, elle a des textes absolument géniaux. Intituler une chanson "My Boy Builds Coffins", affirmer qu'un baiser avec un coup de poing dans la gueule vaut mieux que rien du tout, ne faire dormir une fille que d'un oeil parce que cette §%µ$ vous a trahie et qu'elle sent maintenant poindre les représailles, chanter un hymne aux chambres à coucher, aux percussions, parler d'amour et en même temps de noyade, d'exécution et de sacrifice, il fallait oser.
Et sa musique est tout aussi atypique qu'elle, souvent lourde, menée par la batterie, parfois plus légère, presque féérique, scintillante. Elle vous transporte ailleurs, dans un univers imaginaire, une sorte de Pays des Merveilles aussi décalé que celui de Lewis Carroll, incroyablement beau, mais aussi effrayant et absurde.
A mon humble avis, cette fille est à la musique ce que Tim Burton est au cinéma : une impératrice du bizarre, du macabre-merveilleux, qui met un peu mal à l'aise au premier abord parce qu'on sent bien qu'au fond elle est totalement cinglée, mais qui fascine parce que sa folie est tout simplement une véritable oeuvre d'art qu'on ne se lasse finalement plus d'écouter.
(oui, je l'aime à la folie, vous l'aurez compris)
(en plus on est du même millésime toutes les deux, c'est forcément quelqu'un de bien)
(et elle est rousse) (CQFD)

Allez y jeter une oreille, ou même deux, trois si vous en avez en rab.
Le voyage vaut franchement le détour.
 
 
A symphony
Slow music of longing
Plays in movements
Inside your head
There are no ghosts
No ghosts that can shake you
Like they used to
Anymore
The Symphony - Snow Patrol

Lors de mon dernier passage à Paris (je vous ai déjà dit à quel point j'aimais Paris ?) (oui, je l'ai déjà dit) (mais je le redis) (j'aime Paris de toutes les forces de chaque fibre de mon être), je suis tombée, presque par hasard (on va dire que je ne m'y attendais pas et que je n'étais pas franchement dans un mood de "découverte musicale super chouette qui remue les intestins") (c'est poétique, je sais) sur un groupe de pop rock nord-irlandais dont je me suis dit qu'il fallait absolument que je vous parle, pour une poignée de bonnes raisons :

1) De nos jours, où allumer la radio revient à infliger à nos tympans la torture d'une poignée de nanas siliconées qui couinent en maillot de bain, une découverte musicale qui tient la route est toujours on ne peut plus salutaire.
2) J'ai promis au chanteur de ce fameux groupe de lui faire de la pub, et comme je n'ai qu'une parole, je m'y tiens.
3) Les irlandais sont mes amis, qu'ils soient du nord ou du sud, roux ou bruns, qu'ils carburent à la bière ou au whiskey (voire à la gnôle de pomme de terre, mais c'est un autre débat).

Ce fameux groupe s'appelle donc Rams' Pocket Radio (oui, moi aussi j'ai mis trois jours à m'en souvenir avant de pouvoir le taper d'un coup sans chercher sur Google), et est composé d'un chanteur-claviériste-batteur-fou-maître-Jedi (le fameux avec lequel j'ai papoté un bon moment) (qui s'appelle Peter McCauley, soit dit en passant), d'une bassiste chanteuse qui a le bon goût d'avoir la même couleur de cheveux que moi (c'est à dire un roux flamboyant qui devrait être indemnisé par EDF), d'un batteur bien tonique et d'un guitariste qui grattouille joliment une Stratocaster.

Après avoir jeté une oreille, puis deux, puis trois (la troisième n'était pas à moi) (ne cherchez pas) à leur musique, et avoir enfin décrété que c'était bon pour ma santé, j'ai donc discuté un peu avec le fameux Peter (un garçon vraiment charmant) (irlandais, je vous dis). Forcément, même si depuis quelque temps je m'étais promis de ne plus faire dériver les conversations vers des sujets qui pourraient me porter préjudice (après avoir raconté que je m'étais fait mordre la cheville par un goujon dans une rivière au vendeur du Comptoir Irlandais), on a fini par se raconter nos vies et à dévier quelque peu de notre échange original (qui pouvait se résumer à un "oh bon sang, les mecs, vous envoyez du pâté").
Immanquablement, il m'a demandé d'où je venais. N'ayant pas de carte de France à lui exhiber fièrement sous le nez pour lui cartographier mon trou à rats, j'ai tenté d'expliquer maladroitement que je venais d'une petite ville perdue en plein milieu de la France. Ce à quoi il a répliqué, avec un sourire amusé, un "ah ah, country girl !".
Me suis jamais sentie aussi bouseuse. Du coup, peut-être par un sursaut de fierté mal placée, j'ai précisé très inutilement que j'étais "school teacher" (il devait s'en foutre comme de sa première pinte), mais l'image de Laura Ingalls s'est tellement immédiatement imprimée dans mon esprit que j'ai regretté illico ce que je venais de dire.
Mais du coup, il a du se sentir en confiance (entre expat', on se comprend, j'imagine), et, sur le ton de la confidence, presque gêné, il m'a demandé si je m'étais promenée dans le parc de la Villette (il aurait sans doute mieux fait d'aller traîner ses Converses du côté de Rivoli, mais bon, je dis ça, je ne dis rien). Il se trouve que oui, j'avais déjà flâné dans ce coin-là. Toujours sur le ton de la confidence (je me suis vaguement dit qu'il avait peut-être des liens avec la mafia), il m'a alors demandé : "Mais euh ... Tu ne trouves pas qu'il y a des gens bizarres qui trainent dans le coin ?".
Ha ha.
Comme je lui ai dit, "mon ptit bouchon (enfin, je l'ai tourné autrement hein) (je ne sais pas dire bouchon en anglais) (apparemment, c'est "cork", j'ai vérifié en rentrant) (ne me remerciez pas) si tu veux vraiment voir des gens bizarres, prends le métro."

Parce que oui, s'il y a une chose que j'adore plus que tout à Paris (et que je hais parfois tout autant, d'ailleurs), c'est le métro.
Si vous avez déjà pris le métro et que vous regardez Bref, vous savez alors que c'est blanc, carrelé, que ça pue, bref, que c'est comme 215 km de chiottes en-dessous de Paris (et qu'effectivement, je confirme, il y en a qui confondent).
Mais outre l'aspect dégueu de la chose, il y a quand même de bonnes raisons de prendre le métro à Paris :
1) Bon, déjà, ça représente quand même une sacrée portion de la capitale, et c'est tout de même LE transport en commun le plus utilisé par les bipèdes là-bas (qu'on y soit autochtones, touristes, SDF, terroristes ou padawan) (ou un peu tout ça à la fois). Ce qui fait que la plupart des gens y passent une importante partie de leur vie (d'où le fameux "métro-boulot-dodo"). Le meilleur, comme le pire. Bref, tu ne peux pas dire que tu as vu Paris si tu n'as pas vu le métro. CQFD.
2) Il y a encore parfois des musiciens à la sauvette, qui peuvent soit te mettre les oreilles au court-bouillon du supplice (cf l'accordéoniste édenté du RER B qui m'a beuglé Mon Amant de Saint Jean en pleine tronche à 7h du matin), soit carrément te donner des frissons et te tirer des larmes d'émotion à te suicider le mascara. Comme cette fille-là, par exemple (oui, j'ai pleuré dans le métro, mais comme j'étais sur le point de repartir, je ne sais pas vraiment si c'était une expression lacrymale de plénitude ou de chagrin) :
3) Et puis, donc, comme je le disais à Peter, dans le métro, il y a des gens bizarres. Mais alors, vraiment bizarres. Pas le type qui va porter un bonnet à pompons avec un costard cravate, non, du vrai, du lourd, du carabiné. Du bizarre de compét'. Comme ce type qui reniflait des pages de magazines et semblait y prendre un plaisir tellement intense que c'en était presque obscène, et tentait de persuader une pauvre femme assise à côté de lui d'en faire autant, à grands coups de borborygmes incompréhensibles. Et le plus bizarre (parce que oui, il y a quelque chose de plus bizarre encore, si si) c'est qu'il n'avait pas d'ongle. Pas d'ongle du tout. Juste de la peau, fripée, comme pleine de cicatrices, à la place.

Enfin bref, toujours est-il que, une chose en entraînant une autre, on a fini par parler de Snow Patrol (parce que figurez-vous que Rams' Pocket Radio a fait la première partie de Snow Patrol dans certains concerts européens) (et puis j'avais un sac Snow Patrol pendu à l'épaule et un téléphone portable qui sonnait en beuglant Called Out In The Dark). Il m'a donc demandé si je les avais déjà vu en concert, et, voyant mon enthousiasme (c'est à dire l'étincelle de groupitude qui avait du s'allumer dans mon œil de mérou frit) en évoquant ces grands moments d'amûûûr musical, m'a demandé si j'étais fan (je hais ce mot) (il est tellement chargé d'hystérie malsaine, de nos jours) (on pourrait limite en faire un synonyme de terroriste). Ce à quoi j'ai répondu qu'évidemment, si je ne les aimais pas, je n'aurais jamais fait le voyage exprès pour les voir depuis le trou du cul du monde.
Cette constatation a semblé le plonger dans des abysses d'hilarité.

(Quand je pense qu'au départ je voulais simplement vous dire d'écouter sa musique) (mais mon cerveau est un peu à ma prose ce que le métro est à Paris) (enfin, cela dit, écoutez quand même sa musique)

(sinon, puisqu'on est dans le racontage de vie, il y a une autre chose que j'aime à Paris : les touristes japonais) Lors de mon dernier passage (le lendemain de la fameuse conversation avec Peter, d'ailleurs) je suis allée prendre mon petit déjeuner au carrousel du Louvre. J'adore faire ça quand je suis seule à Paris : j'y vais un peu avant l'ouverture des magasins, je prends un cookie et un latte caramel au Starbucks, et je vais me poser un peu sur un banc en regardant les gens s'affairer partout comme des fourmis : les commerçants qui ouvrent leurs boutiques, les touristes qui commencent à affluer, et, last but not least, les japonais.
Qui portent des masques sur le nez alors qu'ils viennent d'un pays qui est sans aucun doute l'un des géants du nucléaire et de la pollution toute catégorie. J'adore.
Et ils se déplacent. En banc, comme des petits poissons. Et ils vont super vite. Ils te vident une devanture Chanel en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Superqualifragilistiquexpialidocious. Et ils font des photos. De tout. Tout le temps. J'adore.

Bref, pour en revenir à nos moutons irlandais, voici une petite liste de liens si vous voulez jeter une oreille (ou deux, ou trois si vous avez des amis ou un caryotype bizarrement constitué) à Rams' Pocket Radio :

Leur Facebook (pour leur dire que vous les aimez en levant le pouce tel un empereur romain).
Leur Myspace (pour se tenir au jus de leur actu) (parce que ça rime) (et que j'ai le cerveau spongieux).
Leur blog (pour en rajouter une couche) (ou une louche) (ou une mouche) (une babouche ?).
Leur page SoundCloud (pour y jeter trois oreilles) (mais pensez à les récupérer, après) (vos oreilles, je veux dire).

Ah, et puis j'ai trouvé une photo qui a été prise le fameux jour de la fameuse conversation avec le fameux irlandais et ses fameux copains. Elle n'est pas de moi, mais si son propriétaire passe par ici, je me ferai un plaisir de faire un lien vers son blog, s'il en a un (disons que c'est pour vous donner une idée de l'ambiance échevelée (au sens propre et au figuré) de ce petit meeting improvisé) :
Peter est tout à gauche, Shauna la bassiste est au centre (et vous avez donc un aperçu de ma nouvelle couleur de cheveux) et à droite, il me semble qu'il s'agit du guitariste. Ou du batteur. Bref, l'un des larrons du groupe. Mais je ne l'ai pas rencontré personnellement.

Bon, je vais me coucher, le tchouk ball m'a tuée.
C'est sans doute le sport le plus débile que j'ai jamais pratiqué (et pourtant j'ai failli finir championne du monde de lancer de crêpe trop cuite) (mais il semble que mon plafond manque quelque peu d'adhérence).
 
 
This is one for the good days
And I have it all here
In red blue green
Red blue green
Videotape - Radiohead

Oui oui.
C'est bien ça.
Ceci est bien un éventail de billets de concert pour Radiohead, à Nîmes, le 10 juillet 2012.

Vous savez quoi ?

Il y a le mien dedans.
MON billet.
JE vais voir Radiohead en concert à Nîmes le 10 juillet 2012.

Fuckin' bastard I am.

...

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
 
 
I been lookin', I been searchin'
Just to find a little fun
Thought that I would never get me some
So I got myself together and I found
This little song
Now I got a party going on on on on
If You Buy This Record Your Life Will Be Better - The Tamperer
Ça y est.

J'écoute Snow Patrol légalement.

Alors comme dirait l'autre ... faisez-moi pas chier.

Weeee aaaaaaaaare listeniiiiing and weeeeeeeeeeee're noooooooooot bliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiind

 
 
Broken heart and broken bones
Finger pressing down the horse pills
One more quirky cliched phrase
You don't wanna wanna read them
I Hate Myself And I Want To Die .:. Nirvana

Je viens d'apprendre que les membres de R.E.M. avaient décidé d'assassiner leur groupe en se séparant, le 21 septembre 2011 (quand je dis que j'ai toujours un train de retard) (je suis une fan épouvantablement indigne).

J'ai tellement envie de mourir que je crois que je vais m'avaler la boîte entière de Crunch Céréales 625g en relisant l'intégrale d'Edgar Allan Poe sur Everybody Hurts.

 
 
To steer her clear of the car that hit her on the way down
Rubbing asphalt in her wounds
A love that won't die only tortures nothing else no comfort no future brakes a fair-few up
If there is a god someone wake him up and tell him to sort it out
Tell him to sort it out
Command of cars you drive
In Command Of Cars - Snow Patrol

Tous les jours, pour aller travailler, je dois faire une demi-heure de trajet en voiture, dans la brume matinale qui barbouille la cambrousse à 7h30 du matin. Vu que je ne suis pas détentrice du sublimissime privilège d'avoir la permission de piloter ma Mégane depuis des milles et des cents (comprenez que je n'ai décroché mon permis que depuis moins d'un mois) (oui, je fais toujours tout avec un train de retard monstrueux) (première console de jeu à 15 ans, premier téléphone portable à 17, internet à 18, premier concert à 20, premier cours de guitare à 24, permis à 25) (avec un peu de bol, je serai ménopausée à 82 piges), j'avoue que la perspective de me taper une heure de route par jour sur des petites routes pleines de torticolis, soleil clignotant pour se lever du mauvais pied à l'aller, baillant en allant se coucher au retour (oui, je pars à l'aube, je rentre au crépuscule, donc je ne vois pas la lumière du jour. Top pour le moral) me faisait un peu frissonner des genoux. Moi qui me rouvrait Ernie (mon ulcère à l'estomac) à chaque cours de conduite tellement piloter une voiture me faisait faire de cheveux, je le sentais plutôt mal.

Et puis, Snow Patrol a sorti son sixième album (on applaudit, merci), Fallen Empires (celui avec la pochette façon warrior sur une moto, avec un aigle sur le dos). Aucun rapport, me direz-vous, que nenni, vous répondrai-je.

Ce matin, en faisant fumer mon dégivrage arrière avant de décoller de mes pénates (oui, j'ai ENCORE eu la flemme de mettre Gisèle au garage hier, du coup le gel de la nuit avait méthodiquement bouché mon pare-brise) (oui, on s'en fout, mais c'est pour le folklore), j'ai eu l'idée ô combien brillante et judicieuse de faire ma première écoute sur le trajet.
Les premières mesures de I'll Never Let Go ont réussi à faire ce que rien jusque là n'avait pu accomplir auparavant : me mettre le sourire aux lèvres alors que je conduisais à 7h30 du matin pour aller bosser.

Après m'être garée sur le parking (sur ma p'tite place à moi) (oui, j'ai déjà ma place attitrée, en vieille bique que je suis), je me suis surprise à chantonner Berlin en déchargeant mon barda. Oui, les amis. Aujourd'hui, sur mon lieu de travail, par un matin frissonnant, orteils recroquevillés et coudes glaglatants, après avoir conduit une demi-heure avec le soleil levant poignardant mon canal lacrymal, moi, mouton spatial grincheux et définitivement pas du matin, j'ai CHANTE comme un pinson en plein cuicui d'amour sur le parking. Par la barbe pouilleuse de mes aïeux séniles.

Cet album est une vraie surprise. Bon, avec Snow Patrol, c'est une habitude à prendre (ces gars-là sont un peu comme ce magasin de macarons sur le boulevard : j'ai beau y plonger avec délectation depuis bien longtemps déjà, à chaque fois que je farfouille un peu je tombe sur des trucs que je n'aurais jamais soupçonnés et qui me font tomber dans des abîmes de goinfrerie). J'avoue que je craignais un peu le côté électro, mais j'aurais du avoir confiance : tout est distillé avec légèreté, subtilité, on ne perd pas l'essence, l'accent fondamental, le truc qui fait que oui, même avec des néons-tue-mouches et des paillettes fluos, c'est toujours du Snow Patrol. Un peu comme la pâte à macaron en fait. Même si Citron Vert/Cactus et Caramel/Beurre Salé (mes préférés) n'ont franchement pas le même goût, ils restent quand même fondamentalement des macarons.
(j'ai faim)
Bref. Je n'avais qu'une hâte. Reprendre la route, 1) pour rentrer chez moi et retrouver mon lit chéri-adoré avec Gary (le mouton, pas le chanteur de Snow Patrol, ne soyez pas ridicules) et 2) écouter la deuxième moitié de l'album en conduisant.

Parce que oui, avec cet album dans les oreilles, je vais dire une chose que jamais je n'aurais cru pouvoir dire un jour : j'aime conduire. J'ai plus que jamais des envies de fugue, de road trip échevelé de vieille hippie créchant dans sa bagnole avec sa guitare balancée comme un amant sur la banquette arrière, Gary pendu au rétroviseur (le mouton toujours, je ne suis pas un monstre) (et puis autant dire que si j'accrochais Gary Lightbody à mon rétroviseur, j'aurais de gros soucis de visibilité, même après un dégivrage), taillant la route vers des destinations inconnues, auto-radio beuglant Fallen Empires en boucle, moi piaulant we-are-the-light-we-are-the-light-we-are-the-liiiiiiiiight à m'en faire imploser les poumons dans une gerbe de sang.

Cet album est définitivement mon album-à-conduire. Si vous aussi vous avez des soucis avec vos chevaux moteurs, soyez fous, achetez-le.

D'ailleurs, comme promis à ma S.A. (encore elle), à l'occasion de la sortie du nouvel album de Snow Patrol, je devais choisir entre 3 gages de célébration : envoyer une photo de moi à poil couverte de Petit Marseillais Fleur d'Oranger à chaque membre du groupe, chanter One Hundred Things You Should Have Done In Bed en plein milieu de mon inspection, ou avouer cinq choses inavouables de mon parcours d'admiratrice.
Bon, les timbres ça coûte cher Outre-Manche, et j'ai un début de laryngite, alors je vais m'y coller pour ...

... les 5 aveux inavouables.

1) Bien que j'écoute assidûment Snow Patrol depuis 2006, je n'ai découvert le visage des membres du groupe (et leurs noms, par la même occasion) que l'année dernière, un peu avant d'aller les voir en concert (je voulais quand même pouvoir les reconnaître, des fois que je me serais plantée de salle) (j'ai bien fait, au moins j'ai pu repérer à qui je devais demander des autographes à l'entrée des artistes). Déjà, la bobine des chanteurs (et musiciens) ne m'intéresse que moyennement, et surtout je suis frappée d'un syndrome terrible : j'imagine le physique des chanteurs à partir de leur voix. Ayant été traumatisée par le vrai visage de Ivan Moody (le chanteur de Five Fingers Death Punch) (un nom pareil, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille) (je suis amoureuse de sa voix depuis longtemps, mais son propriétaire me ferait très peur dans une ruelle sombre) (et peut-être plus encore sous un lampadaire, tout compte fait), je préférais rester dans l'ignorance concernant la physionomie de Gary Lightbody.

2) En fait, pour une raison que j'ignore profondément, j'ai écouté Snow Patrol de 2006 à 2009 en visualisant Jared Padalecki derrière le micro (bon, cela dit, ils sont tous les deux bruns, grands, et chevelus). Avec Eddie Cahill à la guitare (on voit que je regardais en boucle Supernatural et CSI NY ?). Et le batteur du Muppet Show, mais c'est un leitmotiv pour tous les batteurs du monde dans mon univers imaginaire (Drumfriend, si tu passes par ici ...).

3) J'ai acheté un de leurs albums pour la première fois en 2009. Avant, j'écoutais des CD gravés (c'est mal, je sais) (mais j'étais étudiante, donc fauchée, faut me comprendre, aussi) (dit-elle en jetant un regard coupable à ses 40 albums de U2 et de R.E.M.). D'ailleurs, le Fallen Empires que j'écoute en ce moment m'a été envoyé en mp3 par l'irlandais (mais je vais l'acheter, promis).

4) Je me suis toujours demandé comment ils avaient trouvé le nom de leur groupe. Un soir d'humour hivernal, ou de gastrite au coin du feu, sans doute. J'imagine bien une bande de mecs en train de gratter des guitares dans un garage, après une première répét' arrosée de bouteilles de Guinness, "dites, les mecs, faut qu'on se trouve un nom, oh !". Snow Patrol. Mais que s'est-il passé ? Une overdose de moonboots, sans doute (javais les mêmes en rouge) (on s'en fout). Et puis Snow Flake, ça aurait fait un peu chaton-à-sa-mémé. Meow.
(enfin bon, il y en a bien qui trouvent le moyen de se nommer Mouvements Oculaires Rapides)

5) J'ai une sainte horreur de la reprise de la chanson de Beyoncé (Crazy In Love) (que je détestais déjà interprétée par Beyoncé, d'ailleurs). Oui, bon, j'aime Snow Patrol, c'est vrai, mais je ne suis pas de celles qui adhèrent à tout aveuglément en bavant d'admiration éperdue (cette chanson me sort par tous les trous). D'ailleurs cela me fait réaliser qu'il n'y a pas un seul groupe que je connaisse dont j'aime absolument toutes les chansons. J'aurais fait une très mauvaise groupie si j'avais un jour eu une mentalité de teenager (mais j'ai toujours été une vieille bique rabat-joie, même quand j'avais 17 ans) (c'est sans doute pour ça que je hais Twilight à ce point).

Bon, j'entends Gary me réclamer à grands cris depuis le fond de mon lit (le mouton, voyons) (pfff).
 
 
Road trippin' with my two favorite allies
Fully loaded we got snacks and supplies
It's time to leave this town
It's time to steal away
Let's go get lost
Anywhere in the U.S.A.
Road Trippin' - The Red Hot Chili Peppers
Deux découvertes musicales assez récentes-mais-pas-trop-non-plus, qui me replongent dans un vieux rêve de flambeuse irresponsable : partir aux Etats Unis pendant au moins un mois, avec une vieille voiture munie d'un auto-radio à cassettes, un(e) ami(e) et deux guitares (les quelques amis avec lesquels j'envisagerai de partir au bout du monde sont tous des gratteux), et tailler la route au pif, à travers les Etats, sans but réel, sans projet défini, sans réservation et surtout sans GPS.
Un jour j'y arriverai. En attendant, je vis mon rêve par procuration, grâce aux Wonder Women qui poussent la chansonnette dans les écouteurs de Mohinder (mon iPod).

Lissie, d'abord, blonde chanteuse de folk-country américaine à la voix impressionnante, qui manie une Telecaster Thinline avec une fougue que je lui envie (je lui envie sa guitare, aussi, naturellement) dans une grange pleine de trous-trous et un dinner miteux, véhiculée dans une vieille voiture vintage avec une bande de musiciens barbus :
Et les deux frenchies déjantées de Brigitte, qui ont le mérite de revisiter le mythe de Thelma et Louise avec un humour décoiffant et décoiffé, dans une version ô combien enviable et funky d'un road trip entre copines :
On a déjà commencé à dresser le plan de bataille il y a quelques années avec mon meilleur ami, qui partage le même rêve que moi (et qui a le permis de conduire, lui), et à s'entraîner, de nuit, à tailler la route en Kangoo rouge sans but précis. On est allés jusqu'à Culan, à 2h du matin, par un froid à fendre un menhir, faire des photos de film d'horreur par-dessus les grilles du parc :
Picture
Et puis jusqu'à Saint-Eloy-les-Mines (oui, je sais), pour photographier le lac gelé sous un angle poético-conceptuel :
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*soupir*

Il y a des fois où j'adorerai partir de cette façon, en laissant juste un petit mot sur la table de la cuisine avant d'attraper mon sac à dos pour sauter à bord d'une vieille Chevrolet, en short et chemise à carreaux, chapeau de cowboy vissé sur l'occiput.
 
 
J'ai découvert il y a quelques jours la toute nouvelle vidéo pour le clip de la dernière chanson de Snow Patrol (va falloir vous y faire, vous allez en entendre parler à outrance), Called Out In The Dark, et franchement, je l'ai tellement adorée que je ne résiste pas à l'envie de vous la poster ici.

 Si vous hésitez encore à la visionner, sachez que vous avez au moins 5 bonnes raisons de le faire :

1) La petite histoire du clip est vraiment sympa et rigolote : Gary Lightbody étant un acteur et un danseur déplorable, on le remplace par une doublure chantant en play-back. C'était sans compter sur l'acharnement du véritable chanteur, qui tente tout et n'importe quoi pour apparaitre sur la vidéo (surtout n'importe quoi).
2) Vous pouvez y voir Jack Davenport (mais siii, vous savez, il a joué James Norrington dans Pirates des Caraïbes !) dans le rôle du chanteur-beau-gosse-en-play-back. Et il le fait drôlement bien (agrouuuu).
3) La chorégraphie est excellente, très 70's, nunuche à souhait, sautillante à l'envie, et donne envie de bouger son corps comme devant une vidéo de Véronique et Davina.
4) Gary Light body esquisse un petit pas de danse, et voir cette grande asperge jouer des gambettes devant une caméra vaut franchement le détour (j'ai trouvé quelqu'un qui danse plus mal que moi, yoohoo, je peux mourir maintenant).
5) Je n'ai pas vraiment de 5ème raison, mais je n'aime pas les nombres pairs, et la chanson est chouette, donc cela devrait compter comme un argument suffisant.

Je suis de plus en plus agréablement surprise par la tournure que prennent les choses du côté de Snow Patrol. Le groupe était autrefois (du temps de ses premiers albums, ceux que personne ne connait à part les afficionados du genre) plutôt libre et décontracté, et il s'était calmé depuis Final Straw, en devenant plus lisse, plus propre, avec des clips plus ... neutres ? (j'avais envie de dire "chiants", mais ce serait méchant et un peu au-delà de ce que je pense réellement. Non, "neutres", c'est bien). Des clips où l'on voyait le groupe chanter, dans de jolis décors bien propres, des clips sympas, mais qui ne s'inscrivaient pas non plus dans le Guinness. Et puis là, virage à 360°, le groupe retombe dans une audace monstre avec un titre pop-électro, et un clip humoristique où le chanteur se tourne en ridicule (regardez donc celui de Ask Me How I Am, et vous aurez un aperçu de la dernière fois où Lightbody a joué la carte de l'auto-dérision dans un clip vidéo). Et je trouve ça génial. Parce qu'il y en a marre de se prendre la tête à chercher à plaire à tout le monde, être soi-même et savoir rire de soi est, je pense, la clé de l'épanouissement. Le narcissisme n'a jamais mené quelqu'un au bonheur, bien au contraire. Alors oui, prendre des risques fait souvent peur, et nous sommes tentés de rester à nous cantonner à un quotidien facile et confortable qui renie notre originalité profonde, mais c'est une erreur, à mon sens. Mieux vaut se prendre quelques claques dans la tronche en revendiquant haut et fort ce que nous sommes sans tricher.

Et puis bon, plaire à tout le monde, c'est avant tout plaire à n'importe qui.

(Oui, tout ça pour un malheureux clip de Snow Patrol ... Quelle histoire)